Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du jeudi saint 2018

Aimer en actes. Servir. L’évangile, l’amour, c’est du concret.
Aimez sans compter, aimez Dieu à travers les autres, aimez les autres par votre intimité avec Dieu.


« Pour aimer ». C’était notre thème de carême cette année. Et nous avons cherché, pendant 40 jours, à apprendre à aimer. A aimer mieux. A aimer davantage. A la lumière de la Parole de Dieu et en apprenant à relire, chaque semaine, les signes d’amour dans nos vies. Comme autant d’actions de grâce.
Ce soir, pour apprendre à aimer, notre regard se tourne vers Jésus et ses gestes et ses paroles lors de son dernier repas. Ces gestes et ses paroles qui ne parlent que d’amour : d’amour de Dieu pour nous et pour tous les hommes. « Ceci est mon corps livré pour tous. » Comme il lavera les pieds de tous ses disciples, même ceux de Juda, le traître.
Jésus, révélateur, visage de l’amour de Dieu donné et redonné sans cesse, et nous invitant à aimer comme il nous apprend à le faire.
Jusqu’au bout.
Il ne suffit pas, évidemment, de simplement refaire les gestes de Jésus et de redire ses paroles pour aimer.
Il ne suffit pas d’aller à la messe et de communier pieusement. Communier, c’est communier. C’est accueillir Dieu dans ce corps à corps mystérieux entre lui et nous, et entrer ensemble dans une communion qui change toutes nos relations. Si tu communies à Dieu en ne voulant pas entrer en parfaite communion, dans un amour parfait avec ton frère, ta sœur, ton voisin, alors tu te trompes et tu perds ton temps.
Il ne suffit pas non plus de se laver les pieds en faisant « comme si on était Jésus . » Quand je lui ai proposé de lui laver les pieds, Grand Père (le P. Yves Auriau) n’a pas voulu. Il m’a dit : « Non ! C’est du cinéma tout ça. Si tu veux laver des pieds, ne prend pas les miens qui sont propres. Choisi les pieds d’une vieille grand-mère aux pieds sales et abîmés, avec des ongles incarnés. Mets-toi au service des plus petits et des plus rejetés ou oubliés, pas de moi ! » Comme il est plus sage que moi, il doit avoir raison. Aimer les plus mal-aimés (et parfois ce sont aussi les plus proches : pas toujours facile s’aimer ainsi dans une famille brisée et divisée, dans une équipe de travail désolidarisée, dans une classe ou chacun fait bande à part…)
Aimer, non pas en parole, par des discours ou des homélies, mais en actes. Servir. Servir ceux qui en ont besoin, ceux qui n’ont plus rien, ceux qui n’ont personnes, ceux qui ont peur, ceux qui ont honte, ceux qui n’en peuvent plus. Servir tout homme. Jésus sert. Dieu est serviteur. Et nous ne sommes pas plus grands que Dieu ! A nous aussi de devenir serviteurs, par amour, et de nous donner nous-mêmes.
C’est pour nous rappeler cela que nous avons revécu ce geste du lavement des pieds. Pour nous rappeler, comme Jésus le fait, qu’on n’aime pas en paroles et en discours, mais en actes. L’évangile, l’amour, c’est du concret. Jésus ne fait pas semblant d’être un serviteur, et il ne fait pas semblant de se livrer à nous et de se donner en nourriture, corps et sang à partager pour être nourris de sa présence et de sa vie.
La fête de ce jeudi saint n’est rien d’autre que la fête de l’amour offert, donné, transmis et à transmettre. « Faites ceci en mémoire de moi ». « Aimez-vous comme je vous ai aimés. » « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
Aimez sans compter, aimez Dieu à travers les autres, aimez les autres par votre intimité avec Dieu.
Les enfants qui allez bientôt vivre de l’eucharistie, dans quelques semaines, et nous tous qui avons l’habitude de communier à ce repas, regardons Jésus nous aimer et nous apprendre à aimer. Sans compter. Jusqu’au bout. Parce qu’il n’y a pas de plus grand bonheur que d’aimer et d’être aimé.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Le jeudi saint (liturgie du soir)

Livre de l’Exode 12,1-8.11-14.
En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.
Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

Psaume 116(115),12-13.15-16ac.17-18.
Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26.
Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

1 réaction


30 mars 19:50, par chambon

Un jeudi Saint pas comme les autres, un jeudi Saint où il y avait quelque chose de Dani ta maman. Les enfants totalement acteurs pour le lavement des pieds qu’ils faisaient aux adultes, la préparation rapide et magnifique de la table, leurs témoignages de foi...Une belle fête pour tous jeunes et vieux....Rendons grâce... ;

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