Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du jour de Pâques 2018

On a beau être un 1er avril, ceci n’est pas un poisson mais bien l’annonce la plus incroyable et la plus sérieuse de l’histoire de l’humanité : un homme qui a été crucifié et qui est mort est ressuscité !


On a beau être un 1er avril, ceci n’est pas un poisson mais bien l’annonce la plus incroyable et la plus sérieuse de l’histoire de l’humanité : un homme qui a été crucifié et qui est mort est ressuscité ! « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour », explique Pierre à Césaré quelques temps plus tard, encore sous le coup de l’événement. Car pour un événement, c’est un événement.

Il ne suffisait pas, en effet, qu’à travers les âges Dieu se révèle comme le Créateur, le Libérateur, le Dieu qui fait Alliance, le Dieu de la promesse, la Présence nourrissante et réconfortante, le Pardon infini. Il lui fallait encore dire totalement, en plénitude, qui Il est vraiment. Ou plus exactement, il lui fallait révéler, par un acte, tout ce qu’il avait annoncé être. Il fallait encore qu’il montre sa puissance telle que même le mur de la mort et du péché en est brisé. Et tout est résumé là, dans cet événement étourdissant : il est la Résurrection et la Vie, il est Celui qui fait vivre l’humanité dans une vie éternelle et divine, il est le Tout-Puissant comme jamais Puissance n’avait été imaginée. Plus fort que la mort. Et cette force s’appelle l’Amour. C’est par amour qu’il crée, par amour qu’il fait alliance, par amour qu’il libère, par amour qu’il est présent… par amour que la vie de son Fils Jésus a été offerte, livrée, et par amour encore qu’Il le ressuscite. En ce matin de Pâques nous n’en sommes qu’au début de l’Evénement, et les choses ne sont pas encore très sûres… les femmes sont en pleurs, Pierre et l’autre disciple essaient de comprendre à la lumière des Ecritures ce qui est en train de se passer... mais la rumeur va prendre : oui, Jésus, que l’on avait crucifié, est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
Mais Dieu ne garde pas cette force d’amour pour lui ou pour son Fils. Étant amour, il l’offre à qui veut la recevoir… et nous voilà aimés ! Aimés à la folie, aimés inconditionnellement ! Aimés d’une telle force que nous voilà capables d’être ressuscités nous aussi avec Jésus, c’est-à-dire capables de vivre de la force de cet amour chaque jour de notre vie, dans un éternel présent contre lequel même la mort ne peut et ne pourra rien !
Et cette fête du passage inouïe de Jésus de la mort vers la Vie, le même passage que nous avons vécu au jour de notre baptême est réveillé en nous. « Vous êtes ressuscités avec le Christ, dit Saint Paul, en effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu » ! Ceci n’est toujours pas un poisson d’avril, mais une nouvelle à réentendre chaque année avec un cœur neuf et pour ce qu’elle porte en elle de poids de réalité : nous sommes ressuscités !
« La résurrection n’est pas un fait du passé mais une force de vie qui pénètre le monde aujourd’hui », écrit notre évêque dans l’édito du journal de l’Église de Charente de ce jour. Et il continue : « Laissons s’éveiller le feu de la résurrection dans notre monde souvent froid et déprimé », nous invitant à accueillir l’événement de la résurrection en nos vies, et à prendre notre place, toute notre place, de témoins de cette résurrection à l’œuvre aujourd’hui. Être témoins de la résurrection, ou plutôt témoins du Ressuscité (car il ne s’agit pas d’une idée ou d’une hypothèse mais d’un événement vécu réellement par Jésus) c’est, en Eglise, devenir chaque jour porteurs et acteurs de foi, d’espérance et d’amour.
De foi, ou de confiance. De confiance en l’humanité, pourtant désunie et déchirée. De confiance en la présence aimante de Dieu auprès de chaque homme, du plus heureux au plus malheureux. Les disciples du Christ ne vivent pas dans la peur de l’autre ou la peur de Dieu, mais dans la confiance et dans la foi, sûrs de la bonté et de la beauté de chacun.
D’espérance. Ceux qui se réclament du Christ, à cause de leur baptême dans la mort de Jésus et de leur résurrection avec Lui, ne peuvent plus voir le monde avec un regard pessimiste. Leur regard va au-delà de bien des apparences, et même la mort, la violence, la haine, le péché ne leur fait plus peur. « Il vit et il cru. » Ils savent que l’amour est plus fort que tout. Ils savent qu’après l’hiver vient le printemps. Ils sont des veilleurs de l’aurore au milieu de la nuit. Ils savent que rien ne peut séparer l’humanité de l’amour de Dieu. Et combien notre monde troublé a-t-il soif de regards et de paroles d’espérance !
D’amour enfin. D’actes et de présences d’amour qui prennent leur source dans l’amour de Dieu pour chacun. D’actes et de présences d’amour, de la prière silencieuse à la lutte pour la dignité de chacun. D’actes et de présences qui signifient et manifestent, mieux encore qui rendent présents la Présence de Jésus auprès de chacun. S’il nous manque l’amour, nous ne sommes rien, dira Saint Paul. L’amour dont nous vivons est moteur de toute vie et porte à lui seul le plus beau des témoignages.
Christ est ressuscité ! Laissons s’éveiller en nous et dans notre monde le feu de Sa résurrection. La révélation de Dieu est à son sommet, le tombeau est vide et notre liberté est engagée pour accueillir et révéler la grandeur de Dieu à tous les hommes : nous sommes aimés, aimés à l’infini, aimés à en être ressuscités avec Christ !
Alléluia !
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 10,34a.37-43.
En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit :
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »
Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice,
Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester,
non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.
Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.
C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Psaume 118(117),1.2.16-17.22-23.
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

« Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort ! »
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-4.
Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.
En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-9.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

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