Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du samedi 27 mai 2017

Être vivant de vie éternelle. Et offrir au monde un signe et une parole d’espérance.


La vie éternelle. Voilà un sujet qui paraît bien vaste ! Que n’a-t-on dit sur la vie éternelle, et que ne dit-on pas encore ! Je me rappelle d’un échange avec un groupe de jeunes sur ce sujet. Une étudiante semblait complètement absente de la discussion. Alors je lui pose la question : « ça n’a pas l’air de t’intéresser ? » Et elle de répondre : « Non ! Franchement, non ! Ce que je veux, c’est vivre, le reste, après, je m’en fiche ! » Cette jeune fille avait saisie peut-être le principal : la vie éternelle, ce n’est pas attendre une hypothétique vie après la mort, c’est déjà vivre aujourd’hui pleinement sa vie.
Jésus donne une définition de cette vie éternelle : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
La vie éternelle n’est donc pas un état ou une forme de vie espérée. Elle est de connaître Dieu. Ce Dieu qui « est amour », dit l’apôtre Jean dans l’une de ses lettres. Connaître l’Amour, donc. Avec tout ce que le verbe « connaître » implique : non pas une connaissance intellectuelle ou livresque, mais bien vivre, puiser, aimer. La vie éternelle, c’est aimer, vivre dans l’amour, connaître le Dieu Amour. Et cela commence bien maintenant, aujourd’hui, chaque matin. Et connaître celui que le Père a envoyé, Jésus-Christ. Reconnaître en lui le révélateur du Père, le visage de l’Amour, la puissance de l’acte d’Aimer. Le reconnaître et en devenir l’ami. Voilà ce qu’est la vie éternelle, selon Jésus, qui n’est pas le moins bien placé pour en parler ! Vivre de l’éternel présent, de l’éternel Amour infini… Aujourd’hui.
Car Jésus s’en va. « Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde », continue-t-il. Dans le monde, c’est là que nous avons à vivre de la vie éternelle. C’est là que Dieu nous appelle et nous attend. Pour y être vivant de vie éternelle. Et lui offrir un signe et une parole d’espérance. « Ils ont gardé ta parole », dit Jésus. Et nous gardons cette Parole Bonne Nouvelle, non pas comme les gardiens d’un musée gardent la bijou de grande valeur en la surveillant et en l’enfermant, mais au contraire en la rendant vivante, en la lançant aux grands vents. Car une parole morte n’est plus parole, il y faut le souffle pour qu’elle soit audible ! Ce souffle, dans celui de l’Esprit, c’est ce que Jésus nous invite à donner. Avoir pour notre monde et dans notre monde une parole belle et constructive, vivante et vivifiante, aimante. Belle et Bonne Nouvelle !
Voilà qui fait écho à ce que le pape nous envoie dans son message pour la 51ème journée mondiale des communications sociales. Un message intitulé « Communiquons l’espérance et la confiance à notre temps. » « Je voudrais exhorter chacun à une communication constructive qui, en rejetant les préjugés envers l’autre, favorise une culture de la rencontre grâce à laquelle il est possible d’apprendre à regarder la réalité en toute confiance. Je pense qu’il faut briser le cercle vicieux de l’anxiété et endiguer la spirale de la peur, fruit de l’habitude de concentrer l’attention sur les "mauvaises nouvelles" (les guerres, le terrorisme, les scandales et toutes sortes d’échec dans les affaires humaines). Il ne s’agit pas évidemment de promouvoir une désinformation où le drame de la souffrance serait ignoré, ni de tomber dans un optimisme naïf qui ne se laisse pas atteindre par le scandale du mal. Je voudrais, au contraire, que tous nous cherchions à dépasser ce sentiment de mécontentement et de résignation qui nous saisit souvent, nous plongeant dans l’apathie, et provoquant la peur ou l’impression qu’on ne peut opposer de limites au mal. D’ailleurs, dans un système de communication où domine la logique qu’une bonne nouvelle n’a pas de prise et donc ne constitue pas une nouvelle, et où le drame de la souffrance et le mystère du mal sont facilement donnés en spectacle, il peut être tentant d’anesthésier la conscience ou de tomber dans le désespoir. Je voudrais donc apporter une contribution à la recherche d’un style ouvert et créatif de communication qui ne soit jamais disposé à accorder au mal un premier rôle, mais qui cherche à mettre en lumière les solutions possibles, inspirant une approche active et responsable aux personnes auxquelles l’information est communiquée. Je voudrais inviter à offrir aux hommes et aux femmes de notre temps des récits marqués par la logique de la "bonne nouvelle". » Et le pape de continuer, un peu plus loin : « Le Royaume de Dieu est déjà parmi nous, comme une graine cachée à un regard superficiel et dont la croissance se fait en silence. Celui qui a des yeux rendus clairs par l’Esprit Saint peut le voir germer et ne se laisse pas voler la joie du Royaume par les mauvaises herbes toujours présentes. L’espérance fondée sur la bonne nouvelle qui est Jésus nous fait lever les yeux. »
Demandons au Seigneur de nous donner l’Esprit d’intelligence et de sagesse, de confiance et de force pour savoir faire résonner en notre monde – et d’abord en notre monde intérieur et en nous-mêmes – la puissance de la vie éternelle, vie d’amour infini. Demandons-lui d’être accueillant à l’Esprit pour garder et faire vivre cette Parole Bonne Nouvelle de Jésus Christ, espérance pour notre temps, pour en vivre et la partager par nos paroles et par toute notre vie. Et laissons-nous saisir par la prière de Jésus, qui nous prend avec lui dans son dialogue intérieur avec le Père, pour que nous accomplissions la mission qui est la notre, avec Lui.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Septième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 1,12-14.
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.
À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Psaume 27(26),1.4.7-8a.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :

Première lettre de saint Pierre Apôtre 4,13-16.
Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.
Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur.
Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1b-11a.
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

- "Communiquer l’espérance et la confiance en notre temps" : le message du Pape François pour la 51ème journée mondiale des communications sociales

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