Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie pour l’Ascension

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Dieu t’offre et met en toi « l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts. »


La fête et l’événement de l’Ascension sont en général vécus et compris comme le moment où Jésus disparaît au regard des disciples, les laissant dans l’absence de sa présence.
Il me semble pourtant, à l’écoute de la Parole, qu’il ne s’agit pas tant d’absence que de présence la plus absolue et la plus sûre. Jusqu’à cette dernière parole de l’évangile : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
L’extrait de la lettre de Paul aux Ephésiens est à ce titre si doux et si réconfortant ! Je vous propose de le méditer tranquillement, pour en recueillir la vigueur et la force.
On y entend l’invocation à l’Esprit, d’abord : « Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ vous donne un esprit de sagesse qui nous le révèle et vous le fasse vraiment connaître. » L’Esprit promis au moment de l’Ascension, cette « force qui viendra sur vous », est l’Esprit qui ouvre notre cœur et notre intelligence à la présence de Dieu en Jésus-Christ. C’est là sa première action, son œuvre fondamentale : disposer notre existence et nous mettre en présence de Dieu Lui-même. Il vient « ouvrir les yeux de notre cœur », selon la belle expression poétique de Paul. Pour que ces yeux du cœur comprennent que nous ne sommes pas seuls, abandonnés aux difficultés de la vie et des événements, tels des vagabonds errants dans un siècle sans but. Non, il faut que tu saches « quelle espérance t’ouvre son appel. » Car l’Esprit, non seulement ouvre les yeux du cœur, mais aussi les oreilles du cœur, pour entendre l’appel incessant que Dieu te lance. L’appel à la vie, l’appel à l’espérance, au courage, à la joie, au bonheur, à la douceur, à la tendresse… Et non seulement tu n’es pas abandonné et seul dans la jungle de la vie, mais Dieu lui-même veut que tu partages la gloire sans prix de l’héritage, son héritage, l’héritage pour tous les croyants.
En accueillant l’Esprit envoyé par Jésus, tu découvriras l’inouï de ta relation avec Dieu. Il t’offre, comme un don parfait, « l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. » Rien que ça ! Entends-tu cette parole de l’apôtre ? Reviens-y encore une fois : Dieu t’offre et met en toi « l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts. » Comprends-tu ce que cela peut vouloir dire ? Cela veut dire que ta vie n’est pas aussi petite que tu peux le penser ! Elle est au contraire, quoi que tu vives, belle, forte, immense, aimée, vivante, elle est dans la veine de celle de Jésus, dans sa liberté, dans sa direction, dans sa sève ! Oui, tu es, nous sommes vivants de la sève de Jésus, par la puissance de l’Esprit qui habite en nous et nous ouvre les yeux du cœurs.
Une telle puissance de vie doit nous réveiller de nos torpeurs et de nos sommeils, de nos peurs et de nos fatigues. La puissance de vie capable de réveiller un mort habite en nous, et nous continuerions à dormir ? Cela n’est pas possible. Cela nous place, dans l’héritage reçu avec le Fils Unique Jésus-Christ, dans une responsabilité incroyablement belle. Nous avons un nouveau chef d’état et de nouveaux ministres, et on imagine quelles responsabilités, quelles charges tombent soudainement sur leurs épaules. Ce n’est pourtant rien à côté de la notre, bien plus grande encore. Mais une charge douce et légère. Jésus nous offre de vivre avec Lui à la place qui est désormais la sienne, parce qu’elle est la place de tout homme qui aime à la mesure de Dieu – et que notre vocation commune est d’aimer jusque là - : « Il l’a établi au-dessus de tout être céleste : Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination, au dessus de tout nom que l’on puisse nommer. » Vous avez bien entendu, c’est là que Dieu nous place, c’est à ce niveau de conscience de vie que Dieu nous attend, puisqu’il nous veut avec son Fils, puisque nous vivons de l’Esprit qui propulse nos vies jusque là.
Peut-être trouves-tu que j’exagère un peu, toi qui te bats contre la maladie, toi qui essaies tant bien que mal de joindre les deux bouts à la fin du mois, toi qui as tant de préoccupations et de soucis matérielles, relationnelles, familiales à t’occuper avant de t’imaginer à une place de domination amoureuse du monde. Tu as pourtant entendu comme moi la dernière phrase de l’extrait de la lettre : « Il a tout mis sous ses pieds et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. » Mystère d’une présence pleine et entière, en plénitude. Nous sommes cette Eglise, à cette place où Jésus nous laisse en partant auprès du Père. Nous comprenons dans cette lumière notre vocation d’Eglise, tellement plus large et plus profonde, plus haute et plus grande que ce que nous en faisons ! L’Ascension devrait être appelée « fête de l’Eglise », parce que nous découvrons dans ce mouvement de Jésus, toute notre vocation, notre responsabilité, la puissance qui nous habite et que nous abîmons trop souvent. L’élévation de Jésus est révélation de notre propre élévation dans le regard et le projet du Père, par le Souffle de l’Esprit. Jésus n’est plus là en face de nous. Il est là, avec nous, à jamais, pour que nous prenions toute notre place d’acteurs de miséricorde et d’amour, de réconciliation et d’espérance.
Soyons, là où nous sommes, dans nos quartiers, nos cités, nos réseaux, ces communautés pleines de la vie et de la Puissance d’amour du Père, de son Esprit, visages du Christ. Soyons ces hommes et ces femmes vivants de cet Esprit offert, brûlés au feu de l’amour de Dieu, témoins jusqu’aux extrémités de la terre et de l’homme. Amis, « pourquoi restez-vous à regarder vers le ciel ? » C’est aux confins de l’humanité, et dans tous ses recoins, que Jésus nous envoie, c’est là que nous sommes attendus, c’est là que nous serons pleinement nous-mêmes. Avec lui et en lui, jusqu’à la fin des temps.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Septième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 1,12-14.
Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.
À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.
Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Psaume 27(26),1.4.7-8a.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :

Première lettre de saint Pierre Apôtre 4,13-16.
Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera.
Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous.
Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur.
Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,1b-11a.
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »

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