Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie pour l’Epiphanie, le 3 janvier 2015

Homélie pour l’Epiphanie, le 3 janvier 2015

"Notre finitude pour crèche de l’infini. L’or, l’encens et la myrrhe nous sont destinés : berceau d’humanité, espace du divin, sommet de création. C’est toi, moi, nous."


A la naissance d’un enfant, les visites se font nombreuses à la maternité puis à la maison. Les courriers et les appels téléphoniques sont accompagnés de cadeaux. Vêtements, hochés, jouets aux formes simples et aux couleurs vives apparaissent dans la chambre de l’enfant. On apportera aussi quelques fleurs à la maman. La vie est là, il est bon de la fêter. Plus que de la fêter, de l’accueillir. Elle est là, fragile : petit bout d’homme ramené sur les faireparts aux indispensables poids et taille de l’enfant. Fausses sécurités, faux repères : nous raccrocher à ces quelques chiffres pour nous rassurer ou nous extasier, n’est qu’un échappatoire à ce qui jaillit et nous assaille : d’où venons-nous ? Que sera cet enfant ? Quel monde lui construisons-nous ? Dans quel monde vivra-t-il ? Et lui, d’où vient-il ? Non pas seulement de ses parents (d’avec lesquels nous cherchons – et nous trouvons toujours – tant de ressemblances : n’a-t-il pas les yeux de son père, la bouche de sa mère, le nez ou les oreilles de sa grand-mère...). L’enfant ne nous ramène pas seulement à sa lignée familiale, mais à son origine, et la notre : d’où vient-elle, cette vie qui se donne à voir, si belle et si fragile, si mystérieuse et si touchante, si concrète et si infinie ?
Les bergers étaient les premiers, venus les mains vides, l’odeur forte, au milieu de la nuit. Les pauvres, les petits d’abord. Les terreux. Les manuels. Ceux qui savent ce que c’est que de prendre soin de la brebis qui vient de naître, encore toute frêle.
C’est maintenant au tour des mages de venir. De plus loin : du bout du monde. Du bout des mondes : des non juifs, des étrangers, des gens d’ailleurs, étonnamment attirés. « Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin », avait prévenu Isaïe. Cette fois, des riches, des savants, des cultivés. Vraiment, de partout, on vient voir cet enfant.
Eux ont des cadeaux : de l’encens, de l’or, de la myrrhe. C’est en tout cas le récit qu’on nous en fait. L’important n’étant pas dans les cadeaux, mais dans ce qu’ils symbolisent : la divinité de l’enfant, l’humanité à laquelle Dieu s’unit, la Seigneurie de ce nouveau-né. Les mages répondent avec leur geste aux questions que nous portons devant un bébé : d’où vient-il ? Qui est-il ? Que sera-t-il ? La réalité dépasse le visible. Il y a plus que quelques centimètres et kilo devant soi. Il y a, en ce bout d’homme totalement frêle et dépendant, Dieu. Et eux, les étrangers venus d’ailleurs, l’ont reconnu. Bien avant toute prédication et tout geste de Jésus, ils ont compris que ce Dieu ne pouvait pas se laisser enfermer dans une quelconque culture, ni une religion, ni un parti, ni un clan, ni un groupe. Ils ont saisi, intérieurement, qu’un Dieu qui se faisait bébé ne pouvait être qu’un Dieu en demande d’amour. Et pas d’un amour ritualisé ou codifié, mais d’un amour maternel. De l’amour du cœur de l’homme, du cœur de tous les hommes, d’où que viennent les hommes. La révélation des mages est là : dans l’ouverture la plus totale de cet enfant au monde. Sauf la peur, celle d’Hérode et des bien-pensants de Jérusalem, il n’y a pas de frontière à l’amour. Les certitudes des gens installés enferment, pendant que le nomadisme des chercheurs ouvre l’humanité à plus qu’elle-même.
Il nous faut aller jusqu’au bout de notre démarche. A Noël, nous avons célébré la naissance de Dieu. La naissance de Dieu en nous. Dieu nous a saisi, mystérieusement. Il s’est unit à notre vie. Il a fait de notre existence le lieu de son habitation, le lieu de sa présence. Il n’est pas ailleurs que là, en ce cœur aimant, voulant aimer et être aimé.
Notre finitude pour crèche de l’infini. L’or, l’encens et la myrrhe nous sont destinés : berceau d’humanité, espace du divin, sommet de création. C’est toi, moi, nous.
En ce début d’année, au moment d’échanger nos vœux les plus banals et les plus sincères à la fois, pourrions-nous nous souhaiter cela ? C’est à dire nous engager ensemble, résolument, à vivre de cet Ouverture infinie en nous ? Non pas à combler nos espaces libres, mais à développer notre béance, celle où Dieu et l’autre peuvent vivre à leur aise ? Non pas à nous enfermer dans nos certitudes et nos peurs, mais à nous laisser entrainer par l’aventure des mages, de ceux qui n’ont pour réponses à leurs questions que de nouvelles questions, de ceux qui n’ont pas peur de traverser les mers pour rencontrer l’étranger, de ceux qui n’hésitent pas à quitter leur confort pour se laisser accueillir dans l’inconfort de l’inconnu. 
Il ne sera pas question de défi ou de pari, il ne sera question que de joie ! « Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera », prévient Isaïe ! Qui ne souhaiterait pas vivre cela ?
Que cette nouvelle année nous fasse vivre du mystère de Dieu qui entraine avec lui toute l’humanité : « ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »
Approchons-nous de cet Enfant, là, dans la crèche, au creux de nous. Chargés de cadeaux, ou les mains vides. Laissons-nous habiter de sa présence, de son mystère offert à tous les peuples... et rayonnons de joie, sûrs qu’il sera avec nous tous les jours de cette année !
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Épiphanie du Seigneur

Livre d’Isaïe 60,1-6.
Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.

Psaume 72(71),1-2.7-8.10-11.12-13.
Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,2-3a.5-6.
Vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère.
Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit.
Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2,1-12.
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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