Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie pour l’épiphanie

Le chemin est épiphanique. N’est-ce pas le chemin qui est beau ? Les yeux et le cœur rivés sur l’étoile ? Le chemin est ouvert. Toujours ouvert ! Et il est notre Vérité et notre Vie.


Jésus est arrivé à Bethléem dans le ventre de sa mère au cours d’une longue route pour une femme enceinte : en chemin. Et il devra très vite repartir de ce lieu de naissance improvisé pour échapper aux foudres d’Hérode : en chemin.
Ces mages viennent de loin, ils ont pris la route depuis les contrées lointaines et se sont mis en chemin. Eux aussi repartiront de Bethléem par un autre chemin.
Ce soir nous sommes sortis de chez nous et de nos maisons chauffées pour venir en cette église, nous mettant en chemin…
Comme vous, du groupe « en chemin » qui avez préparé cette liturgie, mais surtout qui avez pris la route de la découverte de Dieu et du Christ par vos rencontres, vos échanges et vos prières..
… En chemin.
Ce n’est pas rien que de se mettre en chemin. Il faut partir, quitter ses habitudes et ses repères, ne prendre avec soi que l’essentiel et laisser tout ce qu’on aurait gardé « au cas où ». Se mettre en chemin, c’est se risquer et se mettre en danger. En danger des grands chemins, en danger des rencontres, en danger des nouveautés et des doutes, des étrangetés, des déstabilisations. Se risquer au changement et à l’imprévu.
… jusqu’au but. Encore que, arrive-t-on au but ? Les mages sont arrivés aux pieds de Jésus et lui ont apporté l’or, l’encens et la myrrhes. Peut-être sont-ils arrivés à leur but ? Mais ils ne restent pas là, ils ne prennent pas la suite de Jésus, ils ne deviennent pas de ses disciples qui marcheront un temps avec l’homme de Palestine, ils repartent. Par un autre chemin. Pas de retour en arrière, comme si l’aventure continuait, comme si le songe leur disait que tout n’est pas fini, qu’il y a encore à vivre et à découvrir, à marcher et à rencontrer, à méditer et à proclamer… On croit qu’on est arrivé, et l’appel vous invite à poursuivre. « J’ai tout fait », disait l’autre, parlant de son baptême et de sa communion… Tristesse de ceux qui se croient au bout de l’aventure, sans voir que l’immensité les attend. Vous en savez quelque chose, vous, du groupe « en chemin » : comme les mages vous avez bien sûr rencontré Jésus, mais vous continuez la route, à la vitesse de votre marche, pour profiter de chaque caillou, de chaque arbre, de chaque source et de chaque fontaine, dans l’immensité jamais atteinte de la foi des disciples.
Pèlerins de l’infini.
Comment se diriger ?
Les mages suivent l’étoile. Celle du ciel, que les astronomes qu’ils devaient être ont su repérer et que leur curiosité pour elle a mise en route.
D’aucuns voient aujourd’hui en l’Église l’étoile indiquant la présence de Jésus dans le monde. L’image est belle et elle nous plaît : nous voilà scintillants non de nous-mêmes (nous connaissons trop nos ombres et nos obscurités), mais de la Lumière de l’Esprit du Père pour indiquer la présence du Fils au milieu des hommes. L’Église étoile de la terre.
Étoile du ciel, étoile de la terre… peut-être aussi étoile dans nos cœurs ! Désirs enfouis au fond de nous, de bonheur et de paix, d’amitié et de pardon ! Être à l’écoute de cette étoile, pour mieux la voir ou mieux l’entendre, cette étoile intime qui brille malgré tous nos Hérode intérieurs. Voir, entendre et suivre cette étoile du désir de la joie de notre vie en résonance avec l’Évangile, et qui nous mène vers la joie de l’unité de notre vie et d’une vie en Dieu. Vers la joie la plus parfaite. Toi qui contemple de ton regard d’enfant ces mages de la crèche ce soir, où en es-tu de la quête de ton étoile intérieure, de ton désir profond d’une vie dans l’Esprit de Dieu ? Cette étoile ne te mènera pas au plus loin, mais au plus profond de toi, et de nous, et de l’autre. Au cœur de notre humanité, nous y manifestant notre commune divinité.
Manifestation. Epiphanie, dit-on en grec. Manifestation de Dieu en notre histoire et en nos vies.

Le chemin est épiphanique. N’est-ce pas le chemin qui est beau ? Les yeux et le cœur rivés sur l’étoile ?
Et parce que Dieu s’unit par Jésus à chaque homme de façon unique, parce que les mages représentent toutes les nations, parce que comme nous le rappelle Saint Paul : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile », nous sommes heureux de croire que tous les hommes sont bénéficiaires de cette si belle réalité de la présence de Dieu en eux. Tous !
La présence de nos amis musulmans le soir de Noël à la messe, leur prière pour la paix unie à la notre, n’était-elle pas encore une manifestation de l’événement de la Paix de Dieu faisant irruption en nos vies, aussi diverses soient-elles ?
L’Epiphanie est à Noël ce que la Pentecôte est à Pâques : le salut de Dieu est universel. Et le chemin a beau être unique pour chacun, il est un chemin pour chacun, et le chemin devient universel. Universalité du Mystère. Universalité du Chemin, récapitulé en une seule personne, Jésus, qui dira plus tard : « Moi, Je suis le Chemin. » Universalité de notre vocation humaine, à savoir divine. Le chemin est ouvert. Toujours ouvert ! Et il est notre Vérité et notre Vie.
Pèlerins de l’infini, à la rencontre de Dieu qui a pris l’Homme… pour chemin vers l’homme.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Épiphanie du Seigneur, Solennité

Livre d’Isaïe 60,1-6.
Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.
Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore.
Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche.
Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations.
En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur.

Psaume 72(71),1-2.7-8.10-11.12-13.
Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !

Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents.
Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.
Tous les rois se prosterneront devant lui,
tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,2-3a.5-6.
Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous :
par révélation, il m’a fait connaître le mystère.
Ce mystère n’avait pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant à ses saints Apôtres et aux prophètes, dans l’Esprit.
Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2,1-12.
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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