Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie pour la Toussaint

Les paroles de Jésus que nous entendons ce matin ne sont pas des promesses pour demain. Elles sont invitations pour aujourd’hui. Un chemin à prendre. "Heureux !" Laissons-nous être choisi par l’une d’entre elles


La Toussaint. Fête de tous les saints. Ne croyons pas trop qu’il s’agisse de vénérer ceux qui nous ont quitté et qui ont fait du bien sur terre. Parmi ceux-là, certes, certains sont canonisés et des milliers sont inconnus. Mais fêter la Toussaint en ne pensant qu’à ceux qui sont partis amputerait la fête de bon nombre de personnes : nous, les vivants d’aujourd’hui, répandus par toute la planète. Nous tous, appelés à devenir saints, à entrer dans la sainteté de Dieu, le seul vrai saint. La fête de la Toussaint n’est peut-être pas tant la fête de quelques personnes, aussi nombreuses soient-elles, que la fête de la communion des saints, de la communion des hommes et des femmes de toutes langues, histoires et cultures cherchant à vivre de l’amitié et de l’amour, de la bonté et de la joie, de la miséricorde et du pardon... La fête de la Toussaint est peut-être d’abord fête de la communion, de la relation d’unité de tous les hommes. Faisant de toute l’humanité une seule et même famille invitée, appelée par Dieu à grandir et à atteindre sa pleine stature.

Malgré les verbes utilisés au futur, les paroles de Jésus que nous entendons ce matin ne sont pas des promesses pour demain. Elles sont invitations pour aujourd’hui. Invitations à vivre et à grandir dans la sainteté de tous les jours, par la douceur, la simplicité, la miséricorde, la compassion, l’empathie, la pureté de cœur, le travail de la paix, la lutte pour la justice... Invitations qui ne cherchent pas d’abord le degré d’adhésion à une foi ou à une croyance, le degré de pratique d’une religion ou d’une morale, mais qui s’adressent à tous les hommes, quels qu’ils soient. Paroles universelles qui rejoignent chacun de nous dans ce que nous avons de plus beau à partager et à vivre. Qui d’entre-nous ne recherche pas la douceur, la pureté du cœur, la paix et la justice ? Quel homme, quelle femme, ne désire pas au fond de lui ou d’elle un bonheur vrai et profond, loin des bonheurs artificiels vendus de toutes parts ? Un lycéen revenant de Taizé l’an dernier témoignait ainsi : « A Taizé, disait-il, on peut parler à tout le monde sans crainte d’être rejeté ou calculé, la vie est simple, on peut être soi-même, et on est joyeux. » Chacun de nous peut faire mémoire d’un lieu, d’une rencontre, d’un moment, d’une lutte, d’une expérience de bonheur profond, d’une plénitude de vie si difficile, parfois, à trouver, et parfois donné, comme par surprise.
« Heureux », dit Jésus, à neuf reprises. Et le voilà déployant comme un autoportrait de ce qu’il est lui-même, nous invitant à entrer dans son mystère par toute notre vie. Ces paroles ne sont pas une recette à suivre pour atteindre le ciel, mais un chemin à prendre pour trouver la vraie joie en soi et entre nous.
Un chemin à prendre... mais alors qu’en dire ? Peut-on réellement faire vivre un chemin simplement en en parlant, même admirablement bien ? On peut raconter un voyage avec force détails sans jamais arriver à le faire vivre aux autres. On peut parler des béatitudes à l’infini en croyant les vivre, mais en ne prenant jamais le chemin, en ne faisant jamais un seul pas... Un peu comme quand on regarde le Tour de France en croyant avoir voyagé tout le mois de juillet : mais on n’a pas bougé, on n’a pas pris l’air, ni rencontré personne, ni senti le vent dans les cheveux. Nous pouvons parler des béatitudes toute la matinée, et nous n’aurons pas grandi en sainteté, dans la communion de notre humanité...
Alors je me tais. Et ensemble, dans le silence des uns supportant le silence des autres, le texte d’évangile en main, nous allons relire dans notre cœur chacune de ces béatitudes... Et les relire encore, plus lentement, jusqu’à les faire descendre dans la profondeur de notre existence...
Il faudrait les choisir toutes, les embrasser d’un seul cœur et d’un seul corps... nous avons toute la vie pour cela. Ce matin, nous allons en choisir une. Une qui résonne davantage que les autres. Une qui prend du relief. Une qui sonne comme un appel, ou comme une joie retrouvée. Et nous allons la laisser nous réveiller, puis nous envahir. Ce n’est plus nous qui allons la choisir, mais elle qui va nous choisir pour faire le chemin en nous. Et du silence, chacun de nous pourra faire jaillir « sa » façon d’entrer dans la vie de Jésus et dans l’amour du Père. « Son » chemin de sainteté. « Sa » béatitude.
Alors nous serons encore davantage en communion les uns avec les autres, pour ensemble nous porter les uns les autres, et, peuples de saints, continuer notre prière jusqu’à nous offrir humblement et plein de confiance, dans l’eucharistie et l’action de grâce.
Faisons silence... Relisons ces paroles... laissons-nous être choisi par l’une d’entre elles... et laissons la résonner par notre voix...

P. Benoît Lecomte

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Solennité de la Toussaint

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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