Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-pour-la-Toussaint6492

Homélie pour la Toussaint

« La Bonne Nouvelle c’est Lui, la Bonne Nouvelle c’est vous, la Bonne Nouvelle c’est nous ! »


Ces béatitudes sont archi connues. Elles restent pourtant un mystère à qui veut les approcher d’un peu plus près, à qui se risque à ne pas les écouter d’une oreille distraite et habituée et veut entrer dans les paroles de Jésus. Mais alors, elles résistent. La logique y échoue, l’intelligence panique ou tourne en rond. On a beau les tirer dans tous les sens, chercher toutes les explications du monde, convoquer les exégèses et toutes les sciences utiles, ces paroles ne se laissent pas capturer et enfermer.
C’est qu’elles sont sacrément rebelles, ces invitations au bonheur qui n’en sont pas à première vue. Parlent-elles du présent, ou du futur ? Sont-elles destinées aux disciples de Jésus ou à l’ensemble des foules et à tout homme ? Décrivent-elles un ici-bas ou un au-delà ? Rien ne perce de leur mystère. Une chose est pourtant sûre : les voilà qui nous ont été transmises, comme un cadeau précieux, comme un trésor à ne pas perdre, de génération en génération depuis 2000 ans. Une autre chose aussi, est sûre, et un peu étonnante : l’Église nous les propose chaque année à recevoir et à accueillir en cette fête de la Toussaint, comme une nouveauté à réentendre régulièrement.
Si elles sont si difficiles à déchiffrer dans leur intériorité, si elles gardent toujours l’épaisseur de leur mystère, m’est venue une hypothèse : si elles sont elles-mêmes mystère, ne serait-ce pas parce qu’elles parlent d’un mystère et le décrive dans sa réalité la plus intime ?
Les grands spirituels, et nous pouvons en être ou écouter leur intuition, y lisent l’auto portrait de Jésus. N’est-il pas, lui, le doux, l’humble, le pauvre de cœur, le miséricordieux, l’affamé de justice ? A n’en pas douter, ces béatitudes ont une dimension christologique. Elles sont à la fois le portrait et le programme de Jésus.
Mais pourquoi les entendre en cette fête de la Toussaint ? Peut-être parce que bon nombre de celles et ceux qui ont été canonisés ont pu vivre, à leur façon, l’une, l’autre ou plusieurs de ces paroles. Elles nous rappellent alors la multitude de ceux qui ont choisi d’aimer à la manière de Jésus, et en qui leurs contemporains et nous-mêmes reconnaissons des témoins de cette suite du Christ. Et nous voulons nous mettre à leur école, et à leur prière ce matin.
Peut-être encore, parce qu’elles sont avant tout, et plus profondément encore, un programme de vie pour chacun de nous. Un appel à prendre la route et à nous laisser façonner par l’Esprit pour grandir en humanité. Oui, voilà ce qu’elles portent, dans leur mystère : le secret de notre humanité. Cette humanité si tiraillée, si révoltée, si blessée, si encombrée, si tourmentée… Les paroles de Jésus mettent en lumière notre désir le plus intime, le plus secret, le plus enfouis. Elles viennent au plus profond de nous et nous convoquent à ce que nous avons de plus beau à vivre et à révéler de nous-mêmes. Elles viennent nous dire que nous sommes une bonne nouvelle ! Elles révèlent ces semences de sainteté qui habitent notre cœur, elles révèlent le mystère de notre vocation d’hommes, elle révèlent notre humanité au grand jour. Mystère du mystère : ces béatitudes nous parlent de nous. Elles en parlent en bien, en bon, en beauté, en potentiel, en appel, en invitation, en contemplation : heureux es-tu, heureux êtes-vous, heureux sommes-nous quand nous laissons jaillir de nos cœurs, de nos mains, de nos intelligences, la douceur, les pleurs, la pauvreté, l’engagement pour la justice, la miséricorde, le travail de la paix ! Heureux sommes-nous ! Là est la sainteté, celle qui vient de Dieu, le seul Saint, et celle que nous célébrons aujourd’hui. En célébrant la Toussaint avec ces paroles de Jésus sur la montagne, ne célébrons-nous pas notre humanité dans ce qu’elle a de plus beau, de plus fort, de plus accomplit ? Ne célébrons-nous pas l’Homme et sa capacité au bonheur et à vivre pleinement, au lieu de nous plaindre avec tant et tant dont nous partageons le poids du jour ?
Que ces paroles sont belles et mystérieuses ! Nous comprenons pourquoi : parce qu’elles disent le mystère que nous sommes aux yeux de Dieu, aux yeux des autres et à nos propres yeux. Elles ne parlent pas uniquement de Jésus, elles parlent de nous. De « ce que nous sommes, même si ce n’est pas encore clairement manifesté » (1 Jn).
Qu’elle est belle, cette fête de la Toussaint ! N’en faisons pas trop vite une foire aux chrysanthèmes. En mettant en mot notre propre bonheur, les béatitudes, chemins d’humanité, nous ouvrent les uns les autres à notre sainteté. Celle de nos cœurs, celle de nos vies, celle de Dieu. Elles sont bonne nouvelle pour nous… et nous rappellent que nous sommes Bonne Nouvelle. Ce que disait, vous m’excuserez cette citation de conclusion qui n’est pas celle d’un père de l’Église, mais du chanteur et compositeur Pascal Obispo, dans la comédie « Jésus, de Nazareth à Jérusalem » joué en ce moment à Paris : « La Bonne Nouvelle c’est Lui, la Bonne Nouvelle c’est vous, la Bonne Nouvelle c’est nous ! »
Belle fête de Toussaint !

P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Solennité de la Toussaint

Livre de l’Apocalypse 7,2-4.9-14.
Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
« Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.
Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »
Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu.
Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6.
Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !

Première lettre de saint Jean 3,1-3.
Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.
Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a.
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30