Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie pour la mémoire des défunts

"Où sont-ils donc, tous ceux qui nous ont quittés ?"


Où sont-ils donc, tous ceux qui nous ont quittés ? Pourquoi devait-il partir un jour, nous laissant seuls face à un vide, à une absence, au silence ? Qui est-il, ce Dieu de vie qui laisse faire ainsi la mort et son travail dévastateur ? « Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même », dit l’Evangile. Et nous, alors ? Et nos proches ? Et nos amis ? Nous qui sommes aussi des enfants de Dieu, des enfants bien-aimés du Père, n’aurions-nous pas la vie en nous, nous aussi ?
Où sont-ils donc, tous ceux qui nous ont quittés ? Nous sommes tristes de ne plus les avoir à nos côtés, pour partager le temps, les joies, les peines. Il nous reste les souvenirs, mais eux aussi peuvent s’effacer petit à petit, avec les années. Les souvenirs ne sont pas un lieu pour les morts. Ils sont trop éphémères. Trop flous. Trop subjectifs. Comment s’y installer, même mort ? Les souvenirs ne peuvent pas être la vie éternelle.
Mais alors où sont-ils ? Et que font-ils ?
« L’heure vient – et c’est maintenant, dit Jésus – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. »
Espérance. Les morts entendent. Ils entendent la voix du Fils de Dieu, celle même que nous entendons nous aussi quand nous écoutons la musique de l’Evangile, ce chant d’amour qui cours en nos cœurs, ce souffle de vie qui nous donne de vivre, cette Parole de tendresse qui nous fait tenir debout. Les morts entendent cette voix aussi, la même que nous, nous ici-bas, eux dans la Lumière du Fils.
Mais un mort peut-il entendre ? Ne faut-il pas, pour cela, qu’il soit vivant ?
« Le Christ est mort, affirmait Saint Paul ; bien plus, il est ressuscité. » Un mort, un homme mort est ressuscité. Là est la brèche dans le mur de la mort. Là s’engouffre notre espérance. Infime brèche, porteuse de toute notre espérance mais aussi de toute la force de Dieu, et de sa victoire. Christ est ressuscité. Et « en tout, nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimé… ni la mort, ni la vie… ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »
La mort n’est donc pas fin. Ni moment. Ni lieu, si ce n’est dans l’amour de Dieu. Dans l’amour qui ne sépare pas mais relie, et relie toujours, par delà ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.
Mais que nous sentons. Que nous ressentons. Que nous pressentons.
Ne sont-elles pas réelles, ces présences nouvelles que nous découvrons alors même que nos proches et nos amis ont disparu à nos regards ? Présences d’amour, présences de tendresse… présences discrètes mais présentes. Signes infimes que la vie a traversé la mort. Que la vie a été la plus forte, victorieuse. La vie de Dieu en nous, la vie de Dieu en eux, la vie de Dieu qui se joue de nos limites humaines par ce qu’elle est vie du Créateur qui ne cesse de nous créer, quoi que nous traversions. Résurrection.
Le mot est lâché. Il peut inquiéter, apaiser, étonner, laisser de marbre… Pourtant notre espérance est là. Notre expérience aussi. Elle nous dépasse. Insaisissable. La mort elle-même n’a pas pu la contraindre. C’est le témoignage du Christ. Mais en qui d’autre nous fier ? Et ce témoignage ouvre la perspective que la vie continue, autrement mais réellement.
Elle ouvre aussi la perspective de cette relation qui se crée, différente de celle d’avant, mais dans un ici et maintenant nouveau et étonnant. Notre prière même pour ceux qui nous ont quitté parle d’elle-même. Si nous prions pour eux, c’est que nous nous croyons ou nous savons en relation avec eux. Et se dessine, dans une perception plus ou moins grande, une « chaîne de présence » nous reliant à ceux que nous ne voyons plus. Comme une solidarité spirituelle entre tous les membres du corps du Christ, ce qu’on appelle aussi la « communion des saints ».
Notre cœur peut être triste ce soir, mais il ne doit pas être lourd. Parce que nous comprenons que ceux que nous avons aimés continuent de nous aimer, et nous en retour. Parce que nous comprenons que les liens ont changé mais n’ont pas disparu. Parce que nous comprenons, dans la foi et l’espérance, que nous sommes tous, nous ici-bas et eux dans la Lumière, porteurs de la même vie, la vie de Dieu, la vie du Christ, la vie qui ne finit pas et que rien, pas même la mort, ne peut arrêter. Parce que, enfin, nous entendons la même Parole de vie, la même Parole de résurrection, la voix du Fils de Dieu qui ouvre notre existence à une grande paix.
Au cours de cette eucharistie, confions nous les uns aux autres. Confions les défunts de nos familles à la tendresse du Père, et demandons aux défunts de nous porter dans l’amour dont ils vivent désormais en plénitude, et de nous faire connaître, comme ils le connaissent maintenant, le Fils de Dieu, celui qui est la résurrection et la vie.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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