Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie pour la mémoire des défunts, le 2 novembre 2015

Homélie pour la mémoire des défunts, le 2 novembre 2015

"Et d’ici à ailleurs, de maintenant à plus tard, se dessinent alors de nouvelles solidarités, des liens nouveaux entre nous et ceux que nous avons connus et qui sont partis."


Lundi 2 novembre 2015
Mémoire des défunts
Ma Campagne

Il n’est pas facile de parler de la mort. Les mots nous manquent. Nous n’en percevons finalement pas grand chose. Nous éprouvons l’absence de ceux qu’on aime, nous l’expérimentons comme un passage obligé de toute vie, mais nous n’en savons finalement presque rien. Seulement une facette, celle de ce côté-ci de la vie... ce qui n’est pas grand chose. Et bien malin celui qui pourrait prendre la parole pour en faire de grands discours.
Jésus non plus ne parle pas si souvent que ça de la mort. Il en connaît l’échéance, mais ne dit rien à son propos. En revanche, il ne cesse de parler de la vie. De la vie d’aujourd’hui qu’il partage avec nous. De la vie d’aujourd’hui, déjà pleine de plus grand qu’elle-même. Du désir de vie qui nous habite tous. De la vie éternelle aussi, de la vie qui ne fini pas. De la vie divine qui circule dans nos veines humaines. De la vie en plénitude, qu’il appelle « résurrection ». Et non seulement il parle de la vie, mais toute son existence est une hymne à la vie, au point que sa propre vie va traverser les frontières de la mort et s’en trouver transformée, rendue à tous non plus pour quelques temps en un lieu précis, mais pour tous les hommes de tous les temps. Mystère de cette vie infinie dont il témoigne, qu’il nous révèle et en laquelle il nous fait entrer.
L’heure n’est pas à la mort, mais résolument à la vie. Celle de l’au-delà, dont nous ne savons rien si ce n’est en espérance. Et celle de maintenant, qui n’est autre que la même, mais vécue dans le quotidien de nos jours.
Et d’ici à ailleurs, de maintenant à plus tard, se dessinent alors de nouvelles solidarités, des liens nouveaux entre nous et ceux que nous avons connus et qui sont partis. Leur voix, leur odeur, leurs habitudes, leur caractère, leur présence nous manquent. Et la tristesse nous envahie parfois, nous remémorant les bons moments passés ensemble. Mais nous sentons au fond de nous que de nouvelles présences se créent, au-delà du visible et du sensible. Il y a nos souvenirs, mais ils ne sont pas tout. Il y a plus. Plus profond peut-être, mais aussi plus vivant. Et plus solide que les souvenirs qui passent. Il y a leur vie, dans une nouvelle présence. Discrète. Mais réelle. Une présence qui vient nous rejoindre parfois quand on ne s’y attend pas, sans bruit, sans fracas, silencieusement. Présence de vie au-delà de la vie, comme dans une continuité de l’amour et de l’amitié que nous avons vécus ensemble et qui ne peut s’arrêter d’un coup au risque de perdre tout sens et toute raison d’être.
Nous ne saurons parler de la mort, mais nous pouvons parler de la vie. Parce que nous l’expérimentons bien davantage encore que la mort. Et parce que nous percevons qu’elle est plus puissante aussi. Qu’elle la traverse. Que la mort n’est qu’un passage par lequel s’accomplit mystérieusement ce que nous avons déjà commencé entre nous ici. Mais que la vie, la seule, l’éternelle, qui n’a ni fin ni commencement, n’est pas d’abord une question de biologie ou de médecine. Elle est la vie en Dieu. Jésus nous redit ce soir le sens de sa mission : « Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi. » Celui qui parle ainsi est celui qui dira de lui : « Je suis la résurrection et la vie. » Et tous, ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain, nous voilà pris ensemble dans une communion qui trouve son point d’orgue dans cette résurrection.
Quelle est cette vie ? Elle n’est pas un miracle de la chimie ou de la nature, elle n’est pas un surcroit de je ne sais quoi donné à des cellules biologiques. Elle est, je crois, avant tout, l’amitié et la confiance que nous tissons et entretenons avec Jésus, le Fils de Dieu. Celui dont le psalmiste parle avec tant de bienveillance : « Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : de toutes leurs angoisse, il les délivre. Il est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu. » Celui que découvrait Job dans la première lecture, comme quelqu’un d’infiniment proche : « Si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger », disait-il, passant d’une distance respectueuse à une intimité toute faite de confiance. N’est-elle pas là, cette vie éternelle que nous désirons et que nous espérons pour nous-mêmes et pour ceux qui nous ont précédés ? N’est-elle pas là, la véritable puissance du Dieu de Vie révélé en Jésus-Christ, dans l’amitié que nous avons avec lui ?

Ceux qui vivent déjà dans la plénitude de la vie, dans la résurrection offerte, nous lancent comme un appel, une invitation. L’invitation à vivre dès maintenant de la vie pleine de Dieu. L’invitation à faire de notre quotidien le lieu de la manifestation de l’amour infini et tout-puissant. L’invitation à vivre dans l’amitié et la confiance avec Celui dans la Lumière duquel ils vivent désormais pleinement. L’invitation à croire que l’amour infini n’a pas de frontière ni de limite, et qu’il nous rassemble mystérieusement dans une communion qui nous dépasse et nous entraine vers toujours davantage de vie.
Tel est l’appel que nous lancent ceux qui nous ont précédés,
Telle est notre espérance,
Là est le lieu de notre confiance et de notre repos.
Amen.

P. Benoît Lecomte

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