Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          J’ai fait un rêve...

J’ai fait un rêve...

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J’ai fait un rêve…

Je me suis mis à rêver que des jeunes venus de 193 pays, des pays les plus riches et des pays les plus pauvres, des pays en guerre, des républiques, des dictatures, d’Europe, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique, d’Océanie, de toute la planète, s’étaient donnés rendez-vous.
J’ai rêvé que ces jeunes étaient nombreux… très nombreux. Une foule à l’infini, venant de partout, agitant des drapeaux de toutes les couleurs, parlant toutes les langues de la terre.
J’ai rêvé que ces jeunes ne venaient pas pour parler de ce qui les divise, de ce qui les sépare, de ce qui fait que leurs pays sont parfois en guerre les uns contre les autres, mais qu’ils venaient pour chanter, pour prier, pour faire la fête, pour partager, pour se rencontrer.
Malgré les différences de cultures, ces jeunes étaient marqués par des traits communs : la joie, le rire, l’énergie d’une vie en pleine puissance, le désir de vivre ensemble en paix. Cette multitude, filmée par toutes les caméras du monde, un peu ébahi, devenait signe d’une fraternité universelle enfin possible  !
Même si tous étaient fatigués par les nuits toujours plus courtes, par la chaleur toujours plus forte, par la marche toujours plus harassante et par l’inconfort du quotidien, tous étaient portés par un même idéal. Ou plutôt, par une unique conviction, partagée par tous. Plus encore qu’une conviction, par une relation commune, comme le centre d’une roue vers qui tous les rayons convergent. Cette relation commune s’appelait Jésus, et ils l’appelaient Christ.
Ils venaient de tous les horizons avec leurs soucis, leurs questions, leurs joies, leurs doutes, leurs forces et leurs faiblesses. Certains cherchaient un sens à leur vie, d’autre ne savaient pas trop vers quelles études ou quel travail s’engager… Certains voyaient mieux dans quelle direction aller, mais voulaient être confortés et réconfortés. Certains portaient de lourds fardeaux (familiaux, affectifs), alors que d’autres étaient plus à l’aise. Mais tous cherchaient la vérité de leur vie, le centre de gravité fondamental vers quoi tout orienter.

Alors, un homme est apparu : il n’était plus tout jeune, mais tous l’ont acclamé. Fort de sa sagesse, relayé par d’autres hommes que les jeunes rencontraient lors des matinées, cet homme plus vieux leur a indiqué la vérité. Il ne leur pas dit ce que c’était, il leur a dit QUI elle était : le Christ. Il ne leur a pas donné de recette toute faite pour résoudre leurs problèmes, mais il leur a indiqué le chemin : encore le Christ.
Il leur a dit : « Soyez fondés et enracinés dans le Christ, affermis dans la foi ».
A cette phrase, ils auraient pu partir, déçus de ne pas trouver de réponse immédiate à leurs questions. Au lieu de ça, ils se sont mis à crier ensemble, dans une unique langue : « Esta es la juventud del papa !  » (« Elle est là la jeunesse du pape »). Par là, ils ne voulaient pas dire que le pape était vieux, et que la jeunesse était en face de lui. Ils voulaient dire au contraire que ce que leur avait dit le pape, ce recentrement sur le Christ Jésus, était en soit une réelle et une éternelle jeunesse ! Elle était là, la jeunesse du pape : dans cette confiance absolue au Dieu de Jésus Christ, en ce Jésus considéré comme un frère et un ami. Elle était là, l’éternelle jeunesse du monde ! Et il ne restait à chacun qu’à s’enraciner en cette jeunesse pour pouvoir vivre en plénitude, pour pouvoir vivre « à fond », pour pouvoir vivre vraiment !

En me réveillant, je me suis rendu compte que ce rêve n’était pas un rêve : nous l’avons vraiment vécu ensemble, aux yeux incrédules du monde, bravant même la tempête pour adorer dans le silence ce Frère et cet Ami.

Mais j’ai continué de rêver.
J’ai rêvé que cette aventure ne s’arrêtait pas là, comme ça, un soir en sortant du car. J’ai rêvé que cette aventure n’était pas un feu d’artifice sans lendemain, qu’un feu de paille disparu en quelques minutes.
J’ai rêvé que cette aventure continuait, d’abord en chacun de celles et de ceux qui l’avaient vécue. L’Esprit de Dieu faisait son travail, faisait germer ce qui avait été semé, faisant éclore ce qui avait germé, donnant le fruit à ce qui avait éclot.
Et puis j’ai rêvé que cette aventure continuait aussi ensemble. Comme la force qui avait pu se déployer lors de ce rassemblement était la conséquence de l’union des uns avec les autres, l’aventure ne pourrait continuer dans toute sa dynamique et sa puissance que vécue ensemble. C’est-à-dire en Église. Seuls, chacun risquait de laisser s’endormir cette force extraordinaire d’amour et de fraternité qui avait germé. Ensemble, avec d’autres, avec tous les autres, les plus vieux, les joyeux, les ronchons, les habitués, les sympas et les moins sympas, avec tous, cette force d’amour, cette vague d’amour pouvait continuer sa déferlante, pour construire, à sa façon, une civilisation de l’amour.

Chers jeunes, saint Paul a raison : « comment pourrions-nous assez rendre grâce pour vous ? » Pour ce que vous avez vécu, donné, reçu, partagé, discuté, critiqué, construit… Que le Seigneur vous donne de continuer à vivre dans cette dynamique de l’amour tout puissant, « que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant », « et qu’ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père. »
Oui, en cherchant vous mêmes la vérité de votre vie, en cherchant vous mêmes le Christ, par votre corps, votre cœur, votre esprit et votre intelligence, vous avez été, à la face du monde, de véritables témoins de la foi. Pour cela, nous ne pouvons que rendre grâce à Dieu.
Mais Dieu, dans sa Parole, par l’évangéliste Matthieu, vous adresse encore un appel : « veillez et priez ». « Tenez-vous prêts ». En d’autres termes, ne faites pas mourir en vous ce que vous avez reçu. Au contraire, faites le fructifier à l’infini ! Par votre recherche, votre vigueur, votre joie, renouvelez la face de l’Eglise.Enracinez-vous en Christ, et enracinez-vous aussi dans l’Eglise : c’est par elle que vous avez rencontré le Christ, c’est en elle que vous puiserez les forces pour continuer de vivre !
Ne vous endormez pas : le monde a besoin de vous, et vous avez besoin de Christ et de l’Eglise.
Continuer de chercher avec toute votre intelligence  : ne restez pas seuls ! Lisez, discuter, regroupez vous, travaillez les questions qui vous intéressent… n’en restez pas à une foi d’enfants, mais devenez adultes dans votre foi, pour pouvoir rendre compte de l’espérance qui est en vous !
Continuer de chercher avec votre cœur : dans la prière commune et personnelle, dans la louange et dans le silence… Mais aussi par le service de vos frères, en devenant serviteurs des hommes et des femmes de la société dans laquelle nous vivons. Par votre travail, vos engagements, quelque soit votre vocation, mettez-vous au service des autres, comme Jésus lui-même s’est fait le serviteur des hommes.

« Tenez-vous donc prêts », personnellement, et ensemble. Prêts chaque jour à vivre pleinement de la joie du Christ qui vient habiter vos vies. Prêts à prendre votre place dans le monde qui n’attend que la Bonne Nouvelle de l’espérance de la résurrection pour reconnaître la vraie dignité de tout homme et enfin vivre la réconciliation entre tous. Prêts à vous enraciner dans la foi au Dieu de Jésus Christ, en vous laissant guider par le souffle de son Esprit. C’est en lui que vous trouverez votre bonheur, votre fidélité, votre joie. Pour rayonner aujourd’hui et demain, comme nous avons pu rayonner ensemble ces derniers jours. Ce n’était pas un rêve, mais la réalité. Signe que grâce à tous, et par la grâce de Dieu, un autre monde est vraiment possible.

P. Benoît Lecomte
Jeudi 25 août 2011,
suite aux JMJ de Madrid

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