Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Jeudi Saint A

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L’eucharistie est fraternité, et la fraternité est eucharistique. Tout ce que nous vivons de l’ordre du service devient acte d’amour et action de grâce.


Vous êtes quelques-uns, ce soir, à vous préparer à communier bientôt. C’est-à-dire à recevoir en vos mains et en vos cœurs ce petit bout de pain, partagé depuis 2000 ans, en lequel nous reconnaissons Jésus, le Christ, le Corps du Christ.
Votre cœur a envie. Il désire ardemment vivre cette communion. Vous l’attendez, pour certains, depuis longtemps ! Et votre désire rejoint celui de Jésus, qui lui aussi désire ardemment vivre sa Pâques, et aimer jusqu’au bout.
Ce soir, nous nous remémorons le dernier repas de Jésus, au cours duquel il invite ses disciples à perpétuer ces gestes et ces paroles pour qu’Il soit Lui-même présent à chaque eucharistie, à chaque fraction du pain dans la prière de l’Esprit.
Ces gestes et ces paroles sont importants ! Et nous leur reconnaissons une très grande valeur pour nos vies. Au point que nous les revivons chaque dimanche, et même chaque jour pour ceux qui veulent !
Mais nous oublions parfois l’autre geste de Jésus au cours de ce même repas, geste étonnant du lavement des pieds.
Pas facile à faire. Ca nous fait un peu rire, mais rire jaune. En fait, on n’aime pas se faire laver les pieds. C’est trop intime. Alors on refuse. Comme Pierre, dans l’Evangile.
Geste étonnant que fait Jésus, parce qu’il n’a pas le droit de le faire. Il est le Maître, et ce geste est ordinaire dans le monde de Jésus, pour accueillir les convives, mais ce sont les esclaves qui lavent les pieds. Jésus prend la place de l’esclave. Du serviteur. Il se met à genoux.
Et l’eucharistie, ce repas étonnant, prend les deux dimensions de la croix.
Dieu se fait petit bout de pain, dans un abaissement vertigineux. Et le maître se fait serviteur, dans une solidarité avec tous. Incroyable signe de fraternité entre Dieu et nous, et entre nous tous.
Fraternité de ce carême.
« Fraternels », C’est ce que nous avons écrit sur les murs de nos églises tout au long de ce carême, pour nous préparer aux fêtes de Pâques, pour ouvrir nos cœurs au mystère de Dieu.
Si « Pâques » veut dire « Passage », et si Jésus et les disciples mangent le repas de la Pâques juive en faisant mémoire de la libération du pays d’Egypte, le grand passage, c’est Jésus qui le fait. Et il nous entraîne avec lui.
C’est le passage qui demande à notre imaginaire de changer de vision, en comprenant que Dieu est serviteur de l’homme, et qu’il se laisse reconnaître dans les plus petits des hommes. C’est le passage qui demande à notre cœur de ne pas aimer Dieu sans aimer nos frères, mais de reconnaître en tout homme un frère à aimer et à servir, et à grandir en humanité en grandissant dans l’attention les uns aux autres. Mystère de l’amour donné et révélé. Invitation à aimer au-delà de nos catégories.
Le lavement des pieds transforme nos relations, les rapports entre nous, les envies de grandeurs et de puissance des uns et des autres. On pense aux grands de ce monde, aux candidats qui font la course pour devenir grands. On pense aussi à notre Eglise dans son rapport à ceux qui ne s’en réclament pas : pour aller toujours dans le sens de l’abaissement et du service de l’autre. « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le les uns pour les autres et pour tous les hommes. »
Fraternité du service des hommes et du pain partagé, devenu corps livré. Donné. Dans un acte d’amour. « Ceci est mon corps. Ceci est mon sang, ma vie. » Partage du pain et du repas, créant une fraternité toute amicale comme les membres d’une famille autour de la table. Jésus allant plus loin : c’est lui-même qui se donne. Reçois le Corps de Christ !
L’eucharistie est fraternité, et la fraternité est eucharistique. Tout ce que nous vivons de l’ordre du service devient acte d’amour et action de grâce. Le problème n’est pas tant la question de la présence réelle du Christ dans le pain partagé (« est-ce vraiment son Corps ? », nous demandent les enfants et les adultes qui cherchent à comprendre), que notre réelle présence aux côtés de nos frères et sœurs en humanité, des pauvres surtout (mais les pauvretés sont si nombreuses et diverses !) en qui Dieu se rend visible.
« Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce », chantait le psaume dans son langage si éloigné du notre. Nulle question ici de faire des sacrifices d’animaux ou de je ne sais quoi d’autre ! Mais de faire de nos vies des actes d’offrande d’amour, dans la joyeuse folie de l’amour de Dieu pour nous, dans l’action de grâce et le MERCI éternel de nos vies, par la totale ouverture de notre cœur à ce Dieu qui se donne par le don que nous faisons de nous-mêmes.
Le jeudi saint est appelé fête du sacerdoce, et l’on y fête les prêtres. Ce jeudi est aussi et d’abord fête de toute l’Église, joyeuse de se recevoir du Christ et d’être envoyée au monde pour se donner aux hommes, servante d’humanité pour y laver les pieds de chacun, par amour « jusqu’au bout. »
Belle fête à notre Eglise ! Joyeux Jeudi Saint ! Beau service de notre monde par l’annonce de l’Evangile et de la joie de Dieu !
Amen

P. Benoît Lecomte

Livre de l’Exode 12,1-8.11-14.

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.
Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

Psaume 116(115),12-13.15-16ac.17-18.

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26.

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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