Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            « La Lyre chrétienne » de Joachim du Bellay

« La Lyre chrétienne » de Joachim du Bellay

Ils sont les « voyageurs ailés », comme l’écrivait Charles Baudelaire. Tourmentés et visionnaires, les poètes sont souvent les éclaireurs de Dieu. Cette semaine : Joachim du Bellay.


Les "voyageurs ailés" sont ceux qui, inspirés par la beauté divine et éternelle, tentent de la traduire par des mots humains. Pour atteindre parfois des sommets de poésie qui, à notre tour, nous inspirent et nous rapprochent de Dieu.

Chaque semaine nous sélectionnons, grâce à Aleteia, parmi les plus beaux textes de poésie qui marquent la recherche de Dieu.
Pour commencer notre rendez-vous hebdomadaire voici La Lyre chrétienne de Joachim du Bellay.

Joachim du Bellay est l’un des pères de la poésie française, depuis l’éclosion de ce genre littéraire à la Renaissance. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard est à l’origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes dont le but, sous la protection de la princesse Marguerite de France, sœur du roi Henri II, est de promouvoir l’usage de la langue française notamment dans les arts. La Pléiade contribue ainsi à l’unification du Royaume au moment où le pouvoir politique du Roi s’affirme et la France commence à jouer un rôle majeur en Europe.

Né à Anjou vers 1522, Joachim du Bellay est surtout connu pour son recueil de sonnets Les Regrets. Si tous les thèmes principaux de la Renaissance figurent dans son œuvre (sentiments amoureux, recours à la mythologie grecque), il est un des rares poètes de son époque à exprimer sa Foi.

Écrite autour de l’année 1557, La Lyre chrétienne est probablement le texte où il manifeste le plus son christianisme. Le lyrisme de sa poésie lui permet de célébrer la grandeur et la sublimité divine. Joachim du Bellay meurt à Paris en 1560 à l’âge de 38 ans.

La lyre chrétienne

Moi, celui-là qui tant de fois
Ai chanté la Muse charnelle,
Maintenant je hausse ma voix
Pour sonner la Muse éternelle.

De ceux-là qui n’ont part en elle,
L’applaudissement je n’attens.
Jadis ma folie était telle,
Mais toutes choses ont leur temps.

Si les vieux Grecs et les Romains,
Des faux Dieux ont chanté la gloire,
Serons-nous plus qu’eux inhumains
Taisant du Vrai Dieu la mémoire ?

D’Hélicon la fable notoire
Ne nous enseigne à le vanter :
De l’onde vive il nous faut boire,
Qui seule inspire à bien chanter.

La Lyre Chrétienne (1557)

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