Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Réflexion sur la Resurecction

Texte du Père François Raballand

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Pour comprendre la foi chrétienne, il faut partir de l’événement de la Résurrection du Christ. Pendant sa vie publique, les disciples ont été les témoins de la puissance de vie qui habitait Jésus au point que même la mort reculait en sa présence ; souvenons-nous des épisodes de la fille de Jaïre, du jeune homme de Naïm et de Lazare, son ami. Pourtant la mort semble bien avoir toujours le dernier mot. Elle est même inscrite au programme de tout ce qui vit et nous plonge tous dans la nuit. Jésus en a fait lui aussi cruellement l’expérience.

Mais la nuit de Pâques ne fut pas une nuit comme les autres car elle a fait place à un jour radicalement nouveau en même temps qu’a commencé une ère nouvelle pour l’humanité. Cette nuit de Pâques renvoie à la nuit des temps où Dieu est présenté comme Créateur, comme celui qui crée sans cesse. On ne le voit pas entrain de créer pas plus qu’on ne verra Jésus entrain de ressusciter, car Création et Résurrection relèvent de la même action divine, de la même dynamique de vie où l’homme est absent. Que s’est-il donc passé cette nuit-là, à l’abri de tout regard, dans l’intimité du tombeau où le cadavre du Christ fut soigneusement déposé ? Il s’agit bien d’intimité en effet, là où personne n’a accès, dans les profondeurs de l’être dont nous ignorons tout et où se joue l’essentiel de toute existence. Nous ne saisissons en effet que ce qui est en surface et qui porte cependant les indices d’un ailleurs, d’un autrement que nous touchons et pressentons tout en vivant.

Quelque chose de radicalement nouveau vient de se produire et, paradoxalement, le vide du tombeau devient le signe d’une plénitude de vie. Pour la première fois dans l’histoire du vivant, la mort n’a pas fait son œuvre de désintégration. En effet, ce qui était promis pour la fin des temps vient de se réaliser là, maintenant, dans ce tombeau. Rien ne sera plus comme avant. Le processus naturel de la désintégration qui habituellement met fin à la vie ne s’est pas produit car la chair morte de jésus, non seulement ne s’est pas désintégrée, mais elle n’est plus visible. St Paul écrira : « il n’a pas connu la corruption. » Mais alors, que s’est-il passé pour le corps de Jésus ? Le théologien André Paul répond dans son dernier ouvrage : « son corps est dissous dans l’Esprit », c’est-à-dire : « son corps a revêtu toutes les prérogatives de l’esprit. » La Résurrection du Christ inaugure l’étape décisive du projet de Dieu. En Jésus-Christ l’homme est définitivement accompli. En lui la chair et l’esprit sont parfaitement unies au point que l’événement de la Résurrection achève ce qui fut commencé à l’incarnation, anticipe ce qui arrivera pour chacun de nous à la fin des temps et introduit dans le temps le processus de Résurrection car la figure actuelle de ce monde n’est pas sa réalité définitive.

Désormais le Christ Ressuscité œuvre au cœur même de la Création dont il est l’artisan dès l’origine. C’est ce que proclame le Credo de Nicée-Constantinople : « engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. » Dès l’origine, tout dans l’univers porte la marque du Fils. A la Résurrection, le Fils de Dieu retrouve le statut qu’il avait alors et qui fut tenu secret jusqu’au moment fixé. Désormais, solidaire de tout homme de tous les temps, il entraine le monde vers cet avenir ouvert dans le tombeau la nuit de Pâques. Il habite maintenant l’intérieur ; il est à la racine de chaque vie, au centre de chaque existence humaine, entièrement disponible, offert, logé dans l’humain dont il a fait son Temple. Il est là, comme il l’avait dit « au milieu de nous ». Tout ce que l’homme détruit et réduit en cendre, tout ce que la maladie a meurtri et anéanti, lui, il l’accueille, le refaçonne et le métamorphose divinement à partir du tombeau dont il a fait la matrice de toute vie. Il fait accéder tout homme à sa Présence Réelle comme le fait déjà maintenant le Sacrement de l’Eucharistie.

Assistée de l’Esprit-Saint, l’Eglise a pour mission d’annoncer et de révéler cette présence cachée et bien réelle qui habite le cosmos. Elle est composée de cette portion de l’humanité qui, par le baptême, fait l’expérience de sa présence et s’efforce de la manifester à chaque époque de l’histoire et jusqu’à la fin des temps.

Père François Raballand

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