Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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La délivrance,"Guérir son âme.

À l’occasion d’un colloque organisé ce week-end sur la délivrance, « La Croix » examine à quel besoin répondent les sessions dites de « guérison intérieure ».
La communauté du Chemin-Neuf a organisé ce colloque avec la participation de 2 évêques , dont Mgr.Gosselin, évêque d’Angoulême et médecin.


Témoignage

« La foudre ne m’est pas tombée sur la tête, il n’y a pas eu de magie, mais oui, les choses ont changé. » Un an après avoir participé aux sessions de guérison de la communauté du Chemin-Neuf, le cycle Siloé, Sabine mesure le chemin parcouru. Avant Siloé, cette quadragénaire exprimait régulièrement une violence « qui dépassait largement (sa) pensée », adressait des paroles blessantes qu’elle « ne pouvait pas maîtriser » et qui polluaient notamment ses relations avec ses quatre enfants. Proche avec son mari de la communauté du Chemin-Neuf, elle a décidé de suivre ce parcours d’un an, en trois étapes de quatre jours chacune. Le terme de « guérison intérieure », présent sur la brochure, la rebutait pourtant : après tout, elle n’était pas malade…

Comme l’ensemble des 80 participants annuels à Siloé,

Sabine a dû rédiger une lettre de motivation détaillant les raisons de sa venue. « La particularité de ces retraites, c’est de visiter les fragilités et les blessures, explique le père Pierre-Louis Tulasne, chargé de ces sessions. Certains participants arrivent avec une histoire personnelle très lourde, d’autres avec un blocage plus ponctuel. » Son « blocage », Sabine l’a dépassé grâce à l’accompagnement individuel proposé durant ces sessions, mais aussi les enseignements, les partages en petits groupes, la lecture de la Bible ou encore l’atelier théâtre. « J’ai découvert que je suis en fait habitée par une douceur dont j’avais peur, raconte Sabine. Aujourd’hui, je la laisse davantage s’exprimer. »

Les sessions du cycle Siloé ont lieu près de Grenoble ou près de Paris.

C’est là, à Tigery (Essonne), dans un ancien château trônant au cœur d’un parc, que Sabine a vécu les moments qui ont conduit à sa « libération ». C’est aussi là que le Chemin-Neuf organise ce week-end un colloque sur la délivrance (1). Cinq cents participants étaient attendus et deux évêques étaient présents, dont Mgr Hervé Gosselin, évêque d’Angoulême et ancien médecin. « Les thèmes de la guérison et de la délivrance, très bibliques, sont loin d’être une nouveauté dans l’histoire de l’Église, rappelle-t-il. Mais le Renouveau charismatique (courant spirituel apparu il y a cinquante ans, NDLR.) joue aujourd’hui un rôle de moteur dans ce domaine. »
Outre le Chemin-Neuf, des communautés et associations comme les Béatitudes, la Famille de Saint-Joseph, le Puits de Jacob, la Maison de Lazare ou encore Bethasda proposent ce type de retraite depuis une trentaine d’années, et certaines affichent une liste d’attente de plusieurs mois. Comment expliquer leur succès, notamment auprès d’un public non pratiquant ?

Dans une société en quête de bien-être, la santé semble être devenue une question d’équilibre général, concernant à la fois le biologique, le psychique… et le spirituel.
« Les personnes que nous accueillons ont vu les limites des méthodes psychologiques, assure le père Bernard Bastian, médecin et prêtre au Puits de Jacob. Ce n’est pas le psy qui va vous donner une raison de vivre ! » La distinction entre « psy » et « spi » revient souvent dans les discours des organisateurs de ces sessions, même si beaucoup refusent d’y voir une rivalité, estimant que la vie spirituelle est un don de Dieu parfaitement autonome de la vie psychique.

D’autre part, les évolutions du discours théologique semblent aussi avoir favorisé, ces dernières décennies, l’essor de ce souci de guérir. « Jusqu’aux années 1950, quand on ne savait guérir que peu de maladies, le discours chrétien insistait surtout sur l’acceptation de la souffrance, explique le père dominicain Jean-Marie Gueullette, auteur d’un ouvrage sur le sujet (2). Puis, en une décennie, de nombreux médicaments sont arrivés sur le marché, et l’on a comme par hasard redécouvert les pages de l’Évangile sur les guérisons… »

Si ce théologien se réjouit de cette prise de conscience que « le Christ sauve »

et que Dieu est avant tout miséricordieux, il invite à se méfier du « prisme victimaire » que semblent encourager certaines de ces sessions, où les participants appréhendent leur histoire sous l’angle quasi exclusif du traumatisme vécu (3). « De nos jours, la notion de victime est plus populaire que celle de pécheur, avance le père Gueullette. Mais il faut savoir reconnaître que l’on a aussi été l’auteur de blessures pour les autres et que le mal que l’on subit ne vient pas uniquement de l’extérieur. »Par ailleurs, pour Magali Raoul, médecin et sœur consacrée au Chemin-Neuf, qui interviendra lors du colloque, le but de ces sessions est moins de guérir pour se sentir mieux que pour être à même de suivre le Christ. « La mission du Chemin-Neuf est de former des disciples : or Dieu veut des disciples réconciliés avec eux-mêmes et leur histoire », affirme-t-elle. « Réconcilié », « libéré », « relevé », « unifié », « restauré » : ces termes sont souvent préférés, dans ces communautés nouvelles, au mot « guéri » qui intimide par son aspect définitif. « Chez nous, personne ne dira jamais à un retraitant que ça y est, il est guéri, confirme le père Bernard Bastian, du Puits de Jacob. On prie pour qu’il se passe quelque chose dans sa vie. » Autre point de vigilance pour les animateurs de ces sessions : ne pas laisser croire qu’ils possèdent un pouvoir. « Seul Dieu guérit », entend-on souvent.

Certains anciens participants affirment toutefois avoir été victimes d’abus spirituels et de manipulations et reprochent aux évêques de ne pas avoir davantage encadré la tenue de ces retraites. Face à une demande croissante de « délivrances » dans les diocèses, l’Église de France, s’empare d’ailleurs peu à peu du sujet et pose des cadres, comme Mgr Luc Crépy au Puy-en-Velay avec les sessions Agapè. En mai dernier, la Conférence des évêques de France publiait un document inédit intitulé « Protection, délivrance, guérison » regroupant des prières de délivrance. En février prochain, elle consacrera sa session doctrinale au thème de la guérison. De son côté, Mgr Gosselin attend du colloque de ce week-end qu’il aboutisse à « des orientations pastorales », comme le développement de formations pour les équipes diocésaines concernées.

Mélinée Le Prio "Journal La Croix"

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