Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Les Defends : un pèlerinage multiséculaire

Les Defends : un pèlerinage multiséculaire

Attesté depuis 1525, le pèlerinage des Défends revêt cette année une forme particulière puisqu’il se déroulera autour de l’église du Tâtre.


Pour des raisons de sécurité, le pèlerinage ne pourra avoir lieu, cette année, autour de la chapelle des Défends. L’état du bâtiment se dégrade et le risque est grand pour les pèlerins.
Il a donc été décidé de maintenir la tradition du pèlerinage (procession avec Notre Dame des Défends, suivie de la messe de l’Assomption), mais à l’église du Tâtre.

Après avoir présenté l’histoire de ce pèlerinage, nous montrerons l’état de la chapelle et poserons la question de l’avenir du site.

Historique de la chapelle

Le village des Deffends a une histoire très ancienne. En effet, dans ce lieu existait, au XIIIème siècle, une commanderie des Templiers, possédant une chapelle dédiée à Notre-Dame.
Un pèlerinage y est attesté depuis au moins 1525, selon l’extrait de la « notice sur le pèlerinage de Notre-Dame du Deffend » écrite par l’Abbé Marcelin, curé du Tâtre de 1893 à 1899 :
« Depuis 1525 jusqu’en 1789, cette chapelle où était vénérée la Madone, fut un lieu de pèlerinage très suivi.
En 1793, elle fut vendue comme bien national. On ignore le nom de celui qui l’acheta pour la détruire, mais, au moment où le révolutionnaire met la pioche dans les murs de la chapelle, une pieuse chrétienne dont on n’a pas conservé le nom, put enlever la vénérable statue de Marie et la cacha chez elle jusqu’au jour où l’église du Tâtre fut rouverte au culte ».

La tradition locale raconte que le révolutionnaire avait voulu se faire bâtir une maison avec les pierres de la chapelle qu’il avait démolie, mais en vain mit-il pierre sur pierre ; à peine un mur était-il élevé qu’il s’écroulait aussitôt. Dieu voulant ainsi punir son action sacrilège, il dut renoncer à son projet. Le fait s’est passé, dit-on, dans la paroisse de Reignac, au lieu-dit Chez Desmarre.

Malgré la destruction de la chapelle, les pèlerinages reprirent leur cours. On portait la Vierge, de l’église du Tâtre à l’emplacement de la chapelle détruite.
La statue de la Vierge portant l’enfant daterait du XVIIème oui XVIIIème siècle. Habituellement la statue est revêtue d’une robe blanche confectionnée par d’habiles couturières de la paroisse. Comme l’écrivait M. André Beaurin, de Baignes, dans Courrier Français du 29/08/1985 : « Cette statue de Notre-Dame du Deffend, en bois polychrome, très ancienne et de datation incertaine, est d’un profond réalisme : la carnation de l’Enfant nu contrastant vivement avec les teintes chaudes et sombres des lourds vêtements de la Vierge. Soyons unanimes à saluer avec reconnaissance la mémoire de l’humble artisan qui a su, de toute son âme, traduire l’amour maternel ».


Après 1848, le pèlerinage eut beaucoup d’éclat, toute la population de la paroisse, beaucoup plus nombreuse qu’aujourd’hui, s’y rendait ainsi que les paroisses voisines.
Un peu plus tard, on ne sait pour quelle raison, les processions publiques cessèrent, mais les dévotions particulières continuèrent toujours auprès de la Vierge dans l’église du Tâtre.

En 1873, le pèlerinage fut rétabli et, en 1892, le curé Martin acheta un bout de terrain où il fit construire le petit bâtiment, la chapelle d’aujourd’hui où se déroule le pèlerinage chaque année, le 15 août.

Depuis 1951, cette chapelle et le terrain appartiennent à l’association diocésaine de la Charente.


Etat du bâtiment (construit en 1892)

Lors de la préparation du pèlerinage du 15 août 2016, il a été remarqué l’élargissement de fissures dans les murs nord (côté rue) et sud. Ces fissures proviennent de l’écartement des murs vers l’extérieur, sous le poids de la charpente. Il est probable que cet écartement, constaté depuis plusieurs années, soit consécutif à des périodes de sècheresse ayant entraîné des mouvements des argiles sous les supports des piliers.
Les photos ci-dessous permettent de se faire une idée des désordres constatés dans les maçonneries.













Quel avenir pour le site ?

Un pèlerinage comme celui de Notre Dame des Défends, ne peut s’arrêter comme cela. La décision de le déplacer à l’église du Tâtre ne peut qu’être temporaire.
Des devis ont été établis pour la consolidation de la chapelle. L’association diocésaine n’est pas en mesure de financer ces travaux.
Il y a de nombreux exemples d’associations créées pour recueillir des dons et financer un projet.
Plusieurs solutions techniques pourraient alors être envisagées par les membres d’une telle association : travaux de consolidation, démolition du bâtiment actuel et construction d’une petite chapelle,...
Avis aux volontaires.

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