Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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"Lettre à Nour"

Théâtre lecture

Invitation à la représentation de "Lettres à Nour" le vendredi 26 octobre, 20h30 à l’Espace Franquin suivi d’un débat avec l’auteur Rachid Benzine.

  • Vendredi 26 octobre 20:30-22:30 - Espace Franquin - 1, bd Berthelot, Angoulême

    Théâtre lecture "Lettres à Nour" de Rachid Benzine


Présentation : Lettres à Nour

Nour a 20 ans. Élevée par un père veuf, philosophe, elle disparaît un jour pour rejoindre en Irak l’homme qu’elle a épousé en secret, lieutenant de Daech. Pendant deux ans, une correspondance va s’établir entre eux : entre ce père musulman pratiquant, épris des Lumières, persuadé que sa fille est pétrie des valeurs de liberté, de tolérance et de démocratie qu’il a toujours défendues, et cette jeune fille qui justifie sa révolte par la trahison de ces mêmes valeurs par un "Occident" qu’elle décrie et qu’elle entend renverser par un ordre et un monde nouveaux. Terrible et bouleversant échange entre ces deux-là qui, au-delà de l’horreur et de l’incompréhension, gardent intact ce mince filet que l’on appelle l’amour. 

Véritable leçon de philosophie et de compréhension des mécanismes qu’utilise Daech pour proposer sa révolution théologico-politique, le texte de Rachid Benzine raconte, dans une écriture aussi belle que douloureuse, ce qu’est, au-delà de tout, l’amour paternel et filial. Et nous invite aussi à l’écoute de l’Autre, même si cette écoute nous fait violence. 

Extraits de presse
 
Le Monde : «  La pièce Lettres à Nour, un échange épistolaire entre Nour, partie à Falloujah avec un cadre de l’organisation Etat islamique et son père, un intellectuel musulman critique, harcelé par des islamistes, est une sorte d’uppercut. » 

La Croix : «  Et si c’était un roman qui éclairait au mieux le drame djihadiste de ce début de XXIème siècle ? »

 Extraits de l’œuvre : 

« On peut réparer une injustice, mais on ne guérit pas d’une humiliation. »
« Le contraire de la connaissance, ce n’est pas l’ignorance, mais les certitudes. »
« La haine est la colère des lâches. » 
« Le destin d’un mur, c’est l’effondrement. »

Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaitre et dans ce clair-obscur apparaissent les monstres. A. Gramsci

Rien de ce qui nous est arrivé ne doit rester du registre de l’impensable.
A. Badiou

Comment continuer de penser face à l’impensable ? Comment essayer de comprendre l’injustifiable ? Comment ne pas renoncer quand tous les liens y compris ceux du sang se défont ? Comme sans doute beaucoup de gens, je suis depuis des mois travaillé par une question lancinante, qui revient cogner en moi comme une migraine récurrente, familière. Comme une douleur que je suis mais qui me force à m’arrêter, et à trouver un moyen de l’affronter. Depuis des mois, je suis pris d’assaut par une question : « pourquoi de jeunes hommes et de jeunes femmes, de mon pays, de ma culture, dont les appartenances recouvrent a priori les miennes, décident de partir dans un pays en guerre, et pour certains de tuer au nom d’un dieu qui appartient à mon patrimoine ? ».... Cette question, violente, a pris une dimension nouvelle le soir du 13 novembre 2015, quand la rupture à l’œuvre dans le monde extérieur a éclaté en moi et m’a déchiré avec une évidence effarante : une partie de moi venait de s’en prendre et de tuer, de blesser, une autre partie de moi.
Dans ce moment de choc, j’ai couché des idées sur un papier, comme si je me parlais à moi-même. Écrire est souvent le meilleur moyen de résister à l’incompréhension, de combler l’absence de dialogue. L’écriture est à la fois le lieu et le moment qui repousse les limites d’une réalité qui nous impose ses règles. Je l’ai compris en écrivant ce texte, Lettres à Nour.

Le travail de la fiction n’est pas de rendre compte de la réalité d’une façon descriptive et fidèle : la fiction n’a pas à être vraisemblable, au contraire elle permet tout. Elle est une autre façon, décalée, différente, subversive, sensible, réfléchie, de dire la réalité, de la figurer mais dans un sens, y compris esthétique, nouveau.

J’ai voulu penser un lieu – la fiction – et un mode de dire – les lettres – pour figurer ce que l’on ne voit pas dans la réalité justement, ou si peu : une rencontre de deux raisons que tout oppose. Depuis que la violence jihadiste a fait irruption sur nos terres et dans nos chairs, on invoque des grilles de lecture sociologiques, politiques, philosophiques qui certes, nous disent des choses et qui ont leur utilité, mais auxquelles il manque d’être incarnées, d’être portées par des figures.

Je trouvais que de part et d’autre (des jihadistes qui condamnent nos sociétés comme de nos sociétés qui tentent de saisir l’inexplicable), on se contentait de décrire « l’autre », mais sans réellement le laisser parler, sans l’écouter. Ce dialogue a été pour moi, qui suis baigné dans ces questions d’un point de vue scientifique, l’occasion salvatrice de créer un face à face entre deux consciences, deux visions du monde, qui argumentent, s’opposent, déconstruisent chacune la rationalité de l’autre. Et le cadre filial, celui d’un père philosophe dialoguant avec sa fille, permet cela car ces deux figures peuvent justement s’écouter car elles restent liées par un amour fort.

L’esprit critique du père est retourné contre lui, les principes auxquels il croyait sont devenus des armes pour sa fille. L’impuissance à trouver un dialogue, une entente, un point d’accord entre deux être si proches, si complices, est la brûlure qui traverse ce texte et qui aussi, renvoie, à ce que nous vivons aujourd’hui. Ce dialogue, difficile, impossible, en attendant de le vivre, je l’ai imaginé.

Rachid Benzine

OBJECTIFS DE LA PIECE "LETTRES A NOUR"

  • Développer l’esprit critique des élèves
  • Travailler à la fois sur la pensée et l’émotion
  • Déconstruire la rhétorique de Radicalisation
  • Développer un discours alternatif

Plus de 50 représentations en Belgique et en France à l’intention des publics scolaires et associatifs, chaque lecture étant suivie d’un débat avec le public mené par une personne ressource disposant de l’expertise pour répondre aux premières questions des spectateurs.

Un dossier pédagogique a été élaboré pour travailler en amont avec les élèves. Son objectif est d’offrir aux enseignants de différentes disciplines un ensemble de ressources historiques, religieuses, géopolitiques, philosophiques, rhétoriques ou encore psychanalytique afin de mener une réflexion approfondie sur le phénomène de radicalisation. Chaque thématique est assortie de propositions d’activités pour les élèves.

En savoir plus

Pensez à réserver par mail : pmda16 chez gmail.com

Carton d’invitation

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