Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Nuit de Noël Samedi 24 décembre 2016

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"Mais c’est là, de nuit, et dans la nuit, que le jour s’est levé, qu’une lumière a brillé, et que cette lumière a éclairé tous les hommes."


Berlin, Ankara, Alep, Mogadiscio, Le Caire, Nigéria, Philippines, Etat de l’Ohio, Sinaï, Bruxelles, Minnesota, New York, Homs, Damas, Aden, Pattani (Thaïlande), Turquie, Kaboul, Syrie, Saint Etienne du Rouvray, Nice, Médine, Djakan, Ouagadougou… et je m’arrête là, la liste paraît infinie. Notre année aura été marquée par la violence folle et aveugle. Dans tous les coins de la planète, sans en épargner aucun. Nuit du monde. Il y a deux jours, quelqu’un m’avouait qu’avec toute cette actualité, étourdissante, assommante, Noël ne pouvait pas être comme les autres années. Comme une magie cassée, une innocence évanouie, une naïveté effacée. D’autant qu’il faudrait ajouter à ces violences médiatiques toutes celles que nous connaissons et que nous subissons dans nos familles, dans nos relations, au travail... Et dans nos quartiers, encore cette année si meurtris des blessures de l’incompréhension et des vengeances... Notre présence ici, dans la mémoire de la naissance d’un enfant, n’est-elle pas dérisoire ? Dérisoire, sûrement, si nous en restons à cette fête aux guirlandes scintillantes qu’on nous vend à force de papiers glacés.
Mais notre présence ici est avant tout un signe d’espérance.
Pas l’espérance de la bouteille à la mer, jetée par désespoir – encore qu’il y reste un peu d’espoir. Mais l’espérance que quelque chose se passe. Que des ténèbres, se lève une incroyable lumière. Espérance d’une force en laquelle nous pouvons vivre debout.
Et cette lumière est là, peut-être imperceptiblement, dans un enfant tout frêle, comme tout enfant aussi fragile que porteur de promesses, ouvert à l’avenir et abandonné aux hommes : Jésus, Dieu. Dieu fait homme. Celui que les prophètes attendaient et qu’ils appelaient « le Prince de la Paix ». « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi », prophétisait Isaïe. Il est la Lumière qui déchire nos obscurités, la communion qui retisse nos liens brisés, la douceur qui apaise nos brutalités. Il est la Paix. Emmanuel. « Dieu-avec-nous ». Te rends-tu compte vraiment de cette nouvelle ? « Dieu-avec-nous » ! Dieu au milieu de nous ! Dieu au milieu de ce monde et de nos vies, totalement uni à nos vies et à nos existences ! Dieu uni à ton existence ! Pour nous offrir sa présence, son amour, sa confiance et sa Paix. Tendresse de Dieu qui vient nous bouleverser et tout bouleverser. Il n’est pas là-haut dans les nuages, perché dans une puissance trop inhumaine, non, il est là, aux pieds de l’Homme, désarmé. Et désarmant, comme l’enfant qu’on accueille. Comme l’enfant qu’on prend dans ses bras et qui redonne goût en l’humanité, foi en l’avenir, chaleur à nos cœurs devenus froids. Dieu est là, offert à nous pour que nous soyons saisis par sa paix, et que nous en vivions.
Heureux, les artisans de Paix. Heureux ceux qui savent accueillir dans leurs bras et sur leur cœur cet enfant inattendu. Heureux ceux qui savent vivre de sa Paix en allant plus loin que les peurs. Heureux ceux qui au nom de cet Enfant, s’engagent pour la Paix dans leurs familles, à leur travail, dans leurs choix de vie, dans une solidarité qui reconnaît chaque être pour ce qu’il a de beau et de capable, déployant l’amour jusqu’à l’universel, s’affranchissant des barrières de toutes sortes inventées par les hommes pour organiser le monde. Heureux ceux qui luttent – car la paix est à ce prix, comme on lutte parfois pour que la flamme ne s’éteigne pas – pour que la justice et le pardon l’emportent sur la violence et la haine. Heureux ceux qui, par leur travail et leur vie, construisent jour après jour ce « Shalom » attendu, cette communion de toute l’humanité et de tout l’univers enfin réconcilié dans le cœur et la paix de Dieu !
On oppose facilement les peuples. Et pourtant, cette crèche nous vient tout juste de Corée, où l’on célèbre Noël en priant pour notre communauté… des bouts du monde, deux histoires si différentes, deux cultures si éloignées se trouvent dans une proximité étonnante et émouvante.
On oppose encore plus facilement les religieux et les religions. On les monte les unes contre les autres en leur faisant porter le poids des guerres. Certainement leurs représentants ont-ils leurs responsabilités – et nous en sommes tous. Mais ce soir, l’Enfant nouveau-né, l’Emmanuel Dieu-avec-nous, le Prince de la Paix nous offre un signe. Avec nous, chrétiens, se trouvent des amis musulmans. Leur présence ici est incompatible avec leur foi, le mystère de Noël tel que nous le comprenons et le vivons ne peut entrer en résonance avec leur confession. Mais ils sont là. Et leur prière tout à l’heure ne signera pas la fin des différences entre nous. Elle ne marquera pas le relativisme de chacun. Elle ne fera pas fi de toutes les tensions qui peuvent se vivre en ce moment même dans le monde entre chrétiens et musulmans. Elle n’est pas non plus provocation gratuite et trop facile. Mais leur présence ici-même, et leur prière tout à l’heure, sera un signe pour tous. Signe que nos prières pour la paix ne restent pas sans échos. Signe que Dieu n’est pas sourd à nos appels. Signe que le cœur de l’homme est capable d’aimer comme Jésus nous l’a révélé : aimer jusqu’au pardon, aimer à l’infini, aimer jusque dans les fragilités de nos relations, aimer tout homme sans distinction, parce que chacun est unique aux yeux de Dieu, de ce Dieu amoureux de l’homme, venu nous visiter et se donner à nous comme L’Artisan de Paix.
Signe osé, sûrement. Signe dérisoire, peut-être. La naissance de Jésus dans une mangeoire n’était pas des plus éclatantes. Et le récit de la naissance humaine de Dieu est on ne peut plus sobre. Les premiers à s’approcher du berceau sont des exclus et des rejetés, les bergers à l’odeur forte. Mais c’est là, de nuit, et dans la nuit, que le jour s’est levé, qu’une lumière a brillé, et que cette lumière a éclairé tous les hommes.
« Joie au ciel ! Exulte la terre ! chantait le psaume. Les arbres des forêts dansent de joie ! » Que cette fête de Noël nous emplisse de joie ! Joie de la paix reçue et accueillie. Joie de la paix vécue et célébrée. Joie de la paix donnée et partagée. Joie d’une paix offerte à tous et à chacun par un enfant, Jésus, Dieu fait homme, en qui tout – tout ! - est réconcilié.
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre d’Isaïe 9,1-6.

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.
Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12a.12b-13.

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice,
et les peuples selon sa vérité !

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et les convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

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