Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Parole à notre évêque, 24 mars 2018

Parole à notre évêque, 24 mars 2018

Les évêques étaient tous réunis à Lourdes du 20 au 23 mars avec plusieurs sujets de réflexion : bioéthique, lutte contre la pédophilie et la question des migrants. Mgr Gosselin nous éclaire sur ces échanges.


Mgr Gosselin a évidemment participé à l’Assemblée de printemps des évêques à Lourdes. Cette session est traditionnellement plus courte que celle de novembre. « Il s’agit d’un huis-clos sans invité extérieur. Nous avons beaucoup travaillé parce que le rythme est assez dense. Nous avons parlé en particulier de l’actualité de cette année, notamment sur les lois de la bioéthique. Un communiqué a été rendu public jeudi (22 mars) à propos de la fin de vie. Il a été signé par tous les évêques de France nominativement pour inviter à la réflexion et au respect de l’homme jusqu’à la fin de sa vie. Je fais partie de la commission bioéthique. Nous voulions informer les évêques et faire en sorte que, dans tous les diocèses de France, il y ait une participation effective des chrétiens dans ce grand débat. »
« C’est une invitation à se donner les moyens d’accompagner la vie jusqu’au bout. Pour y arriver, il faut un investissement important pour permettre vraiment ce respect de la vie. Je crois que la médecine a quand même beaucoup évolué avec des moyens efficaces de lutte contre la douleur. Dans certains cas, il peut y avoir une sédation un peu continue et profonde qui n’empêche pas des réveils mais qui permet de soulager et de ne pas être actif pour abréger la vie. Les soins palliatifs ont déjà fait leurs preuves y compris en terme de demande. Qu’est-ce qui fait qu’une personne demande à ce qu’on abrège sa vie ? C’est souvent un sentiment d’inutilité ou la souffrance. C’est une souffrance pour la personne elle-même et pour la famille. Mais il est possible de mettre en place des personnes compétentes : il y a une question de bon sens et de fraternité pour écouter et pour accompagner. De ce point de vue-là, des équipes dans les services de soins palliatifs sont très humaines, très performantes. Nous donner les moyens d’accompagner la vie jusqu’au bout fait partie du combat à mener », affirme l’évêque.

« Nous ne pouvons pas traiter la lutte contre la pédophilie comme il y a 30 ans »

Dans les échanges lors de cette assemblée de printemps, les évêques ont à nouveau parlé de lutte contre la pédophilie. « Le sujet est un peu récurrent, mais il faut tenir compte de l’actualité, de ce qui peut être donné comme conseil. Beaucoup de choses ont été vécues dans les années précédentes en terme de reconnaissance, d’insuffisance dans la prise en charge des victimes et aussi des coupables d’actes de pédophilie. Certains aspects un peu caricaturaux accusent beaucoup l’Eglise qui peut se laisser accuser à raison, mais il ne faut pas tomber dans des clichés. Il est fondamental de continuer cette lutte. Les évêques doivent garder en tête ce message : trouvons les moyens, reconnaissons la souffrance des victimes, reconnaissons que ce sujet est délicat. Nous ne pouvons pas le traiter comme il y a 30 ans, il y avait un autre contexte au niveau de la société, de la culture, pas seulement au niveau de l’Eglise. Nous évoluons donc aussi pour la prise en charge de ce grand problème qui fait souffrir beaucoup de monde et qui entame l’image que l’Eglise peut donner d’elle-même. »
Autre sujet de réflexion pour les évêques lors de leur assemblée de printemps : la question des migrants. « Nous avons eu de très bonnes interventions du service des migrants de la Conférence des évêques de France, autour de chiffres un peu objectifs sur la réalité des migrations aujourd’hui. Ces phénomènes ont toujours existé. Les chiffres actuels sont minimes par rapport à d’autres périodes de l’histoire. Mais comment relevons-nous le défi ? Je pense que ce sujet ne doit pas être clivant au cœur même de l’Eglise. Au contraire, il faut que nous nous rassemblions pour trouver un chemin commun de combat d’une certaine manière parce que l’hospitalité représente un sujet hautement biblique. Il nécessite beaucoup d’énergie et une réflexion profonde en terme de générosité et de justice », souligne Mgr Gosselin.

« Le droit des populations de rester dans leur pays »

« L’Eglise prend déjà une part importante dans l’accueil des personnes réfugiées. En terme sémantique, on distingue un migrant d’un réfugié, d’un réfugié politique. Certains choisissent de quitter leur pays parce qu’ils ont envie d’aller travailler ailleurs. Mais bien sûr, nous avons un regard tout à fait particulier et plein de miséricorde pour ceux qui sont obligés de fuir. Nous avons aussi réfléchi sur ce droit des populations de rester dans le pays dans lequel elles vivent. Souvent, ce n’est pas un droit qui est défendu. Il faut aussi qu’il y ait certaines conditions pour permettre aux personnes de rester. Le sujet est important. La Charente n’est pas la plus exposée. Les départements et diocèses frontaliers le sont davantage, il n’empêche que beaucoup d’associations permettent cet accueil de familles et de personnes de manière générale. Au niveau du diocèse, il ne faut pas simplement réfléchir mais aussi une foi qui agisse ».
Les jeunes et adultes confirmés le 7 mai dernier à Barbezieux étaient invités à se retrouver pour la Fête des Rameaux. Ils devaient partager la messe avec la communauté paroissiale avant un temps de rencontre. « C’est une occasion de faire mémoire : il y a un an se vivait Festi’Jeunes. On en a beaucoup parlé et c’est important de pouvoir, à distance, se dire que ce rassemblement était un temps très béni, d’unité diocésaine. Pour Festi’Jeunes, nous avions une volonté de célébrer ensemble avec une messe au cours de laquelle 170 jeunes et adultes ont reçu la confirmation. Nous avons pensé qu’il était peut-être intéressant d’entendre ces confirmés. Nous allons pouvoir parler des suites de la confirmation. Que change ce sacrement ? Et comment le vivent-ils ? Il paraît intéressant de les entendre », conclut l’évêque.

Erica Walter

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