Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Parole à notre évêque, 28 avril 2018

Parole à notre évêque, 28 avril 2018

En France et en Charente aussi, la réflexion sur les sujets liés à la bioéthique est en cours. Pour Mgr Gosselin, la position de l’Eglise doit évidemment s’exprimer tout en tenant compte d’un contexte scientifique et en entendant les questions que se posent les chrétiens mais aussi les autres.


Du 15 au 18 avril, Mgr Gosselin s’est rendu à Rome pour rencontrer l’Académie pontificale pour la vie. Le comité épiscopal français pour la bioéthique dont il fait partie avait en effet été invité sur place alors que la France s’interroge dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique. « Il s’agissait de pouvoir rendre compte de là où nous en étions. Je pense que l’Académie pontificale pour la vie est intéressée par l’expérience française avec un peu de dialogue, de rencontre avec la société, de partage qui ne se fait pas dans tous les pays. L’objectif était de mieux connaître notre manière de travailler, notamment avec les fiches techniques publiées sur le site de la Conférence des évêques de France et le site du diocèse de Charente. »
« Cette invitation à Rome représente aussi le signe que ces sujets liés à la bioéthique concernent l’Eglise universelle, particulièrement les pays développés. Nous ne pouvons pas simplement traiter ces questions au niveau national. Du coup, ce travail fait au niveau de la France intéresse d’autres pays européens et notamment francophones. Une réflexion mondiale s’affirme parce que les enjeux sont mondiaux : la place que nous allons donner à l’homme, le respect de toute personne humaine. Bien sûr, des questions se posent au niveau des étapes de la conception et de la fin de vie et de tout ce qui concerne l’homme avec le don d’organes ou avec la dimension d’intelligence artificielle. Ce sont des sujets qui sont extrêmement vastes. A Rome, nous avons rencontré également des scientifiques, des médecins qui nous ont parlé de leur expérience au niveau de l’Italie, mais nous voyons bien qu’il y a une réflexion commune et qui intéresse l’Eglise universelle », éclaire l’évêque.

Des questions qui se posent aux chrétiens et à ceux qui ne le sont pas

Concernant cette réflexion sur la bioéthique, Mgr Gosselin précise l’approche de l’Eglise. « L’aspect législatif dépend des pays et la position universelle de l’Eglise. En fait, il existe une participation au débat de chaque pays et également le rappel de l’enseignement de l’Eglise sur le sujet. La position de l’Eglise peut évoluer en fonction des acquisitions scientifiques. Nous ne sommes pas simplement dans une position dans laquelle nous affirmons que nous savons et nous voulons vous dire ce que nous pensons. Un réel débat est en cours. Nous n’avons pas à avoir peur a priori de ces questions, surtout que chrétien ou pas, on se rend compte qu’il y a un écho très positif. Ressort en effet que cela ne va pas de soi de légiférer, d’autoriser la recherche sur l’embryon ou autre. Cela pose question aux chrétiens comme aux non chrétiens, nous pouvons nous retrouver sur ces sujets-là avec du bon sens, de la réflexion, avec beaucoup de questions également. C’est d’ailleurs ce qui se passe au niveau des Etats généraux. »
« Sur ces questions de bioéthique, il est intéressant de confronter des positions et d’être en dialogue avec la société. C’est vrai que nous pourrions, de manière plus injonctive, rappeler la position de l’Eglise, mais si nous agissons de cette façon et que la mentalité des sociétés n’évolue pas, cela ne servira pas à grand-chose. Il s’agit d’une question de vie et de mort et elle touche donc à tous les sujets, y compris l’éducation et la formation. Nous essayons de rendre conscient le peuple chrétien de France et à notre niveau celui de Charente. Que tout le monde comprenne que ce sont des sujets capitaux. Nous l’avons vu à Angoulême avec la dernière rencontre sur la bioéthique puisque la salle était comble. Cette réflexion commence à susciter l’intérêt et je crois que nous y répondons avec des propositions diocésaines pour permettre à chacun de se forger une conviction et d’entendre aussi la position de l’Eglise », souligne l’évêque.

« Il faut que nous nous écoutions les uns les autres »

Le vendredi 4 mai, l’essayiste Jean-Claude Guillebaud a été invité à donner une conférence à la Maison diocésaine. « Avant même de changer l’homme, nous pouvons nous demander : qui est-il ? Que peut-on faire avec lui ? Il y a une quinzaine d’années, j’avais été très marqué, comme prêtre, par son livre, Le Principe d’humanité, où il parlait de la dimension génétique, informatique. D’une certaine manière, Jean-Claude Guillebaud a été assez prophétique du débat qui arrive aujourd’hui. J’ai trouvé intéressant que nous puissions avoir l’avis de ce journaliste, penseur qui a une bonne réflexion. Comment peut-il nous présenter sa réflexion de chrétien sur les débats actuels concernant la bioéthique ? C’est un avis personnel et cette dimension fait partie du débat : il faut que nous nous écoutions les uns les autres et il faut profiter de la réflexion de ceux qui ont déjà un peu mouliné ces sujets comme Jean-Claude Guillebaud sur la façon de resituer l’homme. »
« Nous pourrons ainsi ensemble définir comme une anthropologie : que peut-on dire de l’homme ? Je pense que nous ne pouvons pas nous permettre de faire l’économie de cette réflexion anthropologique. Il y a une anthropologie chrétienne, mais je crois aussi que toute société, dans la mesure où elle légifère sur l’homme a une anthropologie. Mais toutes les anthropologies ne se valent pas. Laquelle voulons-nous défendre ? Et en même temps il s’agit aussi de défendre l’homme en tant que tel. Nous ne sommes pas simplement dans une résistance, nous voulons aussi avancer en voyant que les médecins ont de nouveaux outils dans les mains. Il ne s’agit pas de dire c’est mauvais, mais à quelles conditions peuvent-ils permettre un mieux-être. Va-t-on respecter toutes les dimensions de l’homme dans sa complexité et dans son unité ? », conclut Mgr Gosselin avec cette interrogation.

Erica Walter

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