Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Parole à notre évêque du 17 décembre 2016

Parole à notre évêque du 17 décembre 2016

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Les évêques français ont lancé un appel à la solidarité pour le peuple syrien. Mgr Gosselin a aussi mis en valeur la visite de Coréens dans le diocèse en ce temps de l’Avent.


Le jeudi 15 décembre, un texte titré« Alep : qui dira qu’il ne savait pas ? » est officiellement sorti. Ce communiqué a été rédigé par le conseil permanent de la Conférence des Evêques de France. « Il exprime son inquiétude face à cette situation dramatique à Alep. Une situation que connaissent d’autres villes en Syrie, en Irak. Certes, nous pouvons en rester au stade simplement des pieuses paroles et des déclarations d’indignation. Je pense que ce n’est pas ce que l’Eglise a l’intention de faire aujourd’hui. Voir ce massacre de civils nous ramène à cette question de la guerre à quelles conditions ? Il y a une éthique nécessaire. On ne peut pas faire n’importe quoi dans n’importe quelle situation. Dans ce cas-là, la situation humanitaire est terrible comme dit le texte. Pour le Pape, il faut s’engager de toutes ses forces pour la protection des civils. C’est une obligation impérative et urgente. La Conférence des évêques de France veut donc tirer cette sonnette d’alarme et faire en sorte que les chrétiens soient bien conscients de cette situation ».
« Nous sommes solidaires de toute la planète et, là, vraiment à nos portes, cette situation en Syrie et en Irak a des conséquences très pratiques. Des milliers de personnes -des familles, des enfants, des adultes seuls- sont en effet sur les routes pour chercher un peu une terre d’asile. Comment les accueillons-nous ? C’est un sujet de solidarité humaine, politique. Doit-on considérer que ceux qui viennent de loin sont des terroristes en puissance ? Voyons-nous dans ces familles qui arrivent effectivement des familles comme nous pouvons l’être. Certaines familles ont peut-être le souvenir d’avoir fui l’occupant lors de la dernière guerre. Comment justement France, terre d’asile, considérons-nous que de nombreuses populations venant d’Espagne, du Portugal ont pu venir en leurs temps ? »

« Il faut que nous soyons encore davantage responsables »
« Cet accueil des migrants, des étrangers dont il est question est là très concrètement. Y compris dans notre diocèse, il y a des personnes qui arrivent. Comment les accueillons-nous ? Comment les intégrons-nous ? Même si pour ces personnes-là, je crois que, quand elles sont interrogées, elles disent qu’elles ne souhaitent qu’une chose : repartir chez elles, c’est évident. Je crois qu’il y a vraiment une responsabilité importante. Les chrétiens, nous prenons nos responsabilités, mais certainement pas assez. Il faut que nous soyons encore davantage responsables parce qu’il y a des situations quand même indignes à la fois dans le pays en guerre et, parfois, dans la manière dont nous les accueillons ».

« Je crois que nous pouvons vraiment faire le lien avec la période de l’Avent, la période de l’hospitalité. Il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie. Jésus a vécu cette situation avec ses parents. Il était en voyage, ce qu’il a vécu était donc sans doute moins dramatique, mais il a quand même fui ensuite en Egypte. Quand nous regardons dans la vie de Jésus, nous voyons qu’il a pris le statut des gens les plus fragiles. Je pense que le statut des personnes migrantes et des étrangers est un statut précaire, fragile et ils ont déjà vécu des traumatismes importants. Les civils qui sont en train de quitter Alep-Est, avec ce qu’ils ont vécu, comment peuvent-ils s’en sortir ? Il y a déjà tellement de blessures profondes. Il y a un sentiment peut-être de revanche qui peut les habiter. Ils ont perdu des proches, ont été spoliés de leurs biens. C’est un réel traumatisme de toutes les guerres. »
« La Conférences des évêques de France s’indigne devant ces populations civiles matraquées. En plus je crois qu’il faut être extrêmement prudent dans les analyses des situations locales. Alep-Est, cela veut dire aussi Alep-Ouest. Comment vivait cette ville ? Il ne faut pas non plus qu’on ait des clichés vus d’occident qui soient un peu à l’emporte-pièce. C’est extrêmement délicat de rentrer dans la compréhension des situations. En tout cas, la manière dont sont traités les civils aujourd’hui est inacceptable. A la suite d’autres qui s’indignent, comme des politiques par exemple, je pense que les évêques de France ont voulu se manifester contre ce qui est vécu là-bas. Du coup, ce n’est pas simplement pour nous protéger nous-mêmes en nous disant : ce qu’on peut faire, nous, cela peut nous indigner de loin. Je pense que la réponse que nous pouvons donner, c’est la manière dont nous accueillons ceux qui fuient ces situations de guerre ».

« Une petite crèche à la coréenne »
Un couple de Coréens a rendu une courte visite dans le diocèse d’Angoulême autour du 15 décembre. Jean et Thérèse Bae viennent de la paroisse Saint-Pierre Aumaître à Sonkol. « C’est un petit signe sympathique. Ce sont d’autres étrangers qui viennent. En mai dernier, un pélerinage pour les Charentais avait été organisé en Corée. Je suis parti aussi sur place, en octobre, avec le Père Benoit Lecomte, en délégation avec les évêques de France pour les 150 ans des martyrs. La visite de ce couple de Coréens pendant l’Avent, Jean et Thérèse, prolonge ces liens entre Eglises. En octobre, nous avions pu prendre contact avec la paroisse Saint-Pierre Aumaître. Nous nous étions dit : c’est là où il a vécu, on veut y aller. Et ces dernières semaines, il y a eu des échanges entre cette paroisse et des chrétiens de la paroisse Saint-Jean Baptiste, ici à Angoulême, liée à l’église Saint-Pierre Aumaître avec l’idée de faire une petite crèche à la coréenne », raconte l’évêque.
« Au départ, les Charentais ont demandé que des photos soient envoyées, et en fait un couple de Coréens est arrivé avec les personnages qui vont être placés en ce samedi soir (17 décembre) en attendant Noël dans l’église Saint-Pierre Aumaître. Nous allons voir à quoi ressemble cette crèche. Il paraît que c’est un artiste qui l’a faite. Il y aura donc une crèche coréenne unique dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste en l’honneur de Saint-Pierre Aumaître. Je trouve que c’est un beau petit signe d’espérance et aussi de richesse d’accueillir une autre Eglise qui a une spiritualité du martyr très forte et une reconnaissance éternelle pour le diocèse de Charente qui lui a envoyé Pierre Aumaître. Les Coréens évoquent beaucoup Pierre Aumaître et les autres martyrs bien sûr ».
« Jean et Thérèse, au titre de cette Eglise coréenne, viennent rencontrer la communauté. Ils iront en pèlerinage à la maison natale de Pierre Aumaître à Aizecq, iront à la cathédrale pour se recueillir devant les reliques de Saint-Pierre Aumaître, désormais gardées dans le Trésor de la cathédrale. Nous sommes très heureux de les accueillir. C’est avec joie que nous voyons cette réciprocité et peut-être aussi l’amorce d’une forme de jumelage entre les deux paroisses. Là, c’est un beau cadeau qu’ils font de leur présence et de la crèche. En parallèle, je pense qu’il y a quelque chose qui se passe également entre les jeunes Coréens et charentais pour qu’ils puissent communiquer ensemble par le biais des curés, le Père Benoit Lecomte et le prêtre là-bas. Il s’agit d’un beau signe en ce temps de l’Avent, en quelque sorte déjà des rois mages qui passent pour nous offrir la crèche. »

Propos de l’émission de RCF Charente retranscrits par Erica Walter

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