Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Parole à notre évêque du 2 décembre 2016

Parole à notre évêque du 2 décembre 2016

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Mgr Gosselin retrouvait du 2 au 4 décembre le Foyer de Charité de Tressaint pour un colloque sur e thème : Osez l’Espérance aujourd’hui.


Dans l’après-midi du 2 décembre, Mgr Gosselin rejoignait la Bretagne et le Foyer de Charité dont il était responsable avant d’être nommé en tant qu’évêque. « Je ne fais plus partie du Foyer de Charité de Tressaint. Ce colloque était déjà décidé depuis plus d’un an, avant même mon départ. A l’occasion des 50 ans du Foyer de Charité de Tressaint, il y a eu des événements toute l’année et ce colloque est le dernier. Il est organisé sur trois jours avec beaucoup d’intervenants extérieurs et retransmis en partie sur KTO et sur le site internet du Foyer de Charité de Tressaint. Je participe demain après-midi (samedi 3 décembre) à une table-ronde concernant ce thème : Osez l’Espérance aujourd’hui. La journée d’aujourd’hui (vendredi 2 décembre) était orientée sur toutes les fragilités, les handicaps, les difficultés personnelles. Demain, il sera question aussi de tout ce qui concerne la dimension ecclésiale, la vie de l’Eglise. Allons-nous oser l’espérance que nous voyons dans les diocèses dans le cadre de la nouvelle évangélisation ? »
« C’est un sujet intéressant. En tant qu’évêque, je me positionne différemment qu’en tant que prêtre il y a un an ou en tant que simple chrétien il y a quelques années. Ce thème de l’espérance est vraiment très important parce que c’est le moteur même de la vitalité de l’Eglise. C’est ce qui met, comme disait Péguy, la foi et la charité en acte, ce qui nous fait nous mettre en mouvement. Je participe avec plaisir à ce colloque à Tressaint. Je n’y suis pas retourné depuis l’été dernier, je vais donc revoir les frères et les soeurs et, en même temps, apporter une contribution même faible à ce colloque ».

« L’espérance est quelque chose d’actif »
Pour l’évêque, il y a une nuance à apporter entre l’espoir et l’espérance. « L’espoir est comme une hypothèse, c’est aléatoire. C’est une supposition. L’espérance, c’est autre chose. Elle s’appuie sur quelque chose de solide. C’est une promesse qui a été faite. C’est l’expérience aussi que, dans notre espérance chrétienne, on est sûr que cela va arriver. Quand on prie pour le retour du Christ, ce n’est pas : il va peut-être revenir ou peut-être pas. On sait qu’il va revenir. Quand ? On ne sait pas, mais on sait qu’il va revenir. On s’appuie sur un événement auquel on croit vraiment fermement. C’est cette petite nuance à faire entre espoir et espérance. Je le vois de cette façon. L’espérance est plus liée, je pense, à une dimension spirituelle d’ouverture à une certitude. J’espère que le retour du Christ est pour bientôt. Et mon espérance est que Dieu est au cœur même de ma vie, au cœur même de mes difficultés personnelles, communautaires, familiales, diocésaines. Cela signifie : je suis sûr et je m’abandonne d’une certaine manière ».
« L’espérance est quelque chose d’actif. Benoit XVI disait : la prière, c’est l’espérance en acte. Je crois que la prière, c’est quelque chose de très actif. On ne prie pas forcément pour demander quelque chose ou parce que tout va bien ou mal. J’espère parce que je prie et si j’espère, je suis à l’œuvre. C’est-à-dire que c’est toute la vie morale, la vie d’engagement au cœur de la société, au cœur de la vie de l’Eglise. On sait bien le déficit qu’il y a aujourd’hui dans l’engagement, aussi bien dans la vie associative que dans la vie de l’Eglise. Se pose la question du renouvellement de ces personnes engagées. L’important, c’est quand même cette espérance et cela suppose que je sois actif et acteur de ma vie et de la vie aujourd’hui. Ce n’est donc certainement pas une forme de démission ou de quiétisme où je me laisserais un peu aller en pensant que tout viendra du bon Dieu. Vous savez bien que le Pape a dit aux jeunes : sortez de vos canapés ! L’idée, c’est de se mettre aussi à l’œuvre. Et je pense qu’on espère et qu’on fortifie en nous l’espérance quand on va à la rencontre des autres. Quand on s’engage, on voit bien qu’il y a des choses, à ce moment, qui se mettent en place et cela renouvelle vraiment notre espérance ».
Et le lien se fait facilement avec la période de l’Avent qui permet de se préparer à Noël. « Nous sommes tout à fait dans cette dynamique. Là, on n’arrête pas de dire et la liturgie nous propose : venez, divin messie. Que vienne ton jour, que vienne la rosée sur la terre. On dit viens, mais, en fait, on sait qu’il est là. Tous les ans, c’est exactement la même chose. En permanence, on lui dit à la fois de venir et on sait qu’il est là. Ceci dit, on prend aussi conscience que, sans lui, on ne peut rien faire et il l’a dit. L’Avent correspond au fait de se tourner vers le Seigneur et de le mettre au cœur même de nos vies de chrétiens. Cela va de soi quand on est chrétien et, en même temps, ce n’est pas si simple parce qu’on a vite fait de prendre un peu les rênes en main. Ce qu’il faut que nous fassions d’ailleurs. C’est être actif dans nos vies, mais avec lui. C’est donc cette nuance et cette tension qu’on retrouve entre les deux ».

« Préparer la crèche de nos cœurs, de nos vies »
« Pour moi, il y a 3 avènements. L’évènement historique, c’est quand Jésus est venu à Noël il y a 2000 ans. C’est aussi le retour du Christ que nous attendons et nous prions pour le 3ème avènement, comme dit Saint-Anselme, lorsqu’il vient dans nos cœurs, il faut l’accueillir en nous. C’est quand même l’enjeu. Ce n’est pas simplement le petit Jésus, la crèche, les petites boules, même si c’est important parce que ces éléments mettent en condition pour. Mais le Seigneur trouvera-il, en passant dans le monde aujourd’hui, des crèches accueillantes ? Donc, l’idée de l’Avent, c’est préparer Noël, c’est préparer la crèche de nos cœurs, de nos vies afin qu’il soit le bienvenu. Quand Jésus dit : c’est chez toi que je veux demeurer. C’est exactement ce qu’il dit pour Noël. Mais y aura-t-il de la place pour lui ? A l’hôtellerie ? Donc, dans nos vies ? Pour moi, c’est cela Noël, c’est à la fois l’évocation du passé, l’attente de l’avenir et aujourd’hui, au présent, comment accueillir le Seigneur. La période de l’Avent est une période extraordinaire. Nous avons un très beau texte de la liturgie tous les jours en particulier du prophète Isaïe qui montre combien la promesse de Dieu se réalise et combien le vœu de Dieu, c’est tout de même dans une certaine félicité. C’est-à-dire dans le sens de bonheur, d’abondance aussi. Il y a de très très beaux textes et je pense que nous faire désirer Noël est quelque chose de très important ».
« Pour nos vies personnelles, cela signifie aussi quand on a des difficultés, en famille ou dans nos communautés, de dire : Seigneur, viens nous sauver. On ne peut pas continuer à vivre de cette manière là. Dans un diocèse, cela veut dire : viens Seigneur, est-ce que c’est toi que nous honorons, est-ce que c’est toi qui est notre vrai berger ? Qui suivons nous ? Qui adorons-nous ? Est-ce que c’est notre compte en banque, notre profession, notre considération, notre réputation ? Est-ce qu’il va trouver sa place ? Est-ce que nous lui laissons la place qui est la sienne ? Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas la nôtre mais, en même temps, tout ordonner à sa présence, je crois que c’est cela la vie de chrétien. Où va-t-il crécher cette année ? ».

Propos de l’émission de RCF Charente retranscrits par Erica Walter

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