Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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        Parole à notre évêque du 6 octobre 2018

Parole à notre évêque du 6 octobre 2018

Mgr Gosselin a donné le sens et l’enjeu de la session qui a rassemblé les conseils presbytéraux à Poitiers et s’est interrogé sur la dimension de mission. Jacques Bonnet a ensuite mis l’accent sur l’importance de la formation des adultes.


Du lundi 1er au 4 octobre, une session provinciale des conseils presbytéraux s’est tenue à Poitiers. Entre 80 et 90 prêtres et évêques participaient à ces journées. "Il y a à peu près deux ans, les évêques de la Province de Poitiers ont décidé d’adresser une lettre aux prêtres. L’objectif était de leur donner un certain nombre de pistes et d’orientations qui méritent un peu de réflexion. Les prêtres ont pu s’interroger pour savoir comment avoir un projet qui mutualise la Province et qui aide à renouveler aussi leur ministère. Nous avons donc décidé de faire un rassemblement à Poitiers. Pour la première fois, tous les conseil presbytéraux étaient réunis avec les évêques. Nous souhaitions avoir un temps fraternel, mieux se connaitre. Nous avons aussi partagé un temps de récollection sur les traces de Théophane Vénard à Saint-Loup-sur-Thouet, sa ville natale. Ensemble, nous avons aussi bénéficié d’un temps de formation avec des invités qui nous ont éclairé sur le contexte actuel. Au coeur de ce rassemblement, nous nous sommes retrouvés aussi entre nous pour voir s’il n’était pas possible d’avoir un projet de l’ordre de la mission. Tous les diocèses se posent en effet un peu la même question. Ici, il s’agirait de permettre à une équipe de prêtres d’être un peu itinérante au sein de la Province et de répondre à des attentes missionnaires. Il n’y a pas encore de décision prise."
S’interroger sur la dimension de la mission est essentielle et cette question revient régulièrement. "D’une certaine manière, la mission, c’est la mission de l’Eglise. Elle n’a pas changé depuis Jésus quand il envoie ses apôtres, ses disciples. La mission est la même mais comme le contexte change, il faut toujours ajuster ce que nous avons à vivre. Je pense que les missionnaires se situent dans la grande tradition de l’Eglise. C’est par notre baptême que nous sommes missionnaires et tous les baptisés sont concernés. Mais le contexte a changé avec le nombre de prêtres notamment, il faut donc avoir de nouvelles propositions. Il faut tenir compte aussi d’événements comme l’exode rural avec une sorte de désertification de certaines zones qu’il ne faut délaisser. Nous le voyons bien aussi avec les doyennés et les paroisses. Il ne suffit pas de sonner les cloches pour voir tout le monde arriver, il faut aller vers. Le Pape nous dira : « sortir aux périphéries, aller proposer la foi dans une rencontre ». Comment ? Cela nécessite formation, vie spirituelle pour être dans le dynamisme de l’Esprit. En fait, il n’y a que l’Esprit saint qui évangélise. Mais l’Esprit saint a besoin de nous. Voilà donc la mission de l’Eglise", insiste Mgr Gosselin.

"C’est l’élan intérieur, presque de coeur"

"Les vocations se situent dans le cadre de cet élan missionnaire. Théophane Vénard ou Pierre Aumaître avaient ce sens missionaire alors qu’ils avaient 15 ans. Comment dans l’esprit d’un jeune de 15 ans peut être suscité ce désir d’aller jusqu’au bout de la terre pour annoncer l’Evangile ? Il existe aussi des missions qui sont toutes proches de nous. C’est le même élan. Ce n’est pas le déplacement géographique qui définit la mission. C’est l’élan intérieur, presque de coeur. C’est en effet une affaire de coeur pour aller à la rencontre de l’autre. Nous avons besoin de nous stimuler les uns les autres comme dimanche dernier (30 septembre) à Bassac pour l’Ouest Charente, ou ce dimanche (7 octobre) à la Cathédrale pour Grand Angoulême. Nous nous retrouvons tous ensemble, tous baptisés, évêque, prêtres, diacres, laïcs, nous avons à entendre les appels de l’Esprit. Il faut le signifier par des célébrations communes et c’est l’occasion de se présenter. Je crois que nous travaillons bien ensemble à partir du moment aussi où il y a des occasions de partager."
Dans la deuxième partie de l’émission, Jacques Bonnet, diacre responsable de la formation chrétienne des adultes était invité par l’évêque. Il a pu rappeler l’enjeu de la formation : " Si on veut que chaque baptisé puisse être témoin de sa foi, du Christ ressuscité, il faut aussi qu’il en vive, qu’il demande une vie spirituelle, une vie chrétienne qui fréquente les écritures, les sacrements et qu’il puisse mettre des mots sur l’expérience vécue pour être éventuellement capable de rendre compte de sa foi", souligne Jacques Bonnet. Il évoque notamment l’Ecole de la foi, cette formation sur deux ans, un samedi par mois. Les participants témoignent souvent qu’ils manquent de mots. "La formation touche tout l’être. Elle n’est pas faite seulement pour toucher le cerveau, mais tout l’être pour descendre jusqu’au coeur. C’est cela qui est important. Une fois que nous sommes baptisés, toute notre vie doit être orientée vers le Seigneur. Elle doit tendre à l’unification. La formation, c’est pour être capable d’avancer", affirme Jacques Bonnet.

"On est ainsi capable de rendre compte de ce que à quoi on croit"

Dans le diocèse, de multiples propositions sont faites en lien avec la formation. Elles peuvent directement concerner sur la Bible : Lire la Bible en petits groupes, 1 page d’evangile = 1 expérience aujourd’hui, Jalons pour la prière personnelle... ou encore l’Ecole de la foi. "Si nous regardons les nouveaux doyennés, les nouvelles paroisses, nombreuses sont les personnes en responsabilité qui sont passées par l’Ecole de la Foi. Si nous voulons préparer l’avenir, c’est aujourd’hui que les gens doivent se former pour dans trois, quatre, cinq ans, redonner à l’Eglise ce qu’ils ont appris pour eux-mêmes. J’ai l’habitude de dire qu’un chrétien formé en vaut plusieurs parce qu’il est capable de comprendre un certain nombre de choses. Et comme pour tout dans la société, il y a beaucoup de peurs qui tombent et la parole se libère. On est ainsi capable de rendre compte de ce que à quoi on croit, du Christ qu’on a rencontré un jour ou l’autre", indique Jacques Bonnet.
Mgr Gosselin poursuit : "Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que la foi ne va pas de soi. Il faut quand même travailler dans le sens d’une recherche. Il y a un adage qui dit : « comprendre pour croire et croire pour comprendre ». La foi est intelligente et, avec toutes les objections que nous entendons à droite, à gauche, il faut à la fois avoir des arguments, mais aussi être bien dans sa tête et dans son coeur. La formation n’est donc pas un luxe pour quelques-uns mais un devoir pour tous car si on ne comprend pas, on finit pas abandonner aussi la foi. Cela ne va pas de soi. D’où ce service de la formation et cette proposition particulière de l’Ecole de la foi." D’ailleurs, si cette formation a déjà fait sa rentrée, elle est encore ouverte à ceux qui voudraient rejoindre la démarche.

Erica Walter

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