Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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        Parole à notre évêque du 8 décembre 2018

Parole à notre évêque du 8 décembre 2018

Mgr Gosselin a pris le temps de donner son ressenti sur le mouvement des « gilets jaunes ». Et puis jeudi 6 décembre, la Maison diocésaine accueillait des hommes et des femmes qui arrivaient dans l’Eglise de Charente ou qui prenaient des responsabilités.


Depuis le 17 novembre, le mouvement des gilets jaunes a été lancé en France. Cette mobilisation est née de différentes revendications. L’évêque partage son ressenti. « Ce mouvement a d’abord un peu étonné tout le monde par son importance et par sa vigueur. Mais c’était le signe que quelque chose était en train de couver. En tant que chrétien, nous pouvons le vivre aussi dans la prière en souhaitant que ce soit vraiment la paix qui soit la recherche pour tous, dans un climat de fraternité. Je comprends tout à fait la peine de ceux qui manifestent pacifiquement. S’il y a des injustices, il faut pouvoir les dénoncer et faire en sorte que chacun puisse avoir de quoi vivre. Je pense que le travail primordial de l’Etat est de permettre à tous de pouvoir vivre dans des conditions décentes. De ce point de vue-là, c’est à entendre. »
« Si ce mouvement a dégénéré dans certains lieux, à certains moments, c’est regrettable. Il existe sans doute un déficit de paroles, de lien social. Récemment une personne me disait : au moins sur les ronds-points, il y a une bonne entente. Pouvoir parler de nos problèmes nous fait du bien. Nous étions trop isolés. Une question se pose : y avait-il besoin de manifester pour pouvoir faire ce lien social ? Il faut donc entendre le cri de ceux qui peuvent vivre dans des conditions difficiles et avec qui nous vivons. Je pense que l’Etat doit travailler à la justice. Il faut vraiment être attentif. Je m’interroge sur la façon dont l’Eglise peut favoriser le dialogue si besoin. Porter cette réalité dans la prière est important parce qu’il peut y avoir un manque de justice sociale, un déficit de liens, de sens. Pourquoi vivre ? », explique Mgr Gosselin.

Pouvoir permettre à des personnes de se retrouver

« Nous pouvons parler de perte de repères. Je pense qu’il y a une forme de matérialisme, d’individualisme qui isole les personnes les unes des autres. Je pense que l’Eglise a ce rôle de pouvoir permettre à des personnes de se retrouver et pas simplement à la messe le dimanche. Nous réfléchissons à des espaces pour que chacun puisse venir parler, y compris de ses difficultés pour vivre correctement. Il y a un déficit de parole et quand la parole n’est pas possible, des excès peuvent intervenir. J’ai travaillé en prison : nous savons que, bien souvent, la violence correspond à des mots qui n’arrivent pas à être verbalisés pour exprimer un malaise. Une violence représente aussi une parole. »
« Comment dans l’Eglise peut-on annoncer la paix ? Il faut que nous prenions nos responsabilités pour établir des lieux de dialogue ou favoriser le dialogue pour que la parole soit donnée véritablement à tous », insiste l’évêque. Se pose pour lui la question des écarts entre ceux qui cherchent un emploi et ceux qui ont des salaires extrêmement hauts. On comprend la volonté d’une rémunération juste pour entretenir sa famille et avoir un avenir et des projets. « Il faut malgré tout être conscient et réaliste, avec la mondialisation et l’état économique de notre pays. Nous avons aussi des efforts à faire chacun, mais que ce ne soit pas les mêmes tout le temps. Il faut accepter de ne pas vivre au-dessus de nos moyens. L’Eglise doit être présente dans ces questions difficiles. Chaque chrétien a ses convictions, l’Eglise ne donne pas d’orientation politique, mais elle rappelle les principes d’égalité, de fraternité, de justice. Nous sommes appelés à vivre ensemble sans écraser les autres. Il faut que nous soyons plus attentifs pour plus de dialogue et de justice. »
Dans la deuxième partie de l’émission, le Père Guy Rougerie a rejoint l’évêque pour parler d’une journée de découverte du diocèse. Le jeudi 6 décembre, une vingtaine de femmes et d’hommes ont pu faire mieux connaissance avec l’Eglise de Charente et son histoire. La journée était dense de 9h à 16h30 avec repas et eucharistie et rencontre avec ceux qui travaillent sur place. « J’ai pu remarquer l’intérêt de ces participants pour cette histoire de saint Ausone jusqu’à aujourd’hui. Nous avons pris le temps de situer un diocèse, la place de son pasteur, l’évêque, et de tous ceux et celles qui collaborent avec lui : les conseils, les acteurs en pastorale, les ministres ordonnés -prêtres et diacres. Nous avons regardé les deux synodes qui jalonnent la vie du diocèse et toutes les orientations diocésaines qui en découlent », souligne le Père Guy Rougerie.

« Nous ne sommes pas seuls dans une mission »

« Nous avons fait un détour par le Concile pour comprendre ce qu’est le diocèse : l’Eglise est le corps du Christ, le temple de l’Esprit et un diocèse est une portion du peuple de Dieu. Il s’agit d’abord d’un ensemble de baptisés, sous la conduite de leur évêque, vivent de l’Evangile pour eux-mêmes et pour tous ceux et celles qui leur sont confiés baptisés ou non. J’étais très heureux que l’un des participants dise : le diocèse n’existe pas seulement pour les baptisés mais aussi pour tout homme de bonne volonté. Nous sommes envoyés pour sanctifier ce monde », explique le Père Guy Rougerie.
Dans le cadre de cette journée du 6 décembre, la Maison diocésaine a accueilli des arrivants comme trois frères de Saint-Jean, un chanoine de Saint-Augustin, un prêtre du Cameroun et des nouveaux responsables diocésains : pastorale santé, catéchuménat, fraternité Angoulême-Koudougou, des personnes qui débutent leur mission en EAP. Cette journée leur a permis de situer leur mission dans le cadre plus large d’une vie diocésaine. Mgr Gosselin précise : « c’est d’abord réaliser que nous ne sommes pas seuls dans une mission et que nous pouvons aussi compter les uns sur les autres. Je crois que c’est vraiment précieux. Nous avons besoin de ces temps de rassemblement pour se retrouver où nous pouvons partager sur ce que nous vivons. Une mission qu’elle soit à Angoulême ou ailleurs n’est pas isolée. Une journée de ce type remet les personnes en interaction, elles peuvent réaliser qu’elles font partie d’un tout. »
« C’est rassurant de voir que des frères et des soeurs répondent à un appel pour un temps déterminé, qu’ils se disent : au nom de ce qui m’anime au plus profond de moi-même, de mon intimité avec le Christ, je dis oui à un service. Un frère de Saint-Jean a fait cette remarque à la fin de la journée : c’est la première fois que je vis une journée de ce style-là et elle me permet d’entrer de plain pied dans la vie de ce diocèse qui a son histoire, son rythme et sa saveur », rapporte le Père Guy Rougerie. L’évêque poursuit : « aujourd’hui, il y a des perspectives d’avenir, d’investissement, des projets, des orientations diocésaines, il s’agit donc de reconnaître le passé, une histoire, un héritage et de savoir aussi que chacun d’entre nous peut apporter quelque chose pour contribuer au bien commun de la vie de l’Eglise. »

Erica Walter

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