Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Se déguiser, c’est pas juste enfiler un costume !

Parmi tous les préparatifs de Carnaval, la recherche du déguisement est sans aucun doute la tâche la plus ardue, car se déguiser, c’est bien plus qu’enfiler un costume.


Quand l’enfant se déguise, il se métamorphose et devient la personne qu’il souhaiterait être. Le garçon timide adopte tout à coup l’attitude téméraire du héros qu’il personnifie et la petite fille se comporte comme la princesse de son film favori. L’épée au laser permet de combattre les méchants et la baguette magique a le pouvoir de transformer le monde au gré de ses fantaisies.
Au-delà du jeu, se déguiser peut aussi être une démarche salutaire. Pour un enfant victime d’intimidation, le déguisement permet de masquer la fragilité et donne, l’espace d’un instant, l’illusion d’être plus fort, doté de pouvoirs exceptionnels et d’être libéré de la dépendance de son tyran. La fête d’Halloween peut donc procurer à certains enfants une occasion de se rassurer face à leurs faiblesses et de faire une « pause mentale », propice au développement de la résilience.

Pourquoi nos chers petits aiment-ils tant se déguiser ?
Se sentir en contrôle
Si l’enfant adore se travestir, c’est d’abord pour se sentir en contrôle. En endossant le rôle de policier/policière, roi/reine ou de Superman/Wonderwoman le temps d’un jeu, il s’offre le pouvoir de contrôler un monde sur lequel il a souvent peu d’emprise. Tout comme les super héros qu’il affectionne, il souhaite expérimenter le courage, la force, la renommée, et la persévérance.

Anticiper l’avenir
À mesure qu’il grandit, l’enfant se transforme. Son corps s’allonge, sa physionomie change, son identité sexuelle se précise et ses mouvements se raffinent. L’enfant a besoin d’apprivoiser toutes ces transformations. Lorsque le petit garçon revêt le costume de pompier, il se rassure sur son état de garçon. Avec ses talons hauts, la petite fille cherche à imiter sa mère. L’enfant peut même enfiler un costume habituellement porté par l’autre sexe pour tenter de comprendre et apprivoiser l’identité sexuelle de l’autre. Comme le petit garçon qui veut mettre du vernis à ongles ou la petite fille qui veut être le papa dans le jeu de rôle.

Cacher ses faiblesses
Le déguisement cache souvent les premiers complexes. Le garçon qui se sent peu sûr de lui retrouve de l’assurance et devient un aventurier sous sa cape de Zorro. La jeune fille qui se trouve un peu potelée cache ses rondeurs sous une robe de magicienne. Le déguisement permet de s’inventer une autre vie dans laquelle on ne laisse voir que ce qu’on veut mettre en évidence.

Le plaisir d’être quelqu’un d’autre
Les superhéros ont ceci d’enviable : ils mènent une double vie. C’est la paresse d’Alice qui l’entraîne dans ce rêve complètement fou dans lequel elle aura à confronter une méchante reine, et Superman cache en réalité un simple journaliste. L’enfant qui se déguise est excité à l’idée de berner les autres. Il joue au plus fort et au plus malin. Lorsqu’il est déguisé, l’enfant peut briser les conventions (rester calme, bien se tenir) et se laisser aller à crier, bondir ou emprunter un vocabulaire qui n’est pas le sien, et le tout, avec l’approbation des autres.

À quel âge le goût du déguisement se présente-t-il ?
Les bébés ne sont pas intéressés par le déguisement. Ce n’est que vers 3 ans, période pendant laquelle le jeu de rôle prend de plus en plus de place dans les activités de l’enfant, que celui-ci commence à vouloir changer de peau. Les premiers déguisements consistent à enfiler les bottes de papa ou les lunettes de soleil de maman. Puis le déguisement se raffine : l’enfant voudra revêtir les costumes « prêts à porter » du coin de jeu de rôle (comme le costume de pompier ou la robe de princesse), pour ensuite en venir à inventer ses propres déguisements, comme le doudou qu’il transforme en cape ou le plat de crème glacée qu’il place sur sa tête comme un chapeau en guise de pièce d’armure.

N’oublions pas : la fonction première du déguisement est de s’amuser ! Il faut laisser l’enfant libre de choisir le costume qu’il souhaite porter. Si l’enfant décide de porter un costume de « méchant » par exemple, c’est qu’il a peut-être besoin d’apprivoiser et d’exorciser ses peurs. Le choix du déguisement est symbolique : il permet à l’enfant de s’attribuer les qualités dont il a besoin à une période précise de sa vie pour se développer.

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Colette Decool
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