Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Samedi 18 février 2017 : 7ème dimanche du TO A

Samedi 18 février 2017 : 7ème dimanche du TO A


L’Homme n’est-il pas plus important que tout autre objet sanctuarisé ? N’est-il pas la seule créature créée à l’image de Dieu ? Quel soin, alors, lui apporter en permanence, pour le rendre toujours plus beau, plus grand…


Peut-être vous rappelez-vous la page d’Evangile de dimanche dernier : Jésus ne demandait pas seulement de respecter le commandement de ne pas tuer, mais il allait jusqu’à dire que celui qui se met en colère contre son frère, qui l’insulte ou le traite de fou, celui-là devra passer en jugement. Et il radicalisait ainsi l’un après l’autre les commandements de la Loi de Moïse.
Il fait encore monter les enchères aujourd’hui dans la suite de son discours : tendre la joue à celui qui frappe, donner à celui qui vole, aimer les ennemis… A croire qu’il faut toujours en faire davantage dans le domaine de nos relations humaines. Jésus provoque à un « jusqu’au boutisme » de l’amour, que lui-même arrivera à atteindre dans le don de lui-même par amour sur la croix et jusque dans sa résurrection.
Mais pour nous ? Nous nous connaissons trop bien pour savoir que les jours de soleil et quand tout va bien il nous est possible de répondre à une morale si exigeante, mais qu’il y a bien des jours où la barre est trop haute et inatteignable !
Il y a bien une lecture morale à ces pages d’Évangile, une lecture dont il ne faut pas se débarrasser trop vite et qui nous invite à de multiples conversions quotidiennes et intérieures. Mais quelque chose d’autre a attiré mon regard.
A en rester à une lecture morale, on voit les efforts qu’il nous faut faire. Mais la dernière phrase indique autre chose : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Cette phrase vient en écho à d’autres, de la Parole de Dieu entendues aujourd’hui :
Dans le Livre des Lévites : « Tu leur diras : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » : Soyez saints. Rien que ça. Le programme n’est pas moindre. Être saints !
Et encore, dans la lettre de Paul aux Corinthiens :
« Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?… Le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. »
Voilà qui vient déplacer notre regard. La Parole de Dieu n’attire pas tant l’attention sur ce que nous faisons, ce que nous devrions faire, ou ce que nous sommes capables ou incapables de faire. Elle oriente notre regard sur ce que nous sommes. Il est question de notre nature, de notre identité. La Parole de Dieu n’est pas un code moral qui viendrait nous culpabiliser de nos limites, mais elle est Révélation de qui nous sommes, qui est l’Homme, qui est ton frère, qui est ton voisin.
Et sais-tu qui est ton voisin ? Regarde-le : il est le sanctuaire de Dieu !
Regarde-toi maintenant : tu es saint, tu es un sanctuaire, créé à l’image de Dieu le seul Saint, qui « pardonne toutes tes offenses et te couronne d’amour et de tendresse », chantait le psaume.
Il arrive que des églises soient vandalisées, tabernacle forcé, statues brisées, autel souillé… On a connu des tentatives d’incendie d’église… Ces pratiques nous répugnent. Elles nous révoltent. Elles nous provoquent. Elles soulèvent en nous une profonde indignation. Le sanctuaire a été touché, profané. Et j’imagine qu’une telle chose arriverait à notre église, nous serions immédiatement vent-debout pour critiquer les actes, et dans le même temps tout faire pour remettre de l’ordre dans l’église.
Mais ce sanctuaire, dit Paul d’une autre façon que Jésus : c’est vous ! C’est toi et moi, c’est nous tous !
Et pourtant : combien de défigurations, de blessures, d’attaques, de malveillances – souvent même involontaires… laissons-nous passer, que nous ne laisserions pas passer s’il s’agissait d’une trace de chaussure sur un autel ?
L’Homme n’est-il pas plus important que tout autre objet sanctuarisé ? N’est-il pas la seule créature créée à l’image de Dieu ? Quel soin, alors, lui apporter en permanence, pour le rendre toujours plus beau, plus grand… Nous mettons des bouquets de fleurs dans nos sanctuaires de pierres… et si nous fleurissions aussi et d’abord chaque être humain que nous croisons sur nos chemins ?
Le message « moral » de Jésus ne peut se comprendre qu’à cause de cette révélation inouïe : l’Homme est un sanctuaire qui mérite toute notre piété et notre attention, tous nos soins et notre engagement.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même », disait le Livre des Lévites. Et tu seras ainsi un fils, une fille de notre Père commun, pris dans l’élan d’amour commun à tous les enfants d’une même famille humaine et divine.
Que la Parole de Dieu vienne nous réveiller, réveiller nos cœurs et renouveler notre regard sur nous-mêmes et sur les uns et les autres… et de nous redécouvrir tellement beaux les uns les autres, que seul l’Amour sera digne de conduire toutes nos relations.
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre du Lévitique 19,1-2.17-18.

Le Seigneur parla à Moïse et dit :
« Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.
Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui.
Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13

Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
Il n’agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Aussi loin qu’est l’orient de l’occident,
il met loin de nous nos péchés.
Comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,16-23.

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous.
Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’
Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’
Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-48

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »
Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.’
Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

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