Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Samedi 3 décembre 2016 : 2eme dimanche de l’Avent

Samedi 3 décembre 2016 : 2eme dimanche de l’Avent

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A quoi d’autre nous préparons-nous dans ce temps de l’Avent, qu’à la naissance d’un enfant qui est déjà né et qui vit en chacun de nous ?


On a l’habitude, et c’est normal, de regarder le temps, de lire l’histoire, de comprendre le monde à partir du début et en allant vers la fin. On n’aime pas connaître la fin d’un bon polar avant d’avoir passé toutes les étapes de l’intrigue et de nous être fait prendre par son suspens. Et il ne nous vient pas à l’idée de raconter l’histoire du monde en partant de sa fin.
C’est pourtant ce que nous regrettons quand des responsables politiques, associatifs ou de la société n’arrivent pas à nous présenter un projet, un rêve, un idéal vers lequel aller. Une suite de mesures ne dessine pas forcément un horizon, et nous préférerions partir de la fin, du but à atteindre, pour comprendre la démarche proposée. En langage théologique ou biblique, on pourrait dire qu’il manque une « eschatologie ». Il manque la question des fins dernières. Il manque l’horizon vers lequel marcher.
Nos discours d’Église, nos projets pastoraux, nos actions chrétiennes manquent souvent, eux aussi, de cette vision. C’est pourtant ce que propose la Parole de Dieu dans l’Ecriture. Et cette réalité saute à nos yeux et à nos oreilles aujourd’hui, dans le livre du prophète Isaïe : « Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra. » Qu’il nous paraît éloigné, le jour où cette réalité idyllique s’imposera à nous ! Le jour où ceux qui se mangent entre eux se retrouveront pour manger ensemble à la même table, le jour où l’hostilité laissera place à l’hospitalité ! N’est-ce pas pourtant le projet ultime de Dieu pour nous et pour la création ? N’est-ce pas là le but à atteindre, la finalité de nos vies, l’horizon d’un bonheur sans fin et d’une paix durable, d’une communion cosmique enfin réalisée ?
Saint Paul nous parle aussi de ce projet, en utilisant les termes de l’espérance. « Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. »
Regarder le monde avec le regard de Dieu, c’est le regarder à partir de sa finalité, à partir de son accomplissement. Car n’oublions jamais que tout est déjà accompli ! Qu’attendrions-nous d’autre que le Christ ne nous ait déjà donné ? Que désirons-nous de nouveau pour nous, que le baptême que nous avons reçu n’ait déjà fait de neuf ? Quel avenir voudrions-nous chercher, alors que nous sommes déjà ressuscité avec le Christ ?
A quoi d’autre nous préparons-nous dans ce temps de l’Avent, qu’à la naissance d’un enfant qui est déjà né et qui vit en chacun de nous ?
Il ne s’agit donc pas de fuir en avant vers un hypothétique futur, mais bien de vivre l’aujourd’hui en revenant sans cesse au projet de Dieu duquel nous risquons toujours de nous éloigner. Et regarder nos vies et notre monde à partir de ce projet déjà réalisé et tant désiré par l’Homme et par Dieu.
« Convertissez-vous », crie Jean le Baptiste dans son désert tant habité par les foules de tous horizons. Peut-être pourrions-nous entendre cette invitation à la conversion comme l’invitation à transformer notre façon de vivre, pour vivre comme des hommes et des femmes vivants déjà de la promesse de Dieu, de la présence de Dieu en eux.
« Heureux les artisans de paix ». Le travail à la paix qui nous préoccupe tout au long de cette préparation à Noël est accueil du projet de Dieu pour tout l’univers, accueil de ce que les juifs appellent le « Shalom », dont la racine signifie entièreté, complétion, achèvement, bien-être, autant de concepts habituellement connotés dans le mot paix. On y découvre la récapitulation de tout l’univers dans la communion de l’amour du Père éternel. Accueil de Celui qui a déjà tout accomplit par sa puissance, Celui qui était annoncé par Isaïe, qui a été reconnu par Saint Paul et qui est désigné par Jean-Baptiste : Jésus, le Christ. Noël est le Shalom attendu, que Jésus a déjà réalisé et à partir duquel nous pouvons vivre notre vie humaine en communion et en paix avec tout l’univers. Salut qui s’étend, comme le rappelle Paul, à toutes les nations : aux juifs, pour réaliser les promesses faites à nos pères, et aux païens, en raison de la miséricorde que rien n’arrête.
« Convertissez-vous donc ! » Et devenez, devenons ces « heureux artisans de paix » qui espèrent ce dont ils vivent déjà et à partir de quoi ils comprennent le monde et son histoire. En revenant à l’essentiel de la vie avec le Christ, en redécouvrant la réalité de ce Shalom et cet accomplissement, en rendant gloire à Dieu et à notre unique Seigneur, en nous accueillant les uns les autres comme le Christ nous a accueillis pour la gloire de Dieu, devenons ensemble, tout au long de cet Avent, les témoins et les acteurs non pas d’une paix qui nous attend dans un futur inaccessible, mais d’une paix qui nous précède depuis toujours, tapie dans les profondeurs de nos cœurs et de nos désirs.
Amen.


P. Benoît Lecomte

Livre d’Isaïe 11,1-10.

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.
Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
– qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs.
Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant.
La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.
Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.
Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main.
Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Psaume 72(71),1-2.7-8.12-13.17.

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu’il gouverne ton peuple avec justice,
qu’il fasse droit aux malheureux !
En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu’à la fin des lunes !
Qu’il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu’au bout de la terre !
Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.
Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 15,4-9.

Frères, tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance.
Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus.
Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu.
Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ;
quant aux nations, c’est en raison de sa miséricorde qu’elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : ‘C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom.’
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3,1-12.
En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

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