Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Séjour Jubilé d’or KOKOLOGHO

Récit du séjour de membres de la fraternité à Kokologho du 24 au 31 janvier 2018.


Le Jubilé d’Or de la paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, à Kokologho a lieu samedi 27 janvier 2018.

Depuis plusieurs mois, la Fraternité du Doyenné de Barbezieux y est invitée.
C’est seulement début septembre 2017, que les participants se décident et achètent leur billet d’avion.

Mercredi 24 janvier 2018, Carole Couribaut, Directrice de l’Institution Sainte Marie, Claire Martin, Florence Swistek, Présidente de l’OGEC ( Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique), Priscilla, en service civique au Collège Sainte Marie, Ghislaine et Jean-Pierre Audy partent pour Kokologho.
A l’aéroport de Ouagadougou, nous reconnaissons les amis du Tarn, ceux de l’Anjou et ceux de Pornic ( en tout, 40 français). Père Edouard Z. et des Sœurs nous orientent soit vers un petit car, soit vers des voitures. Dans la nuit, nous roulons tous vers Kokologho, escortés par des gendarmes, assurant notre sécurité.
Dès l’entrée dans l’enceinte de la paroisse, nous observons de nouvelles installations : un podium de 100 m²servant d’autel, couvert, construction pérenne, une deuxième grotte à la Vierge, des pavés dans la cour du presbytère, de nouvelles portes et fenêtres….. Les chambres ont été carrelées et les salles de bain ont été équipées d’un wc. L’église et les bâtiments du presbytère ont reçu un coup de pinceau.

Jeudi 25 janvier, dès 9h, sur le podium décoré par des Sœurs, des prêtres, l’évêque Mgr Joachim O. et diverses personnalités dont le second du Nabab (gouverneur) de Ouagadougou, parrain des festivités, se congratulent surtout en « mooré ». Nombreux sont les applaudissements. Plusieurs courses cyclistes attirent beaucoup de monde sur la place devant le podium où ont lieu les arrivées. Après le repas servi sous les manguiers et une courte sieste, la messe d’ordination sacerdotale du Père Théophile S. nous réunit à l’Église. Mgr Joachim O. rappelle que le prêtre missionnaire est pauvre de tout et est l’ami du Christ par excellence. Père Théophile S. partira en Algérie pour trois ans, non sans quelques craintes, car il devra rester discret. Les prêtres missionnaires d’Afrique venus nombreux sont vivement remerciés.

Vendredi 26 janvier, de 9h à 11h 30, à l’Église sont célébrés 69 mariages. La messe est animée par de nombreux chants et danses. Les tenues sont très colorées.
Dans l’après-midi, nous rendons visite au centre médical et plus particulièrement à la maternité où une dame « accoucheuse » nous accompagne à la salle de repos : 12 mamans (la plus jeune a 17 ans) sont installées sur 5 lits, avec leur bébé de un jour.
Elles partent après 24h de repos. Le mauvais état des matelas nous frappe. La pièce
manque de confort. De plus, l’accoucheuse regrette le manque de matériel à usage unique. Nous l’informons qu’un container de 65 m³ de lits médicalisés et matériel d’hôpital a été livré en 2016 au nouveau centre médical de Koudougou. Un autre est en cours d’acheminement : il a été chargé à Chalais près de Barbezieux, le 8 janvier 2018. Il faut absolument se mettre en relation avec l’abbé Jean-Marie O., responsable-santé à l’hôpital de Koudougou. C’est sûrement lui qui pourrait donner une partie du matériel que nous envoyons.
Puis, nous allons saluer le pharmacien Xavier T. nouvellement installé à Kokologho, le long de la route N1. Nous échangeons à propos du respect des ordonnances : du personnel est là, à l’officine, pour donner le maximum d’explications. Le pharmacien fait remarquer que la population a encore du mal à se passer complètement de produits à base de plantes …. Les gens acceptent peu à peu les formules chimiques.

Samedi 27 janvier : le grand jour est arrivé !
La nuit a été très bruyante : dehors, de la musique, des réglages de sonorisation, des milliers de chaises et bancs, des tivolis montés dans la cour, sur la place…..
Très tôt, les gens, les prêtres, les Sœurs ….. s’affairent dans tous les sens. Des places ont été réservées, comme d’habitude à l’église, aux amis français, aux autorités, aux choristes……. Nous nous installons dès 8h, face au podium. Nous saluons des prêtres, des Sœurs….. venus de loin, nous saluons aussi la veuve du chef de canton, Mme K. Ils sont tous là : les autorités civiles et militaires, les communautés musulmanes et protestantes, les paroissiens et amis de longue date, les scouts et services d’ordre, les donateurs……. 10 000….. 12 000 personnes. La couleur dominante est le bleu du tissu choisi pour la circonstance « 50 ANS ». La messe est un vrai spectacle avec ses chants, ses danses. Les cameramen, les photographes ne fournissent pas. L’Homélie de Mgr Joachim O. porte sur le pardon et la prière :
« La prière est la respiration de l’âme ».
A la fin, Père Paul K. ayant recouvré la voix, remercie et distribue des attestations pour les bons et loyaux services des serviteurs de l’Église, décédés ou vivants. Ainsi le cuisinier Benoît K., que beaucoup de Barbeziliens connaissent, à son poste depuis 1978, est vivement applaudi. Les amis de l’Anjou et ceux de Barbezieux sont appelés au podium.
Au nom de la Fraternité de Barbezieux, je lis le texte suivant, préparé avant de partir au Burkina Faso :
« Nous sommes 6, venus du Doyenné de Barbezieux, en Charente. Nous représentons l’une des 13 Fraternités du département en lien avec le Burkina Faso.
Quelle chance, quel immense bonheur que d’être à vos côtés pour ce Jubilé d’Or !
Père Michel Granger et Père Dominique Buisson, débordés par le travail, n’ont pu se joindre à nous et vous prient de les excuser.
Soyez assurés que tous nos amis charentais sont unis à nous par la prière. Aujourd’hui, nous sommes impressionnés par cette foule immense, par ces danses, par ces chants de grande qualité……. tous préparés depuis des jours et des jours à cette fête.
Ils expriment la joie d’un peuple foncièrement religieux, transformé par l’Évangile, plein de reconnaissance pour le passé et de confiance pour l’avenir. Nous félicitons vivement tous les organisateurs et surtout voulons vous dire que vivre une telle cérémonie est vraiment, pour nous une immense grâce. Du fond du cœur, nous vous en remercions. Nous disons selon la 2e épître aux Corinthiens dans le chapitre 9 : « Grâces soient rendues à Dieu, pour son don ineffable » et répétons sans cesse le verset 3 du psaume 113 : « Du lever du Soleil jusqu’à son couchant, que le nom de l’Éternel soit célébré ».
Puis, de la part de la Fraternité, j’ai offert le ciboire, en laiton doré, brossé et gravé.
Pour le repas, un buffet est dressé sous les manguiers dans la cour du presbytère. C’est l’occasion de saluer de nombreux prêtres venus en Charente ( Évariste O. Vincent O. Bruno B. Achille S. ……..). Charlotte, ancienne infirmière au dispensaire de Kokologho est de service au poste « infirmerie », avec son mentor. Ils ont accueilli 2 ou 3 personnes, victimes de la chaleur et de la foule. La fête s’est déroulée sans heurts, dans la paix et l’amour du Christ.
Jeanne d’Arc K., dans cette foule immense, a reconnu la « maman de Magali » ! En effet, en juillet 2000, nous l’avions invitée à un goûter dans le jardin, avec Gilbert T., un jeune burkinabè. Jeanne d’Arc et Gilbert allaient aux JMJ à Paris, comme Magali, notre fille. Jeanne d’Arc se souvient très bien de Joseph et Marie-Odile G. qui les avaient promenés dans les environs de Barbezieux.

Dimanche 28 janvier, sur le podium, le jeune prêtre Théophile S. célèbre sa première messe. Sont prévus 60 baptêmes de bébés. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur » dit le refrain.
Dans un premier défilé, les bébés sont présentés au prêtre qui les signe au front avec de l’eau bénie. Puis avec l’huile des catéchumènes, les bébés sont signés sur le cœur (pour garantir l’amour) et dans le dos (pour éviter les coups dans le dos). Et c’est la bénédiction au Saint Chrême au moment où les papiers d’État civil sont remis au prêtre. Enfin, la lumière est transmise de main en main. Pour les offrandes, nous observons une corbeille de fruits, légumes, une corbeille d’instruments et outils, un cartable …. deux personnes plus âgées apportent une calebasse vide….. en fait, pleine d’espoir.
Puis, on nous demande d’entrer dans la procession : nous chantons, nous frappons des mains…...Quelle ambiance !
Pour finir, c’est le temps des annonces avec l’envoi du nouveau prêtre à qui l’on offre un chapeau, un arc, une flèche …. symboles des missionnaires d’Afrique.
Nous croisons le père de Père Christophe V., et discutons un peu ensemble.
D’une ferveur intense, ces 4 messes nous ont tous comblés infiniment. Cette foule en liesse s’est peu à peu dispersée, les chaises, les bancs et tivolis ont été enlevés dès lundi 29.

C’est ce jour-là, que Père Paul K. nous conduit au collège Avenir Saint Michel.
Carole C. apporte aux élèves environ 13 kg de stylos et crayons.
Au Directeur, elle remet aussi, le chèque de l’opération « bol de riz » effectuée au collège Sainte Marie, durant la Semaine Sainte. Abel K., après avoir remercié, présente les effectifs de son établissement :
569 élèves dont 304 filles et 265 garçons répartis en :
- 1 classe de 6e avec 105 élèves
- 1 classe de 5e
- 1 classe de 4e
- 3 classes de 3e
- 1 classe de 2de
- 1 classe de 1e A (littéraire)
- 1 classe de Terminale A (littéraire)
On compte 30 professeurs.
Nous sommes présentés à la classe de Terminale et l’un des élèves nous remercie pour la visite et les dons de livres, de ballons…...Intervention touchante ! Nous saluons les 105 élèves de 6e. Carole C. expose le projet de correspondance personnalisée : 1 élève de 6e du collège Sainte Marie écrit à 2 ou 3 élèves de 6e du collège Avenir Saint Michel. Un échange entre professeurs ne pourrait-il pas être envisagé ?
Comme les effectifs augmentent, les besoins en manuels et fournitures scolaires sont toujours d’actualité. Des ballons de foot, des maillots seront aussi les bienvenus. Le branchement du collège au réseau électrique est prévu, si bien que le Directeur pense déjà à un équipement de bureautique. Le mieux pour tous, sera d’envoyer un chèque et le matériel sera ainsi choisi et acheté sur place par les utilisateurs.
Dans l’après-midi, nous rendons visite aux Sœurs Saint Gildas à Kokologho. Elles interviennent auprès de 6 novices. Puis, nous revenons par l’étang du barrage. L’eau permet la culture de choux, de carottes, tomates, oignons…..

C’est mardi 30 janvier, matin, que nous visitons l’immense marché de Kokologho, grouillant de monde, riche en couleurs, odeurs et bruits ….. Nous passons devant des vendeuses de fruits, tomates, patates douces, aubergines, mil, riz …. karité (noix ou beurre), arachides….. Plus loin, nous admirons les tissus (coton) dont s’occupent les couturiers, les tailleurs…..
Nous voyons des vendeurs d’essence et de carburant. Des forgerons fabriquent devant nous des portails….
Nous voyons des vélos neufs ou vieux, des pièces détachées entre les mains des mécaniciens. Des vautours tournoient au-dessus de l’abattoir (porcs et chèvres). Nous ne manquons pas de remarquer des femmes qui vendent des fagots de bois, bien utiles pour la cuisine.
Mardi après-midi, au presbytère, nous faisons le point avec les prêtres à propos de nos relations, de nos échanges et envois divers. Nous apprécions, tous, ces rencontres fraternelles qui augmentent la solidité de nos liens.
Intensifions nos prières et ne nous lassons pas d’envoyer des vélos, qui une fois réparés peuvent être vendus, des machines à coudre, des habits qui sont donnés ou vendus à prix modiques lors des kermesses……
« Aucun don nous est inutile » affirme Père Paul K.
Les colis sont bien étiquetés. Il faut poursuivre.
Père Raphaël G. remplace Père Edouard Z. Il a la ferme intention d’aménager une sorte de bibliothèque paroissiale à côté de l’école, avec les livres (romans, documentaires….) de la bibliothèque du presbytère, délaissée aujourd’hui, mais aménagée par le Père François de Gaulle, neveu du Général.

Mercredi 31 janvier, juste avant le petit-déjeuner, le Directeur du collège St Michel, accompagné de Jean G., professeur de mathématiques (« petit frère » du fondateur) et deux élèves (6e, 3e) viennent remettre une statue de bronze à Carole C. et un batik à la Fraternité ; les 3 poulets sont pour le repas du groupe, à midi. Nous sommes très touchés par ces marques de reconnaissance.
Nous partons ensuite avec Père Paul K. à Koudougou ; ou avec le car pour deux d’entre nous. L’abbé Jean-Marie O., infirmier d’état, nous fait visiter l’hôpital presque fini. Il y a 30 infirmiers ; les analyses (typhoïde, ébola, paludisme ….) sont faites sur place. Au laboratoire, nous observons au microscope, sur un frottis sanguin, la présence du parasite « plasmodium » propagé par la piqûre de certains moustiques. Nous parcourons les 3 salles de consultations, le local à pharmacie, le cabinet dentaire et nous discutons avec la responsable « santé mentale ». Nous pouvons témoigner que les dons offerts arrivent aux destinataires. Le fleurissement n’a pas été oublié. L’abbé Jean-Marie O. nous remercie encore du matériel (lits, fauteuils…) reçu. Celui, en cours d’acheminement sera aussi le bienvenu, tant les malades sont nombreux.

En conclusion,
Nous sommes enchantés de notre séjour. La chaleur de l’accueil et l’affabilité des gens nous ont marqués. Beaucoup de burkinabè sont sensibles à notre présence sur place. Ils pensent à nous et prient.
Nous revenons avec des numéros de téléphone et l’envie que grandisse encore cette Fraternité. Alors, poursuivons la mission !


Voici un article complémentaire établi par un média local :

bref 24.com

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