Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Un enfant peut-il être dépressif ?

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Un article du journal La Croix. Entretien avec Philippe Jeammet, pédopsychiatre.


La Croix : Peut-on parler de dépression chez l’enfant ?

Philippe Jeammet : Oui, la dépression existe chez l’enfant, mais elle ne se manifeste pas de la même manière que chez l’adulte. La plupart du temps, il s’agit surtout d’un mouvement dépressif. On ne parle de dépression que lorsque les symptômes s’installent dans le temps, comme dans le cas d’enfants « abandonniques » (2). Un enfant déprimé est souvent un enfant triste, qui pleure beaucoup, qui se sent menacé, qui n’a plus l’élan pour aller vers l’autre et se replie sur lui-même. Ces manifestations peuvent se combiner entre elles ou être isolées. La gravité de la déprime dépend beaucoup de l’environnement familial et du facteur héréditaire. La génétique détermine notre sensibilité aux variations émotionnelles et nous rend plus ou moins réactifs à tout ce qui se passe autour des deux émotions fondamentales de la vie que sont la peur et la confiance.

Y a-t-il plus d’enfants déprimés aujourd’hui ?

Philippe Jeammet : Il y a toujours eu des enfants déprimés, mais autrefois on ne s’intéressait pas à la psychologie. Il y a 70 ans, un enfant était considéré comme un être végétatif qui avait juste besoin de nourriture et de chaleur. À cette époque, la relation avait peu d’importance alors qu’on sait aujourd’hui qu’elle est fondamentale. C’est la qualité du lien qui va permettre à l’enfant d’être en confiance, d’être vivant et d’avoir envie d’explorer le monde. S’il a peur d’être abandonné, il va au contraire s’enfermer et se replier sur lui-même.

C’est donc avant tout le climat affectif dans la famille qui détermine l’état émotionnel de l’enfant, même s’il est vrai que le monde peut aussi s’avérer source d’angoisse. Aujourd’hui, les enfants sont plus éveillés qu’avant et donc plus sensibles à tout ce qu’ils entendent aux informations. Les parents doivent dédramatiser les situations et faire en sorte que le positif l’emporte sur le négatif. Ils sont des générateurs d’ambiance qui vont conditionner la façon dont les enfants vont vivre les événements. Même si les faits ne sont jamais neutres, l’ambiance autour compte plus que les faits eux-mêmes. Ce n’est pas toujours évident pour l’adulte, mais il faut essayer car la manière dont nous vivons une situation peut la transformer.

À quel moment faut-il consulter ?

Philippe Jeammet : Les parents doivent être attentifs au comportement de l’enfant et repérer les signes de repli, les colères, les pleurs qu’il ne faut jamais prendre pour des caprices. Il est important d’en parler, sans dramatiser ni culpabiliser, mais en s’interrogeant sur l’ambiance à la maison. Le malaise de l’enfant est toujours un révélateur de l’ambiance familiale. Voir ses parents enfermés dans la récrimination, la tristesse, la plainte ou l’inquiétude, même si pour eux ce n’est pas catastrophique, peut engendrer un sentiment de détresse. Les adultes arrivent à relativiser, mais l’enfant, lui, ressent ce qu’il vit sur le moment.

S’ils se sentent débordés, les parents peuvent, bien sûr, consulter leur médecin de famille ou un spécialiste dans les maisons d’adolescents ou les centres médico-psychologiques. Mais il existe aussi des possibilités de thérapie familiales par l’attention portée à l’autre. Une famille, quelles que soient ses difficultés, ne doit pas être un lieu de doléances permanent, mais un lieu où l’on peut se parler, exprimer de la tendresse, donner du sens et montrer qu’il y a de l’espoir. Il faut expliquer à l’enfant que la vie n’est pas parfaite, mais qu’elle vaut la peine, même s’il arrive que l’on soit triste. L’important est de s’aimer et de construire ensemble pour se projeter dans l’avenir. C’est le meilleur des antidépresseurs.

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