Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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        Une méditation pour chaque jour de la semaine sainte

Une méditation pour chaque jour de la semaine sainte

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Découvrez pour chaque jour de la semaine sainte, le témoignage de Sr Dominique, bénédictine de Maumont.


Dimanche de Pâques

Merci à toi d’être resté avec moi tout au long de cette immense semaine et d’avoir partagé ce qui fait notre vie ici, au monastère.

En toi, mon Dieu, la nuit est claire comme le jour et l’espérance sûre comme une étoile !

Je n’ai pas peur, avec cette joie-là, d’approcher ceux qui pleurent, c’est une joie qui se donne et qui pleure elle aussi et là encore, la musique seule sait bercer ainsi notre vie, avec les paroles inouïes de notre Dieu :

" Ne fallait-il pas que je souffre ainsi

pour entrer avec vous dans la Vie qui demeure ?

N’ayez plus peur,

je suis avec vous tous les jours

jusqu’à l’accomplissement de l’amour

tout en tous !"

Samedi Saint

Deux petits enfants syriens sont blottis l’un contre l’autre, ils regardent leur maison en flamme, c’est fini, tout est mort. Et la petite fille dit à son frère : "Dis, c’est ça l’enfer ?" et lui de répondre : "Oui, mais nous, on s’aime".

Ces deux enfants, c’est peut-être toi et moi aujourd’hui face à "Lui" qui est mort, lui qu’on a tué alors qu’il était tout amour, toute intelligence, toute beauté, toute douceur.

"Jésus voit l’enfer sans fond

C’est celui de tout homme son frère

Le soleil sombre avec lui

Dans l’homme, au fort de la nuit"

Aujourd’hui au monastère, on ira travailler, parce qu’on ne sait plus trop quoi faire, le cœur est ailleurs, il est là, devant le tombeau à espérer. Nous voilà toutes absolument appauvries. Notre voix pourtant module des chants splendides, des plaintes qui changent les cris en mélodies et qui espèrent. Les femmes restent là, à regarder le tombeau, à garder la vie et la mort toutes mêlées, toutes pétries d’un amour infini.

Nous attendons la nuit, cette nuit immense qui va se lever bientôt car elle commencera par un feu qui va jeter sa flamme bien haut dans le ciel noir. Les étoiles seront sur la terre, elles s’allumeront un peu partout dans le monde, là où sont des chrétiens qui prient et aiment leurs frères, le feu nouveau ! Puis les psaumes éclateront comme des fleurs printanières : Dieu ne nous a pas trahis, la Vie ne nous a pas trahis, Il est là avec nous, ce Dieu Emmanuel et jamais, au grand jamais, nous ne perdrons cette joie-là qui a traversé l’enfer ! Ne dormons pas cette nuit, ou alors, d’épuisement et de bonheur :

Alleluia, ô ma joie, Christ est ressuscité !

Vendredi Saint

La maison est vide, les volets claquent sous le vent, la porte du tabernacle est ouverte sur rien et les bénitiers sont à sec, plus d’eau, plus de chant d’oiseau, comme après un bombardement.

C’est la nuit, et on ne voit pas comment le jour a fait pour exister.

Mon péché a fait cela, je suis capable de tuer, de tuer mon bien-aimé. "Pour nous, c’est juste", ce goût amer de ne pas avoir su aimer, secourir, entourer et d’avoir voulu imposer notre mauvais désir d’écraser les autres pour les dominer ; c’est tellement dérisoire quand on voit le résultat. Pourquoi ? Pourquoi la guerre, l’horreur, l’argent et la violence...?

Écoutez-le, mon Dieu, nous demander : "Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? Pourquoi m’as-tu sempiternellement rejeté et tué ?"

Mais écoutez-le encore, encore :

"Père, pardonne-leur ! ils ne savent pas ce qu’ils font !" "Fils, voici ta mère" "Mère, voici ton fils" "Ce soir avec moi tu seras en paradis". Jésus dit cela à un criminel...alors...dis-moi, y a-t-il un lieu plus lumineux que ce lieu-là, où il est mort pour moi, pour me faire entre moi en son paradis ?


Jeudi Saint

Cette fois, ça y est, tout bascule ; ce soir, Jésus nous fait entrer dans une immense nuit qui durera trois jours et une éternité, car il nous fait entrer dans le secret de son intimité divine : "J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir".

Si je suis ici, à Maumont, c’est dans ce grand désir et comme je voudrais que le monde entier sache que ce grand désir est la lumière qui contient toute l’énergie créatrice du monde nouveau, uni dans l’amour ! Au monastère aujourd’hui, on fait tout pour qu’il n’y ait plus que cet essentiel-là : on ferme les ateliers, on rassemble toute son énergie dans le silence, dans l’écoute inlassable de la Parole, dans l’évocation de tous les visages qu’on aime et qu’on espère et on pleure avec ceux qui pleurent. Dans la nuit, il n’y a plus de paysages, il n’y a plus que des visages. Le Sien surtout !

"Prenez, mangez, c’est moi !" Il fallait l’inventer ! Son supplice odieux et insoutenable, il l’a pris à pleines mains, il l’a offert, il en a fait le lieu du désir, de l’amour accompli qui travaille toutes les horreurs du monde.

"Prenez, mangez, c’est moi !" Un repas de promesse et d’accomplissement. Nul ici n’est étranger, inconnu, absurde, car cette tendresse divine n’est pas dans un autre monde, un monde où on oublie, mais dans le nôtre où les plus isolés, les plus paumés et douloureux sont à la première place, celle du Seigneur lui-même.

Ils sont là devant toi, devant moi : "Le Corps du Christ" "Amen !"


Mercredi Saint

5 h : réveil... Je porte dans mon cœur le refrain de ces jours, la première parole chantée à l’église : "Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout".

Sans cette clé, impossible de comprendre ce jour, le plus dur de la Semaine Sainte : Jésus trahi par un des siens, par son ami qui s’appelle Judas et qu’il aime jusqu’au bout.

Tous les évangiles en parlent et nous rendent témoins de ce qui s’est passé, laissant pourtant tout ce mal sans explication, le fait brut.

Que veut dire pour Jésus "aimer Judas jusqu’au bout ?"

C’est d’abord l’avertir, lui dire, sans le désigner aux autres, qu’il a senti sa trahison, qu’il la connaît : "En vérité, l’un de vous me livrera" Pas de condamnation humiliante face aux autres, non, au contraire, un appel douloureux qui les remet tous en cause. Jésus ne met pas Judas à part, il le laisse autant qu’il peut dans le groupe des Douze, lui promettant même le Royaume s’il le veut.

Puis, il passe aux actes, il se lève de table et leur lave les pieds, il se met aux pieds de chacun d’eux ; peut-on aller plus loin en amour ? Oui, il donne à Judas le pain trempé de vin, autrement dit, il se donne lui-même à celui qui l’a vendu pour trente pièces d’argent... puis il va encore au-delà, il se heurte à la liberté de son ami, sans rien faire pour se protéger en usant de son autorité ; il respecte sa liberté ! On ne peut pas donner au mot "respecter" un sens plus fort.

J’ai envie de te serrer la main, à toi qui es resté avec moi jusque là. "Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ?" Ce qu’il y a de plus beau au monde, le baiser, peut-il être signe de trahison ? Jésus nous demande d’avoir le courage de les regarder, Judas et lui, et de voir la victoire immense de l’amour : "quand bien même tu ne m’aimes plus, je t’aimerai toujours, jusqu’au bout !"


- Mardi Saint

Oui, j’ai bien entendu ce matin au réveil Jésus me dire : "l’un de vous me livrera"

Je n’aime pas du tout quand il dit des choses de ce genre ; vite, dans ces cas-là, je m’habille et je me hâte vers l’église. Là, je retrouve mes sœurs, leurs beaux visages avec les yeux fermés sur la prière, ou attentifs à ce silence de la nuit qui nous parle de Dieu et de tous nos frères dans la nuit, de toi aujourd’hui qui me suit dans l’aventure. "L’un de vous me livrera !"

Toi que j’aime, toi qui m’as amenée ici, dans ta maison de prière, moi, je te trahirais, je t’abandonnerais ? J’ai peur de ta Parole, mon Dieu. Pourtant, je sens que c’est dans ton amour, ton amour infini, que tu me dis cette parole, que tu précises même : "tu donnerais ta vie pour moi ? le coq ne chantera pas avant que tu ne m’aies renié trois fois".

Je sais mon Dieu que je suis faible, que la peur peut me faire dévier et tomber au point de perdre ce qui pourtant me fait vivre. Mon Dieu, si jamais je te reniais, non je ne le veux pas, il faut que tu saches que je ne le veux pas... Tu me regardes encore, même morte de peur, tu me regardes, tu me sauves encore et me dis " l’esprit est ardent, mais la chair est faible !" "Je te dis cela avant que ça n’arrive pour que tu comprennes que je te connais intimement".

"L’amour est une très belle et rude histoire. Il connaît ses angoisses, mais je suis Dieu et je ne t’abandonnerai jamais. Même si les montagnes changeaient de place, moi, je ne changerai pas, mon amour pour toi ne changera pas et mon alliance de paix avec toi ne sera pas ébranlée. Courage, tiens bon, prie et reste éveillée ! Beaucoup autour de toi ont besoin de ta vigilance, c’est le temps de l’épreuve, de la preuve d’amour".

A demain, mon ami, mon amie, nous avons beaucoup à apprendre !


- Lundi Saint

Je m’éveille en portant dans le cœur un désir fou :

j’ai un trésor caché, c’est vrai, il n’y a que moi à le connaître, un parfum sans prix, et j’ai envie de la répandre sur les pieds de Jésus Christ.

J’entends Judas qui crie au gaspi, mais cela ne fait rien car je sens bien Jésus qui me regarde et me dit que j’ai tout compris.

Donner sa vie par amour, ce n’est pas la perdre, c’est embaumer le monde entier !

Toute la journée se passe avec ce désir de parfumer ceux que je rencontre en brisant le vase de mon cœur.

Donner, se donner, quel bonheur !

Rejoindre le secret du cœur de Dieu : "Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie"

Pas d’autre bonheur pour moi, quelle joie !

Tu es toujours là ?

A demain..

En savoir plus

Source : vie-monastique.com

1 réaction


7 avril 12:35, par Decool

Très bonne initiative... très belle méditation... qui nous met en communion avec ce cœur priant de notre diocèse qu’est la communauté de Maumont.

- repondre message


 

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