Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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7ème dimanche de Pâques

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TEMPS DE PRIÈRE COMMUNAUTAIRE
Paroisse Notre-Dame des Sources


Dimanche 24 mai 2020

La messe et prière sont à suivre en direct sur Facebook @angouleme.catholique.fr et sur le site internet du diocèse.

Chant : « Nous sommes le corps du Christ »

Nous sommes le corps du Christ,
Chacun de nous est un membre de ce corps.
Chacun reçoit la grâce de l’Esprit,
Pour le bien du corps entier.
Chacun reçoit la grâce de l’Esprit, Pour le bien du corps entier.

Dieu nous a tous appelés à tenir la même espérance,
Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.
Dieu nous a tous appelés à la même sainteté,
Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

Dieu nous a tous appelés à chanter sa libre louange,
Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.
Dieu nous a tous appelés à l’union avec son Fils,
Pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

Textes du jour :

• Première lecture « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » Ac 1, 12-14
• Psaume J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.
ou Alléluia ! Ps 26 (27), 1, 4, 7-8
• Deuxième lecture « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » 1 P 4, 13-16
• Évangile « Père, glorifie ton Fils » Jn 17, 1b-11a

Les textes de ce dimanche peuvent se retrouver sur le site AELF :
https://www.aelf.org/2020-05-24/romain/messe

Homélie : « La vie éternelle est déjà commencée »

L’homélie du Père Laurent Maurin est à retrouver sur le site de la paroisse :
« La vie éternelle est déjà commencée »

Solidarité :

Au moment de l’offertoire, la quête se fera en ligne.
Voici le lien que vous pouvez donner :
Merci de participer à la quête en cliquant ici

Prières Universelles :

  • « J’ai manifesté ton nom aux hommes », affirme Jésus à son Père. Nous te prions pour que la prochaine reprise du culte public se déroule dans les meilleures conditions. Que ton enseignement Seigneur, ouvre nos cœurs, conforte les résolutions prises ces derniers mois, change nos habitudes pour bâtir l’Église d’après le confinement. Prions.
  • « Écoute, Seigneur, je t’appelle », crie le psalmiste. Entends, Jésus, le cri de notre humanité saisie par la peur de lendemains très difficiles à cause de cette pandémie. Protège-la de toute dérive. Prions.
  • « … La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent… » dit Jésus : Nous te confions tous les défunts de cette terrible pandémie, afin qu’ils trouvent place dans la maison du Père, et que la souffrance si compréhensible des familles endeuillées en soit comme teintée d’espérance. Prions.
  • « Heureux êtes-vous parce que l’Esprit de Dieu repose en vous », proclame saint Pierre. Donne, Jésus, à notre communauté paroissiale cette joie ; et offre à chacun de ses membres des dons de ton Esprit Saint. Prions.

Pour méditer avec Saint Augustin

Jn 17, 1,11
1 Ayant ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : "Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie, 2 Puisque vous lui avez donné autorité sur toute chair, afin qu’à tous ceux que vous lui avez donnés, il donne la vie éternelle. 3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous, le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ. 4 Je vous ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que vous m’avez donnée à faire. 5 Et maintenant à vous, Père, glorifiez-moi auprès de vous, de la gloire que j’avais auprès de vous, avant que le monde fût.

Notre-Seigneur aurait pu en tant qu’homme, s’il l’avait fallu, prier sans proférer aucune parole ; mais en se montrant l’humble suppliant de son Père, il a voulu nous apprendre qu’il n’a pas oublié qu’il était notre maître. Aussi ses disciples trouvent-ils un sujet d’édification, non-seulement dans ses enseignements, mais dans la prière qu’il adresse pour eux à son Père. Et ce fruit précieux est à la fois pour ceux qui entendirent cette prière, et pour nous qui devons un jour la lire dans le saint Évangile. Il commence sa prière en ces termes : « Mon Père, l’heure est venue », et il nous montre ainsi que loin d’être nécessairement soumis au temps, il était le suprême ordonnateur du temps où devaient s’accomplir les actions dont il était l’auteur immédiat ou qui ne se faisaient que par sa permission. N’allons pas croire que cette heure soit venue comme amenée par le destin, c’est Dieu lui-même qui l’avait fixée dans ses décrets, car loin de nous la pensée que les astres aient pu contraindre à mourir le Créateur des astres. Mais si sa passion a été pour lui un principe de gloire, combien plus sa résurrection ? Ce qui éclate, en effet, dans sa passion, c’est son humilité bien plutôt que sa gloire. Il faut donc entendre ces paroles : « Mon Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils » ; dans ce sens : L’heure est venue de répandre la semence de l’humilité, ne différez pas les fruits de gloire qu’elle doit produire. Mais on peut demander avec raison comment le Fils a glorifié le Père, puisque la gloire éternelle du Père n’a pu subir d’amoindrissement qui serait la suite de son union avec la nature humaine, ni d’accroissement dans sa perfection toute divine. Sans doute la gloire du Père n’a pu éprouver on elle-même aucune altération, aucun accroissement, mais elle était comme amoindrie aux yeux des hommes, lorsque Dieu n’était connu que dans la Judée. C’est donc lorsque l’Évangile de Jésus-Christ eut fait connaître le Père aux nations, que le Fils a véritablement glorifié le Père. Il lui dit donc : « Glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie », c’est-à-dire : Ressuscitez-moi, afin que je vous fasse connaître à tout l’univers. Il explique ensuite plus clairement encore comment le Fils glorifie le Père, en ajoutant : « Puisque vous lui avez donné puissance sur toute chair, afin qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que vous lui avez donnés ». Cette expression, « toute chair », signifie tous les hommes, c’est-à-dire, que la partie est prise pour le tout. Cette puissance sur toute chair a été donnée par le Père à Jésus-Christ en tant qu’homme. Il leur dit donc : « Puisque vous lui avez donné puissance sur toute chair ; que votre Fils vous glorifie », C’est-à-dire, qu’il vous fasse connaître à toute chair que vous lui avez donnée, car vous ne la lui avez donnée, que pour qu’il lui donne lui-même la vie éternelle. Voyons donc si ces paroles du Sauveur : « Afin qu’ils vous connaissent, vous qui êtes le seul vrai Dieu », signifient que le Père seul est le vrai Dieu, et si au contraire nous ne devons pas en conclure que les trois personnes, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit soient Dieu. Mais c’est en vertu du témoignage du Sauveur lui-même, que nous disons que le Père est le seul vrai Dieu, que le Fils est le seul vrai Dieu, que l’Esprit saint est le seul vrai Dieu, et que le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, c’est-à-dire, toute la Trinité ne font pas trois Dieux, mais un seul vrai Dieu. On peut encore disposer la phrase, de cette manière : Afin qu’ils reconnaissent pour le seul vrai Dieu vous et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ ; et dans cette proposition se trouve compris l’Esprit saint, parce qu’il est l’Esprit du Père et du Fils, et l’amour consubstantiel de ces deux personnes divines. Le Fils vous glorifie donc en vous faisant connaître à tous ceux que vous lui avez donnés. Or, si la connaissance de Dieu est la vie éternelle, plus nous avançons dans la connaissance de Dieu, plus aussi nous avançons vers la vie éternelle. La mort n’a plus d’accès dans la vie éternelle, et la connaissance de Dieu sera parfaite, lorsque l’empire de la mort sera complètement détruit. Alors Dieu sera souverainement glorifié, parce que sa gloire sera à son comble. Les anciens ont défini la gloire, la renommée d’un homme, accompagnée d’estime et de louange. Or, si la gloire, d’un homme peut résulter de sa renommée seule, quelle sera donc la gloire de Dieu, lorsqu’il sera vu tel qu’il est ? C’est pour cela que le Psalmiste a écrit : « Bienheureux ceux qui habitent dans votre maison, ils vous loueront dans les siècles des siècles ». La gloire et la louange de Dieu, et par conséquent sa glorification, n’auront plus de fin, parce que la connaissance de Dieu sera pleine et parfaite. C’est alors que nous contemplerons dans la vie éternelle la vérité de ce que Dieu disait à Moïse : « Je suis celui qui suis » (Ex 3). Lorsque notre foi deviendra la vérité au sein de la vie elle-même, alors notre mortalité fera place à l’éternité. Mais dès cette vie Dieu est glorifié, lorsque la prédication le fait connaître aux hommes par la foi, et c’est pour cela que le Sauveur dit : « Je vous ai glorifié sur la terre ». Il ne dit pas : L’œuvre que vous m’avez commandée, mais : « Que vous m’avez donnée », paroles qui sont un éclatant témoignage en faveur du la grâce ; car que possède la nature humaine, même dans le Fils unique, qu’elle n’ait reçu ? Mais comment a-t-il consommé l’œuvre que Dieu lui a donnée à faire, puisqu’il lui restait encore la douloureuse épreuve de sa passion ? Il regarde donc comme consommé ce dont il sait avec certitude que la consommation est proche.
Il avait dit précédemment : « Mon Père, l’heure est venue, glorifiez votre Fils, afin que votre Fils vous glorifie », c’est-à-dire, que d’après l’ordre indiqué par ces paroles, le Père devait glorifier le Fils, afin que le Fils pût glorifier ensuite le Père. Ici au contraire il dit : « Je vous ai glorifie, et maintenant glorifiez-moi », c’est-à-dire, qu’il semble demander d’être glorifié comme récompense de ce qu’il a le premier glorifié son Père. Pour expliquer cette différence, il faut admettre que dans la première proposition, Notre-Seigneur s’est servi du Verbe qui exprimait le temps dans lequel les choses devaient avoir lieu, et que dans la seconde proposition, il s’est servi du passé pour exprimer une chose future, comme s’il avait dit : Je vous glorifierai sur la terre, en consommant l ’œuvre que vous m’avez donnée à faire, et maintenant glorifiez-moi vous-même, mon Père. Ces deux propositions ont donc le même sens et ne diffèrent que parce que la seconde renferme le mode de glorification que le Fils demande à son Père : « Glorifiez-moi en vous-même de la gloire que j’ai eue en vous avant que le monde fût ». L’ordre naturel de cette phrase est celui-ci : Que j’ai eue en vous avant que le monde existât. Il en est qui ont prétendu que ces paroles signifiaient que la nature humaine dont le Verbe s’est revêtu dans l’incarnation, devait être transformée dans la nature du Verbe, et que l’homme devait être changé on Dieu. Bien plus, si nous examinons de plus près leur sentiment, ils vont jusqu’à dire que l’homme est anéanti en Dieu, car personne n’oserait dire que ce changement double en aucune façon, ou augmente le Verbe de Dieu. Nous disons, nous, que celui qui nie que le Fils de Dieu ait été prédestiné, nie par-là même qu’il soit le Fils de l’homme, Jésus donc voyant arriver le temps de la glorification à laquelle il était prédestiné, demande que cette prédestination reçoive son accomplissement : « Et maintenant glorifiez-moi », etc. C’est-à-dire, il est temps que je jouisse en vous en vivant à votre droite, de cette gloire que j’ai eue en vous en vertu de votre prédestination éternelle.

Jean 17, 6 – 8 6 J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez donnés du milieu du monde. Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés : et ils ont gardé votre parole 7 Ils savent à présent que tout ce que vous m’avez donné vient de vous ; 8 Car les paroles que vous m’avez données, je les leur ai données. Et ils les ont reçues, et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de vous, et ils ont cru que c’est vous qui m’avez envoyé.
S’il veut seulement parler ici des disciples avec lesquels il vient de célébrer la cène, il ne peut être question de cette glorification dont il a parlé précédemment, et par laquelle le Fils glorifie le Père. Quelle gloire, en effet, pour Dieu, d’avoir pu être connu de onze ou de douze mortels ? Si au contraire ces paroles : « J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez donnés du monde », comprennent dans la pensée du Sauveur, tous ceux qui devaient croire en lui ; c’est vraiment alors cette glorification par laquelle le Fils donne la gloire au Père. Cette proposition : « J’ai manifesté votre nom », doit donc s’entendre comme cette autre : « Je vous ai glorifié », c’est-à-dire, que le passé est mis ici pour le futur. Cependant la suite nous autorise à regarder comme plus probable que le Sauveur parlait ici de ceux qui étaient déjà ses disciples, et non de tous ceux qui devaient croire en lui. Dès le commencement de sa prière, le Sauveur veut nous faire comprendre sous le nom de siens, tous ceux à qui il a fait connaîtra le nom de son Père qu’il a glorifié en leur donnant cette connaissance ; ce qu’il a dit précédemment : « Afin que votre Fils vous glorifie », se trouve expliqué par les paroles qui suivent : « Puisque vous lui avez donné la puissance sur toute chair ». Ecoutons maintenant ce qu’il dit de ses disciples : « J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez donnés du monde ». Est-ce donc, qu’ils ne connaissaient pas le nom de-Dieu, lorsqu’ils étaient Juifs ? Et où donc lisons-nous : Dieu est connu dans la Judée, et son nom est grand dans Israël ? Voici donc comme il faut entendre ces paroles : « J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez donnés du monde », c’est-à-dire, à ceux qui, m’écoutent en ce moment ; non pas ce nom de Dieu que vous donnent communément les hommes, mais le nom de Père, nom qui ne peut être manifesté qu’autant que le Fils est manifesté lui-même. Il n’est, en effet, aucune nation qui, avant même du croire en Jésus-Christ, n’ait eu une connaissance quelconque de Dieu, comme étant le Dieu de toutes lus créatures. Comme créateur du monde, Dieu était donc connu dans toutes les nations, avant même qu’elles eussent embrassé la foi de Jésus-Christ. Il était connu dans la Judée comme le Dieu, dont le culte était exclusif de toutes les fausses divinités. Mais son nom de Père de Jésus-Christ, par lequel il efface les péchés du monde, n’était nullement connu, et c’est ce nom qu’il manifeste à ceux que son Père lui a donnés du monde. Mais comment l’a-t-il manifesté ? Si le temps dont il a dit précédemment : « L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles n’était pas encore venue, il faut admettre que le Sauveur a employé ici le passé pour le futur.
En leur disant : « Vous me les avez donnés du monde », il leur fait comprendre qu’ils n’étaient pas du monde ; toutefois ce n’est pas à leur naissance, mais à la grâce de la régénération qu’ils en étaient redevables. Mais que veulent dire les paroles qui suivent : « Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés ? » Est-ce que le Père a jamais rien possédé que le Fils n’ait possédé lui-même ? Non sans doute ; cependant le Fils de Dieu a eu en cette qualité ce qu’il n’avait pas encore comme Fils de l’homme, alors qu’il ne s’était pas encore fait homme dans le sein de sa mère. Lors donc qu’il dit : « Ils étaient à vous », le Fils de Dieu ne se sépare point de son Père, mais il a coutume de rapporter toute sa puissance à celui de qui il tire cette puissance avec son origine. Et en ajoutant : « Vous me les avez donnés », il nous montre que c’est comme homme qu’il les a reçus de son Père. Il se les est aussi donnés à lui-même, c’est-à-dire, que Jésus-Christ Dieu a donné avec son Père à Jésus-Christ homme ce qui n’est pas avec le Père, c’est-à-dire, les hommes. En s’exprimant ainsi, il nous fait voir l’étroite union qui existe entre lui et son Père, et que la volonté de son Père est que les hommes croient au Fils, c’est pour cela qu’il ajoute : « Et ils ont gardé votre parole. »
Le Père lui a tout donné lorsqu’il l’a engendré, pour qu’il possédât tout ce qu’il possède lui-même. C’est-à-dire, ils les ont comprises et retenues, car on revoit véritablement la parole lorsqu’on la comprend intérieurement : « Et ils ont reconnu véritablement que je suis sorti de vous ». Et pour ne pas donner à penser que cette connaissance était déjà le fruit de la claire vision, et non de la foi, il explique quelle est cette connaissance, en ajoutant : « Et ils ont cru (sous-entendez véritablement) que vous m’avez envoyé ». Ils ont donc cru véritablement ce qu’ils ont reconnu véritablement. Car ces paroles : « Je suis sorti de vous », ont la même signification que ces autres : « Vous m’avez envoyé ». Il ne faut pas entendre ce que le Sauveur dit ici : « Ils ont cru, en vérité », dans le même sens que ce qu’il a dit précédemment à ses disciples : « Vous croyez maintenant, l’heure est venue où vous serez dispersés chacun de votre côté » ; mais ils ont cru en vérité, c’est-à-dire comme il faut croire, d’une foi ferme, inébranlable, forte, persévérante, qui devait les empêcher de s’enfuir chacun chez eux, et d’abandonner Jésus-Christ. Les disciples n’étaient donc pas encore tels que le Sauveur les représente, en employant le passé pour le futur, et en prédisant l’admirable changement que le Saint-Esprit devait opérer en eux. Il est facile d’expliquer comment le Père a donné ces paroles à son Fils, si l’on entend qu’il les a reçues du Père comme Fils de l’homme, si l’on entend, au contraire, qu’il a reçu ces paroles du Père comme Fils unique, il faut éloigner toutes idée de temps, et se garder de croire que le Fils de Dieu ait pu exister un seul instant sans que son Père lui ait donné ces paroles ; car tout ce que le Père a donné au Fils, il le lui a donné en l’engendrant.

9 C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que vous m’avez donnés ; parce qu’ils sont à vous. 10 Car tout ce qui est à moi est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi, et que je suis glorifié en eux. 11 Je ne suis plus dans le monde. Pour eux, ils sont dans le monde, et moi, je vais à vous. Père saint, gardez dans votre nom ceux que vous m’avez donnés, afin qu’ils ne fassent qu’un, comme nous.
Ce monde, dont le Sauveur ajoute : « Je ne prie point pour le monde », ce sont ceux qui suivent dans leur vie la concupiscence du monde, et qui ne sont point compris dans les décrets de la grâce pour être choisis par lui du milieu du monde. Ce sont ces discrets auxquels le Sauveur fait allusion par ces paroles : « Mais je prie pour ceux que vous m’avez donnés ». Par là même, en effet, que son Père les lui a donnés, ils n’appartiennent plus à ce monde pour lequel il ne prie point. Ne croyons pas, du reste, que parce que le Père les a donnés à son Fils, il ait perdu ceux qu’il a donnés ; aussi ajoute-t-il : « Parce qu’ils sont à vous ». Nous voyons assez clairement ici comment tout ce qui est au Père est aussi au Fils unique ; c’est parce qu’il est Dieu lui-même, qu’il est né du Père, et qu’il est égal au Père. Ce n’est donc point dans le même sens que le père de l’enfant prodigue disait à l’aîné de ses fils : « Tout ce que j’ai est à vous » ; (Lc 15, 31) car ces paroles doivent s’entendre de tous les biens créés qui sont au-dessous de la créature raisonnable. Les paroles du Sauveur, au contraire, comprennent la créature raisonnable elle-même qui ne peut être soumise qu’à Dieu. Comme elle appartient à Dieu le Père, elle ne pourrait appartenir en même temps au Fils qu’autant qu’il serait égal au Père ; car on ne peut sans crime assujettir les saints, dont il parle ici, à un autre qu’à celui qui les a créés, qui les a sanctifiés. Mais lorsqu’on parlant de l’Esprit saint le Sauveur dit aussi : « Tout ce qu’a mon Père est à moi », il entend les perfections qui sont de l’essence même de la divinité du Père, car ce n’est point d’une créature soumise au Père et au Fils que le Saint-Esprit aurait pu recevoir ce que le Sauveur exprime en ces termes : « Il recevra de ce qui est à moi ». En leur représentant cette glorification comme un fait accompli, il leur fait voir qu’elle entrait dans les desseins de la prédestination divine, et il voulait qu’on regardât comme certain ce qui devait nécessairement arriver. Cependant il nous faut examiner s’il s’agit ici de cette glorification dont le Sauveur a dit plus haut : « Et maintenant, mon Père, glorifiez-moi en vous » ; car s’il a été glorifié dans son Père, comment l’a-t-il été dans ses disciples ? Est-ce lorsqu’il s’est manifesté aux apôtres, et par eux à tous ceux qui ont cru à leur témoignage ? Notre-Seigneur ajoute, en effet : « Et déjà je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde ».
Si vous ne considérez que le moment où le Sauveur parlait de la sorte, ses apôtres et lui étaient encore dans le monde. Nous ne pouvons pas entendre ces paroles : « Déjà je ne suis plus dans le monde », du détachement du cœur et du progrès de l’âme dans la vie divine ; car, peut-on admettre que Jésus ait jamais eu de l’affection pour les choses du monde ? Il ne reste donc plus qu’un sens possible à ces paroles, c’est que Notre-Seigneur affirme qu’il n’est plus présent dans le monde corporellement comme il l’était auparavant. Est-ce que nous ne disons pas tous les jours, d’un homme qui est sur le point de partir, et surtout de celui qui va mourir : Il n’est plus ici ? Jésus explique d’ailleurs le sens de ces paroles, en ajoutant : « Et je vais à vous ». Il recommande donc à son Père ceux qu’il allait priver de sa présence corporelle : « Père saint, lui dit-il, conservez dans votre nom ceux que vous m’avez donnés » ; c’est-à-dire qu’il prie Dieu en tant qu’homme, pour les disciples que Dieu lui a donnés. Mais pesez bien les paroles qui suivent : « Afin qu’ils soient un comme nous ». Il ne dit pas : Afin qu’eux et nous, nous soyons un, comme nous sommes un nous-mêmes ; mais qu’ils soient un dans leur nature, comme nous sommes un nous-mêmes dans notre nature. En effet, comme en Jésus-Christ Dieu et l’homme ne font qu’une seule et même personne, nous comprenons qu’il est homme, parce qu’il prie, nous comprenons qu’il est Dieu, parce qu’il ne fait qu’un avec celui qu’il prie.

Pour clôturer notre prière en ce mois de mai dédié à Marie

V 153 – « Toi, Notre Dame »

Toi, notre Dame, nous te chantons !
Toi, notre Mère, nous te prions !

Toi qui portes la vie, toi qui portes la joie,
toi que touche l’Esprit, toi que touche la croix.

Toi qui donnes l’espoir, toi qui gardes la foi,
toi qui passes la mort, toi debout dans la joie.

Toi le cœur sur la main, toi la joie pour les yeux,
toi, le miel et le vin, ô sourire de Dieu.

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