Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Dimanche 12 janvier 2020 : Baptême du Seigneur

Dimanche 12 janvier 2020 : Baptême du Seigneur

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Le baptême de Jésus nous invite, étonnamment, mystérieusement, à aimer le monde comme Dieu l’aime, à aimer les hommes comme Dieu les aime dans son abaissement qui fait grandir tout homme.


« La voix du Seigneur domine les eaux, Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre, Voix du Seigneur dans sa force, voix du Seigneur qui éblouit » (Ps). Dieu est Dieu ! Il est toute puissance cosmique, le grand, le plus grand. Il est celui qui surpasse tout. Celui auquel même les autres dieux doivent rendre gloire, dit le psaume. Et c’est ce Dieu là, précisément, qui n’a pas craint de vivre l’incarnation. L’abaissement inouï. Devenant un petit enfant, fragile, dépendant. L’Infini s’est fait fini. L’Eternel est entré dans le temps. Dieu s’est fait homme, l’Omnipotent embrassant tout des limites de l’homme. Mystère de Noël. « Dieu-avec-nous », « Dieu avec toi ». A Noël, Dieu a, semble-t-il, perdu de sa superbe, quitté sa stature, il s’est vidé de lui-même, de sa substance, de sa puissance divine. Comment reconnaître, autrement qu’avec les yeux de la foi, la toute-puissance de Dieu dans l’enfant de la mangeoire ?
Le baptême de Jésus, dont nous faisons aujourd’hui mémoire, est un acte d’abaissement supplémentaire. Voilà que Jésus prend sa place dans la file des pécheurs, au milieu de la foule, et veut se faire baptiser par Jean. Dans le Jourdain, à l’endroit géographique le plus bas du monde (!), Jésus plonge. Dieu est sous l’eau, et sous le niveau de la mer, au milieu des pécheurs, tel un pécheur. Au plus bas de l’en-bas. Lui le Créateur de l’univers ne peut plus regarder l’homme que par dessous, par le bas.
Dieu s’est-il perdu ?
Avons-nous perdu Dieu ?
Mais au moment de ressortir de l’eau, l’Esprit se manifeste et une voix se fait entendre, la voix du Père. Jusqu’à maintenant, au cours des dimanches depuis la fête de Noël, des bergers, puis des mages étaient venus reconnaître l’enfant. Maintenant, c’est le Père qui désigne cet homme, Jésus, comme son Fils, le Fils de Dieu, révélant ainsi sa divinité. Expérience dont pourront témoigner les apôtres plus tard : « Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et les guérissait tous » (Actes). Il est celui dont Isaïe prophétisait la venue : celui qui a été « appelé selon la justice. » « Je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. » La puissance de Dieu habite cet homme. La puissance de Dieu s’exprime par cet homme. En l’homme, est la puissance de Dieu. L’homme en est capable.
Non seulement cet homme, mais par cet homme, toute l’humanité, toute humanité est touchée par la puissance divine. Lui, a été choisi pour « faire de lui l’Alliance du peuple, la lumière des nations », pour que sa divinité resplendisse sur toute humanité, sur tous les hommes ! Pour que toute humanité entre dans cette Alliance et cette puissance de vie. Voilà la « Bonne Nouvelle de la paix » qui nous est annoncée.
Ce rayonnement vient jusqu’à nous, jusqu’à toi, jusqu’à l’Église. Cette page d’Evangile nous propose un condensé de ce que nous sommes et de ce dont nous sommes capables : nous sommes aimés de Dieu, et nous sommes capables d’une puissance de vie divine. De cette puissance de vie qui est créatrice, libératrice, toute aimante. Elle nous habite. Elle se niche en nous, comme la trace de « Dieu avec toi ».
Cette puissance de vie divine n’est pas pour attirer les projecteurs et la lumière à nous, mais nous rend capables, tous, parfois – souvent – dans l’ombre, à notre tour, d’ouvrir les yeux des aveugles, de faire sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. De partager cette vie de Messie. De devenir, à notre tour, des fils et des filles de Dieu.
Notre propre baptême n’est pas celui du Christ, puisqu’il est d’abord mort et résurrection avec lui. Mais précisément, il nous fait, lui aussi, participer de cette vie divine, de cette puissance de vie infinie qui devient tout accueil et toute confiance.
Voilà des éléments précieux pour notre vie de baptisés et pour notre vie d’Eglise dans sa présence et son rapport au monde. A chacun de nous, la voix vient dire « Celui-ci est mon fils, ma fille bien-aimé(e), tu es ma fille, mon fils bien-aimé(e), en qui je trouve ma joie. » Et, chacun de nous, de vivre de cet amour incroyable de Dieu, de l’intérieur de nous-mêmes, devenant, dans toutes nos différences, chacun à sa façon, visage de Dieu, lumière de Dieu pour le monde, pour ceux qui nous entourent. Le baptême de Jésus est un acte d’amour, de confiance et d’espérance du Père pour le monde et pour les hommes, un acte dont nous devenons témoins en le continuant au quotidien. Le baptême de Jésus nous invite, étonnamment, mystérieusement, à aimer le monde comme Dieu l’aime, à aimer les hommes comme Dieu les aime dans son abaissement qui fait grandir tout homme. Le baptême de Jésus nous donne de porter, personnellement et en Eglise, ce regard d’espérance sur le monde et sur chacun. Puissance divine embrassant notre condition humaine pour que l’humanité grandisse, pour que tout homme se lève, pour que le Royaume se réalise dans le souffle de l’Esprit du Père.
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre d’Isaïe 42,1-4.6-7.

Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois. »
« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Psaume 29(28),1-2.3ac-4.3b.9c-10.

Rendez au Seigneur, vous, les dieux,
rendez au Seigneur gloire et puissance.
Rendez au Seigneur la gloire de son nom,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.

La voix du Seigneur domine les eaux,
le Seigneur domine la masse des eaux.
Voix du Seigneur dans sa force,
voix du Seigneur qui éblouit.

Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre,
et tous dans son temple s’écrient : « Gloire ! »
Au déluge le Seigneur a siégé ;
il siège, le Seigneur, il est roi pour toujours !

Livre des Actes des Apôtres 10,34-38.

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous. « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,13-17.

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

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