Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Dimanche 17 mars 2019 : 2ème dimanche de Carême C

Dimanche 17 mars 2019 : 2ème dimanche de Carême C


De la nuée, une voix se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Comme un projecteur dans la nuit. Comme une direction, plus encore comme un guide, inattendu, bienvenu. C’est Lui. Lui qui est la Lumière....


« Retrouver la Vie », dit notre thème de carême cette année. Qui dit doit retrouver quelque chose ou se retrouver soi-même, dit qu’il y a eu une perte : perte de quelque chose ou perte de repères pour se retrouver. C’est la panne de GPS. Situation de celui qui est dans le désert, désorienté, déboussolé. Ce qui arrive quand on est dans le brouillard ou en des lieux trop inconnus.
Et il y a de quoi se perdre dans les lectures du jour, traversées par tant de clairs-obscurs ! Le lecteur, nous, l’Homme, est là : entre sommeil et réveil, entre ombre et lumière, entre nuée et blancheur éclatante, entre claire vision et espérance, entre confiance et frayeur, entre présent et futur, entre nos corps et le corps glorieux du Christ. Balancé d’un côté et de l’autre, dans un équilibre instable, dans un entre-deux de contradictions. Comme sur un chemin dont on perçoit l’arrivée mais pour lequel on a perdu le point GPS.
N’en va-t-il pas ainsi, un peu, de notre vie ? Nous savons ce qui est bon, nous connaissons notre désir profond qui rejoint le désir de Dieu, nous avons l’intuition du but, de notre vocation ultime, mais nous sommes parfois, souvent, toujours un peu perdus dans les étapes que nous vivons, les choix que nous faisons, les événements que nous devons affronter… dans les méandres de nos vies.
L’Alliance, l’héritage semble rester à l’état de promesse, mais un peu inaccessible. Nos vies, comme un clair-obscur spirituel et parfois humain. Ce clair-obscur qui rejaillit dans toutes nos institutions politiques, sociales, économiques, religieuses. Parce que nous construisons ces structures à partir de ce que nous sommes, avec ce que nous sommes, tels que nous sommes.
Nos vies, entre clair-obscur et espérance, entre ombre et lumière, entre sommeil et éveil, entre crainte et confiance.
Et de la nuée, une voix se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Comme un panneau indicateur qui apparaît sur la route. Comme un projecteur dans la nuit. Comme une lumière sur la carte routière.
Comme une direction, plus encore comme un guide, inattendu, bienvenu.
C’est Lui.
Lui qui est la Lumière. La vision. L’éveil. La Présence. Le Corps.
Il est, nous dira-t-il plus tard, le Chemin, la Vérité et la Vie. Voilà ce que nous attendions ou n’attendions plus !
Le Chemin : c’est Lui !
La Vérité : c’est Lui !
La Vie : c’est Lui !
Retrouver la Vie n’est autre que reprendre le Chemin pour, dans la Vérité de ce que nous sommes, devenir Vivants !
Au cas où nous nous serions encore un peu plus perdus au début de ce carême, en oubliant de prendre la route ou en nous croyant obligés de faire un maximum d’efforts « pour plaire à Dieu », la Parole nous rappelle à l’essentiel : le but et le chemin, c’est Lui, Jésus, le visage de l’Amour, de l’Accueil, du Pardon. Si tu vas ailleurs, tu te perdras. Tu louperas le but. Et tu retomberas dans le sommeil, la torpeur, l’ombre, l’attente. Mais si tu prends le chemin, tu trouveras la Vie !
Et la Vie est en Lui, et la Vie est Lui : communion parfaite de l’Homme et de Dieu. L’Homme tout Amour.
Être tout Amour, voilà ton cheminement et ton but, notre cheminement et notre but. Écouter le Fils pour devenirs fils et filles, enfants du même Père, celui d’Abraham, de Moïse, d’Élie et de Jésus, celui qui traverse l’histoire et le temps et qui vient nous prendre avec Lui dans une filiation d’amour infini.
A travers ces textes de la Bible que nous recevons aujourd’hui, nous ne voyons pas seulement l’image du clair-obscur de nos vies. Nous trouvons ce que nous sommes en vérité : des êtres aimés de Dieu, enfants de Dieu, venant de Dieu, promis à Dieu, en Alliance avec Dieu, dans la Lumière de Dieu. Et Dieu est Amour. Nous sommes donc des êtres pleinement aimés et capables d’aimer. Capables de vivre dans l’Amour infini. Capables de réaliser cet amour par nos mains, nos paroles, nos actions, nos prières, nos pensées, nos engagements, nos constructions. Capables de retrouver la Vie et de vivre pleinement, en nous mettant à l’écoute de notre grand frère, Jésus, le Christ. Il est la Parole qui nous délivre du clair-obscur pour nous faire advenir à nous-mêmes, pour que nous soyons transfigurés avec Lui. Que notre chemin de carême nous donne de vivre cette expérience de bonheur, jusqu’à la révélation de Pâques !
Amen !

P. Benoît Lecomte

Livre de la Genèse 15,5-12.17-18.

En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate, soit le pays des Qénites, des Qenizzites, des Qadmonites, des Hittites, des Perizzites, des Refaïtes, des Amorites, des Cananéens, des Guirgashites et des Jébuséens. »

Psaume 27(26),1.7-8.9abcd.13-14.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N’écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 3,17-21.4,1.

Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre.
Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir. Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,28b-36.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

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