Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Dimanche-18-aout-2019-20eme-dimanche-TO-C

Dimanche 18 août 2019 : 20ème dimanche TO C

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote

Notre existence est ainsi faite qu’elle ressemble à une « course d’endurance » (Lettre aux Hébreux). Une course qui peut être éprouvante par moment. Courir cette course, c’est en fait vivre, et vivre avec le Christ, sûr de sa présence et de son amitié.


Il faut bien l’avouer, on aurait plutôt envie de venir à la messe pour entendre des paroles de douceur et d’amour, des paroles réconfortantes, encourageantes, de ces paroles que les gens recherchent lorsqu’ils regardent dans les rayons « bien être » « développement personnel » des librairies. Il y a tant de malheurs et de souffrance dans le monde et dans nos vies, pourquoi faut-il encore les ressasser lors de nos eucharisties, de nos « actions de grâce » ? Il y a un reproche que l’on peut et doit entendre de ceux qui ne viennent pas souvent à la messe : c’est qu’à chaque fois qu’ils viennent, ils entendent dans les intentions de prière universelle la litanie de tous les malheurs du monde, et rarement des remerciements. Ceux-là ne seront pas déçus à l’écoute des textes de ce jour. Mais si, au cours des rencontres de l’été, j’ai bien senti parfois que les belles-mères n’étaient pas toujours très facile à supporter, est-il besoin de les stigmatiser ainsi encore dans l’Evangile ? Pourquoi ce Jésus, au discours en général de bonté et de pardon, vient-il ce matin déclamer des paroles aussi dures sur lui-même et sur nous ? Lui que l’on dit être un homme de paix et de communion pourquoi annonce-t-il qu’il vient semer la division ?
Peut-être parce que, justement, l’Evangile prend en compte le tout de notre existence humaine : ce qui est bon, doux, heureux, agréable, et aussi ce qui détruit, le mal, la souffrance, le péché, les divisions, la mort. L’Evangile, et la Parole de Dieu en général, ne fait pas le tri pour délaisser une partie de notre vie et ne garder que la meilleur. Elle est reflet de la volonté de Dieu, et la volonté de Dieu est de nous aimer totalement, dans toutes les dimensions de notre expérience humaine. Le baptême que Zoé va recevoir, celui-même que nous avons nous-mêmes reçu aussi, n’est pas seulement une fête à l’occasion de la naissance d’un enfant ou la joie de se savoir aimé de Dieu. Le baptême est aussi une plongée dans l’eau, et avec elle, symboliquement, une plongée dans la mort du Christ pour ressortir de l’eau et, symboliquement – et donc réellement – vivre de la résurrection du Christ avec Lui. Le baptême est la révélation de la naissance à la vie éternelle, parce qu’il ne fait pas l’impasse sur tout ce qui nous empêche de vivre de cette vie, et qu’il l’assume totalement.
Cela est une bonne nouvelle. Bonne nouvelle pour nous, pour chacun de nous, et pour le monde. Car nous savons tous trop bien les obscurités et les ombres de nos vies, et nous savons qu’il nous est impossible par nous-mêmes d’y échapper totalement. Et plutôt que de faire semblant, plutôt que de faire comme si tout allait bien, plutôt que de chercher une prière éthérée et un peu « bisounours », l’Evangile nous rejoint dans la vérité de notre vie et dans la vérité de la vie du monde. Jusque dans ce qui est le plus moche. C’est la descente du Christ dans la mort, ce qui se joue au samedi saint, avant la résurrection et la lumière pascale.
Regardons le psaume que nous avons entendu. Il est un cri de détresse, le cri d’un homme abandonné à des souffrances terribles, mais qui cherche, au plus profond de lui, l’espérance d’être entendu par le Seigneur. Ce psaume, base de la prière juive comme tous les psaumes, Jésus lui-même l’a prié. Lui, le Fils de Dieu, le Messie, s’est tourné vers son Père pour l’implorer avec ces mots. Pour lui-même, sûrement, au soir de doute. Lorsque, comme le dit la Lettre aux Hébreux, « renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix et l’hostilité des pécheurs. » Et pour confier avec lui, dans un même cri, toute l’humanité. On connaît, alors, la réponse du Père : c’est Pâques, la vie, la lumière, la joie éternelle, précisément ce que nous célébrons dans le baptême que nous recevons.
Bonne Nouvelle pour nous, donc, parce que nous avons tout gagné avec cette amour de Dieu pour nous, amour devenu « passion » : « passion » du nom du mystère de la mort – résurrection de Jésus, et « passion » de Dieu pour l’homme, amour passionné, amour tel qu’il a tout donné et s’est donné lui-même à nous. « Je suis venu apporter un feu sur la terre », dit Jésus. Le feu de cet amour passionné, le feu de cette passion que rien ne peut arrêter, pas même la mort.
Et lorsque guettent le découragement ou l’oublie de cet amour passionné de Dieu pour nous, lorsque nous n’avons plus envie d’aimer ou de répondre à l’Amour par l’amour, rappelons-nous que Dieu continue de nous accompagner. Certes, il n’est pas toujours facile d’aimer, d’être attentionné, de donner, d’être doux et compatissant. Mais ne baissons pas les bras. Notre existence est ainsi faite qu’elle ressemble à une « course d’endurance », dit encore la Lettre aux Hébreux. Une course qui peut être éprouvante par moment, une course qui peut même provoquer des échecs, des incompréhension, des mésaventures, comme l’indique Jésus en parlant des « divisions » au sein même d’une famille. Mais c’est une course qui mérite que nous allions jusqu’au bout. Car au bout nous attendent la joie parfaite, la vérité de nos vies, la simplicité de ceux qui ont su aimer jusqu’au bout. Ne pas vivre cette course, c’est ne pas vivre tout court, et mourir. Courir cette course, c’est en fait vivre, et vivre avec le Christ, sûr de sa présence et de son amitié, sûr que nous ne pourrons pas être déçus.
Que cette Parole, apparemment dure et difficile à entendre, viennent pourtant nous rassurer, nous encourager, et relancer notre marche, dans la confiance en celui-même qui nous parle et qui vient sans cesse à nous et nous aimant totalement.
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre de Jérémie 38,4-6.8-10.

Alors les princes dirent au roi Sédécias : « Que cet homme soit mis à mort : en parlant comme il le fait, il démoralise tout ce qui reste de combattant dans la ville, et toute la population. Ce n’est pas le bonheur du peuple qu’il cherche, mais son malheur. » Le roi Sédécias répondit : « Il est entre vos mains, et le roi ne peut rien contre vous ! » Alors ils se saisirent de Jérémie et le jetèrent dans la citerne de Melkias, fils du roi, dans la cour de garde. On le descendit avec des cordes. Dans cette citerne il n’y avait pas d’eau, mais de la boue, et Jérémie enfonça dans la boue. Ébed-Mélek sortit de la maison du roi et vint lui dire : « Monseigneur le roi, ce que ces gens-là ont fait au prophète Jérémie, c’est mal ! Ils l’ont jeté dans la citerne, il va y mourir de faim car on n’a plus de pain dans la ville ! » Alors le roi donna cet ordre à Ébed-Mélek l’Éthiopien : « Prends trente hommes avec toi, et fais remonter de la citerne le prophète Jérémie avant qu’il ne meure. »

Psaume 40(39),2.3.4.18.

D’un grand espoir
j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi
pour entendre mon cri.

Il m’a tiré de l’horreur du gouffre,
de la vase et de la boue ;
il m’a fait reprendre pied sur le roc,
il a raffermi mes pas.

Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.
Beaucoup d’hommes verront, ils craindront,
ils auront foi dans le Seigneur.

Je suis pauvre et malheureux,
mais le Seigneur pense à moi.
Tu es mon secours, mon libérateur :
mon Dieu, ne tarde pas !

Lettre aux Hébreux 12,1-4.

Frères, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu. Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,49-53.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis et vendredis de 16h30 à 18h30

Contact

adresse Paroisse Saint Jean-Baptiste
28 rue Pierre Aumaître
16000 Angoulême
+336 09 78 55 52
Paroisse Saint Jean-Baptiste
Accueil à la paroisse les mardis de 10h à 12h



-