Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Dimanche 22 mars 2020 : Évangile et homélie du Père Florian

Dimanche 22 mars 2020 : Évangile et homélie du Père Florian

4e du carême

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« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait »


Bonjour à tous,
Depuis l’Oratoire où je porte chacun d’entre vous dans ma prière, je vous envoie l’homélie que vous auriez pu entendre si nous nous étions retrouvés. Je célébrerai la messe à 11h en ce jour. Bon dimanche à tous,

P. Florian

ÉVANGILE selon Saint Jean 4, 43-54
En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! » Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : « Nous voyons ! », votre péché demeure »

HOMÉLIE du Père FLORIAN

Qui est abandonné du Seigneur ? Nous le croyons, personne ! Or, il est des moments où l’on peut se sentir seul ou abandonné. Il y a là en fait une question de foi et je voudrais m’attarder sur cette question de la foi.

L’oraison de cette messe demandait l’augmentation en nous de la foi et c’est l’un des problèmes suscité par notre évangile car au fur et à mesure que nous voyons la foi de l’aveugle guéri grandir, au fur et à mesure que nous voyons la lumière entrer dans sa vie, nous voyons les pharisiens s’enfermer dans leur incrédulité et s’enfoncer dans l’obscurité. Regardons d’un peu plus près comment la foi de cet aveugle de naissance a grandi, comment la lumière est entrée dans sa vie, car cette histoire ne nous parle pas d’abord d’une guérison physique mais d’une guérison spirituelle.

Il y a une chose dans notre évangile qui est surprenante. Habituellement, Jésus opère un miracle quand on le lui demande, mais là, il va de lui-même mettre de la boue sur les yeux de l’aveugle sans que personne n’intervienne. Cela peut nous aider à réaliser que Dieu a toujours l’initiative de la foi dans nos vies. Ce qui peut nous surprendre encore, c’est qu’alors que cet homme est aveugle, Jésus lui met de la boue dans les yeux : c’est a priori pas cela qui va arranger les affaires ! Si je n’y vois pas, ajouter de la boue sur les yeux ne peut aider en rien, au contraire. Jésus n’est pas en avance non plus sur son temps et il ne joue pas en pratiquant des masques de boues curatives : cette terre n’a aucun pouvoir en elle-même, elle ne tient son pouvoir que des paroles de Jésus, de l’acte de foi que pose l’aveugle et elle a pour but de rappeler la création d’Adam, modelé, dans le récit de la Genèse, à partir de la terre : par cette boue, Jésus signifie, qu’il est le Créateur et qu’il fait toutes choses nouvelles.

Après avoir eu l’initiative pour emmener le croyant sur le chemin de la foi, il opère dans le croyant une véritable nouveauté et cette nouveauté, au premier abord, provoque la joie : c’est la joie du converti. Cela dit, pour que cet aveugle guérisse, il aura fallu, non pas qu’il se frotte lui-même les yeux pour enlever cette boue, mais qu’il aille jusqu’à la piscine de Siloë, ce qui a probablement dû lui coûter un effort, et il aura fallu plus qu’une obéissance : il aura fallu la confiance, et cette confiance sera éprouvée. Voilà que l’immersion dans cette eau avec ce début de foi qui est la sienne, nous rappelle le baptême qui nous purifie, nous donne de voir, de grandir dans la foi. Cette baignade dans la piscine de Siloë est comme une initiation au mystère de Dieu, initiation qui est appelée à être dépassée et c’est ce qui va se produire dans la suite de l’histoire.

On l’amène donc devant les pharisiens où il va devoir rendre compte de sa foi et s’exposer ; et voilà que commence une saga judiciaire qui débouche sur une erreur judiciaire : le vrai Juge, à savoir Jésus, n’est pas considéré et ceux qui ne tiennent que par délégation le droit de juger, prononcent un verdict partisan qui fait fi de la vérité. Mais les pharisiens ne sont pas les seuls à juger, car Jésus aussi prononce un jugement. Aujourd’hui, il en prononce même deux : le premier innocente l’aveugle quand le second condamne ceux qui prétendent voir et savoir. A la question des disciples sur les causes de cécité de cet homme, Jésus explique que ni lui ni ses parents n’ont commis de péché ayant provoqué ce handicap : « ‘Est-ce lui qui a péché ou bien ses parents’ ? Jésus répondit : ‘Ni lui, ni ses parents’ ». Ici, Jésus expose clairement qu’il n’y a pas de lien entre le handicap et la sainteté de celui qui porte ce handicap : le handicap n’est pas une punition envoyée par Dieu, Dieu n’envoie pas le mal ou le malheur. Jésus ne s’attarde pas à expliquer le mal et son origine, ce n’est pas cela qui l’intéresse : il est venu le combattre et l’aveugle est déclaré innocent. Le deuxième jugement portera sur ceux qui, pleins de suffisance, ne verront pas les signes que Dieu donne, seront assurés de voir et de tout discerner. Et la sentence terrible tombe : « Votre péché demeure ». Ce qui est douloureux dans cet évangile, en plus de l’injuste exclusion de l’aveugle guéri, c’est la concomitance entre d’un côté la vie de la grâce qui se déploie chez l’aveugle et la vie de la grâce qui s’éloigne des pharisiens. Dans notre monde, il en est de même, il y a ceux qui s’ouvrent et ceux qui se ferment et cet écartèlement est douloureux.

L’aveugle est donc éprouvé, interrogé par un tribunal, et finit par être expulsé de la communauté car la guérison n’a pas suivi les règles établies. Tout le monde aurait pu se réjouir, tout le monde aurait dû se réjouir. Il se retrouve seul, même ses parents qui avaient peur ne l’ont pas soutenu. Jésus, apprenant qu’il avait été expulsé, vient à sa rencontre et les deux hommes se parlent. L’aveugle ne l’avait pas encore vu de ses yeux, il l’avait juste écouté et lui avait juste obéi. Cela ne peut pas ne pas nous faire penser au moment où nous rencontrerons le Christ et où nous le verrons de nos yeux, ce qui m’invite à nous demander si nous écoutons sa voix, si nous lui obéissons, si nous témoignons de lui et lui restons fidèles. Toujours est-il que l’aveugle vit cela et ce doit être une grande joie. Là encore, il continue à poser un acte de foi.

Cet acte de foi, il est toujours temps de le poser et saint Paul, dans la deuxième lecture, nous dit : « sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres qui ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. » Le meilleur lieu que je connaisse pour cela est le sacrement de Réconciliation : Nous, nous sommes alors comme cet aveugle qui est allé se laver à la piscine de Siloé qui signifie envoyé. Si nous sommes comme cet aveugle qui a retrouvé la vue, c’est parce que nous avons été baptisés. C’est comme si l’eau de notre baptême nous avait lavés, purifiés de ce qui nous enferme dans le péché, dans le mal, dans les ténèbres. Et Jésus va délivrer l’aveugle de son péché aux yeux des hommes en lui redonnant la vue et il va l’envoyer pour être témoin du miracle qu’il a opéré. Lorsque l’on est baptisé, c’est la même chose : par le baptême, Dieu vient nous délivrer du péché originel, il nous donne la force de dire non à Satan et il nous ouvre les yeux sur ce qui est bon et mal. Et encore mieux, par le baptême, il nous donne de pouvoir recevoir d’autres sacrements pour nous aider à témoigner de sa présence dans notre monde : c’est pour nous une nouvelle naissance jalonnée d’événements heureux ! Ainsi la Confirmation et l’Eucharistie, données pour témoigner, font notre joie et la Réconciliation pour nous libérer de l’emprise de Satan ou nous rouvrir les yeux si nous les avons laissés se fermer nous donne du souffle pour repartir. Et il est important de se confesser car sinon comment voulez-vous témoigner de quelque chose ou partir en mission si nous ne voyons pas notre chemin ? Car ce qu’opère la Réconciliation, c’est la réactualisation de la grâce que nous avons reçue au baptême, autrement dit, c’est comme si nous étions replongés dans la piscine baptismale pour être envoyés. Et cette mission de chrétiens quelle est-elle ? Cette mission, c’est de produire la justice, la bonté et la vérité, savoir reconnaître où sont le bien et le mal, c’est de combattre du côté de la lumière pour faire reculer les ténèbres, c’est préférer la lumière aux ténèbres, c’est une famille chrétienne à édifier, une communauté paroissiale pour et dans laquelle on se donne selon nos moyens. On comprendra que le témoignage chrétien est important afin de faire reconnaître que Celui qui nous fait vivre, c’est Jésus, lui qui est notre joie.

Nous aurions dû célébrer aujourd’hui le deuxième scrutin (non pas des élections municipales) mais de Cathy qui se prépare au baptême. Si le baptême sera repoussé de quelques semaines, le Seigneur demeure présent et vous regarde, Cathy, de son regard aimant comme il regardait l’aveugle-né. La patience, le désir approfondi creuse notre joie de nous savoir appartenir au Seigneur.

Que le Seigneur nous trouve heureux d’être chrétiens et de lui appartenir,

Amen.

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ère FLORIAN

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