Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Dimanche 3 mars : 8ème dimanche TO C

Sacrement des malades

Nous sommes appelés à être une Église qui, par ses actions et ses paroles de charité et de pardon, d’accueil et de soin, d’attention et de fraternité, témoigne Celui qu’elle sert et qu’elle signifie : Jésus Christ.

Une Église qui, comme ce matin, célèbre la tendresse de Dieu au cœur de nos fragilités.


L’Évangile est toujours d’actualité. Mais il y a des pages d’Évangile qui tombent à pic. Plus encore : qui tombent comme un pic, comme un aiguillon, dirait saint Paul. La page d’aujourd’hui ne pouvait pas mieux tomber. Je la reçois, nous la recevons dans le contexte de l’actualité de l’Église, des révélations de scandales qui n’en finissent pas, d’un sommet international sur les affaires de pédophilies, d’un livre dénonçant les pratiques homosexuelles au sein de membres du Vatican, d’un nonce apostolique rattrapé par des accusations d’agressions sexuelles, d’un film rapportant l’affaire Preynat, du nom de ce prêtre lyonnais accusé de tant de délits. « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître… Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? » Comment l’Église, porteuse de tant d’idéaux et de discours moraux, ne peut-elle pas entendre pour elle-même cette page d’Évangile ô combien interpellante ? « Hypocrite », s’exclame Jésus. « Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la pailler qui est dans l’œil de ton frère. » « Hypocrites. » Le pape reprenait ce même terme dans son discours clôturant le sommet de la semaine dernière au Vatican : « L’écho du cri silencieux des petits, qui, au lieu de trouver [dans les consacrés malhonnêtes] une paternité et des guides spirituels ont trouvé des bourreaux, fera trembler les cœurs anesthésiés par l’hypocrisie et le pouvoir. » Je me rappelle d’il n’y a pas si longtemps… nous avons prié tout au long d’une année dédiée à la miséricorde, et nous avons demandé la grâce de cette miséricorde. Et voilà que la miséricorde s’accomplit. Elle ne s’accomplit pas sans un travail de vérité, de dévoilement, de clarification, de purification. Non pas que nous serons, nous Église, un jour purs – et il faudrait alors être rapidement mis en garde car recommenceraient de plus belle les abus de toutes sortes -, mais les temps que nous vivons sont une chance offerte, je le crois, par le Seigneur pour nous accorder et nous ajuster, tous autant que nous sommes, davantage à l’Évangile. Pour enlever la poutre de notre œil avant de critiquer la paille dans l’œil de nos voisins.
Je dis : « nous ajuster tous. » Car il ne faudrait pas laisser le cléricalisme aux clercs ou les affaires de l’Église à quelques nommés responsables. Nous sommes tous responsables de l’Église, du Corps que nous formons, des relations que nous entretenons les uns avec les autres. Et si des transformations sont certainement à opérer dans les organisations à tous les niveaux de la vie de l’Église, la plus grande transformation est peut être celle de nos cœurs. Ce cœur où se trouve le trésor que nous portons en nous, cette image à laquelle Dieu nous a créés, cette force d’amour que nous avons la capacité, malgré nous ou avec l’accord de notre volonté, de dégrader et d’abîmer. Ce cœur d’où peut resurgir l’espérance là où la désespérance semble parfois l’emporter. Ce cœur d’où jaillit la vie quand la violence et la mort sont si puissantes.
Car notre espérance n’est pas en l’Église comprise comme une organisation plus ou moins bien ficelée pour un temps donné. Notre espérance est en Christ, vainqueur de la mort. « La mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort où est-il, ton aiguillon ? », citait Saint Paul. « Rendons grâce Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. » « Le Christ est la lumière des peuples », disait le Concile Vatican II, et « la clarté du Christ resplendit sur le visage de l’Église » (LG1). Voilà l’Église que nous sommes appelés à être : une Église qui reflète la Lumière du Christ sur tous les hommes. Une Église qui reflète la victoire de Jésus Christ en annonçant sa Bonne Nouvelle à toutes les créatures. Une Église qui, par ses actions et ses paroles de charité et de pardon, d’accueil et de soin, d’attention et de fraternité, de lutte pour la justice et d’engagement pour la dignité de chacun, témoigne non pas d’elle-même mais de Celui qu’elle sert et qu’elle signifie, de Celui dont elle vient et dont elle témoigne : Jésus Christ.
Une Église qui, comme ce matin, célèbre la tendresse de Dieu au cœur de nos fragilités. Une Église qui prend les plus faibles en exemple parce que la puissance de Dieu agit par eux. Vous qui recevez l’onction de ce matin devenez pour nous témoins de cette puissance d’amour et de relèvement. En osant recevoir ce sacrement en Église, en osant vous montrer jusque dans vos fatigues et vos faiblesses, en témoignant de votre confiance en Dieu qui vient vous rencontrer jusque là, vous devenez pour nous des signes d’espérance en même temps que vous recevez la tendresse divine du Christ.
Il est notre trésor, Il est le trésor de nos cœurs et de nos vies. Et nos vocations, notre suite du Christ, notre vie de disciples n’est que réponse à son invitation au bonheur, celui non pas de la gloire et du monde mais des Béatitudes et des pauvres qui ont faim et soif de justice, de vérité et d’espérance.
Il ne s’agit donc pas de faire comme si de rien n’était. Il ne s’agit pas non plus de déserter. Non plus encore de crier au loup en ne faisant que regarder les autres autour de soi. Saint Paul a les mots que nous cherchons pour nous encourager : « Frères bien aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur. » Cette œuvre du Seigneur n’est qu’amour, justice, pardon et vérité. Elle vient appeler nos cœurs au dépassement dans l’amour. Elle vient transformer et renouveler toutes nos relations – celles en Eglise et toutes les autres – pour transformer l’humanité et le monde. Elle vient redonner sens à nos vies et à nos engagements. Cette œuvre du Seigneur est l’événement de l’histoire du monde que nous avons encore à intérioriser, tous, pour en vivre vraiment, et que la paix et le respect entre tous jaillissent comme une bonne nouvelle du Royaume accomplit.
Alors avec les mots du psalmiste nous pourrons rendre grâce, chanter la louange du Seigneur car c’est bien lui qui fait toute chose nouvelle – et qui fait de nos cœurs des cœurs nouveaux : « Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité, au long des nuits. » Que ce que dise notre bouche ne soit que ce qui déborde du cœur.

Amen.
P. Benoît Lecomte






Lecture du livre de Ben Sira le Sage (Si 27, 4-7)

Quand on secoue le tamis, il reste les déchets ; de même, les petits côtés d’un homme apparaissent dans ses propos. Le four éprouve les vases du potier ; on juge l’homme en le faisant parler. C’est le fruit qui manifeste la qualité de l’arbre ; ainsi la parole fait connaître les sentiments. Ne fais pas l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé, c’est alors qu’on pourra le juger.

Psaume (Ps 91 (92), 2-3, 13-14, 15-16)

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
d’annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits !

Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 15, 54-58)

Frères, au dernier jour, quand cet être périssable aura revêtu ce qui est impérissable, quand cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire. Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; ce qui donne force au péché, c’est la Loi. Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 39-45)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : ‘Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil’, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère.
Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. »

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