Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Du Vésuve au Pangolin

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Texte écrit par Pierre, offert avec son amitié.


Du Vésuve au Pangolin

En cette soirée du Jeudi 26 Mars 2020, une chaîne de télévision diffusait un film décrivant la destruction de Pompéi. La ville construite en banlieue de Naples, sur les flancs du Vésuve alors éteint, permettait aux habitants des lieux la contemplation de la mer, le lever du jour, l’apparition du soleil, au loin les îles Lipari, l’île abritant le Stromboli, l’émerveillement au coucher du soleil, l’exploration du ciel en nocturne.

Un jour, un matin, un soir, le sol se mit à trembler. Des secousses faisaient frémir les flancs intérieurs du volcan. Lentement le cratère et la fournaise allaient se déchaîner. Une fumée noire, lourde, épaisse – montrée par les images qui se succédaient sur l’écran – laissait visionner les habitants dont l’effroi naissait. Ils entraient, sortaient de chez eux, regardaient la possible future sinistralité. Effrayés, ils rentraient chez eux, soigneusement fermaient les ouvertures, clore les portes. Terrorisées, les populations gémissaient. Les enfants s’enroulaient dans les robes et les toges maternelles et paternelles.

La chaleur montait. La respiration devenait difficile. La soudaineté, la fulguration apparurent. Le volcan n’était plus qu’un immense nuage noir, épais, crasseux, lourd, bouillant, s’élevant à des centaines de mètres en altitude. Puis la violence se déchaîna. Pompéi était ensevelie par cette fournaise qui la dévastait. Pline l’Ancien et nombre de Napolitains périrent. Déjà, en 63, un tremblement de terre avait détruit et fait frémir. Annonciateur ou non de l’avenir ? La vie avait continué. Mais le 24 Août 79, l’éruption jaillit en pluie de pierres, de poussières, puis de laves et de cendres : les flammes hautes et les fumées enfouissant la cité. Deux mille personnes périrent par suffocation.
C’était il y a deux mille ans.

Aujourd’hui, une chauve-souris – parait-il – ne se serait pas acoquinée, mais aurait contaminé un aimable pangolin. Le Petit Robert est descriptif de ce modeste petit animal. Il est décrit comme
« étant d’origine malaise, mammifère édenté, arboricole ou terrestre, couvert d’écailles et se nourrissant de fourmis ».
Les épidémiologistes ont expliqué la transmission de la maladie. Sournoise, invisible, elle traverse les océans. Communiquant aux hommes sa nocivité, elle asphyxie lentement, fait des ravages colossaux, anéantit des êtres de tout âge. La contamination se ferait par le biais du toucher ou d’une aspersion – par éternuement par exemple.

Ce soir, visionnant la terreur des habitants de Pompéi – n’ayant nul temps pour s’enfuir devant l’ennemi qu’ils voyaient - l’interrogation d’aujourd’hui est celle de ne savoir comment faire face à l’invisible. Il est comme le vent : léger, brise délicate ou violence pour devenir tornade ou ouragan. Devant cette puissance provoquant des dérèglements colossaux, comment faire face, avec quelle arme combattre l’invisible ? S’enfuir comme le tentaient les Pompéiens ? Ici, au contraire, il faut demeurer silencieux, cois, mesurés. Vivre dans son domicile si l’on en a un. Pendant combien de jours, de semaines, de mois ? S’habiller, se vêtir pour se protéger. Éviter autrui. C’est une bataille sourde qui dissocie, fracture.

Aimer son prochain, sauver les va-nu-pieds d’autrefois, dits sans domicile fixe aujourd’hui. Perdre courage ? Non. Conserver, non pas un flegme possible, mais une maturité réfléchie. Nos autorités religieuses nous enseignent la prière, le don de soi. Pour moi, chrétien, se découvre dans notre pays un temps étrange, une conjonction curieuse. Les jours actuels sont dits par la liturgie « la quarantaine » ou le carême. Au lendemain du mardi gras, le mercredi des cendres – qui n’étaient pas celles de Pompéi - va s’achever par le trépas du Christ et sa résurrection au matin de Pâques.

Ce temps dit de méditation, de retour sur soi-même, va-t-il découvrir sa résurrection et la disparition de la maladie ? Aujourd’hui, François nous a communiqué la méditation africaine de Monseigneur l’Évêque de Koudougou, de fraternité. Noblesse du verbe et de la prière.

Pierre – 27 Mars 2020

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