Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Du-cognac-au-Paradis

Du cognac au Paradis

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote
  • du cognac au paradis - (mp3 - 4.2 Mo) Télécharger

On considère qu’une eau-de-vie atteint son apogée aux alentours de 50 à 60 ans. Un vieillissement trop long pourrait altérer sa qualité. C’est pourquoi à Cognac, une fois la maturité des eaux-de-vie atteinte, le Maître de chai décide de mettre fin au vieillissement. Il procède à leur transfert dans des bonbonnes de verre appelées « dames-jeannes », dans lesquelles elles pourront séjourner à l’abri de l’air durant de nombreuses décennies sans évoluer davantage, laissant le soin, ainsi, aux générations futures de faire les assemblages qui en feront les meilleurs cognacs. Ces bonbonnes sont stockées dans un chai obscur appelé « Paradis ».
Mais bien peu savent l’origine de ces mots « paradis » et « dame-jeanne » qui remonte à plusieurs siècles.

O l’était queque temps après que not Ravaillac ait occis Henri IV.
Noute curé de Cognac rabâchait sans cesse qu’y a pas ine endroit quo l’était si benaize qu’au paradis et que Ravaillac avait permis à not’bon roi d’aller vouere si o l’était la pure varité. Noute sacristain arait bin voulu savouère mé i avait une poure du diable de mourir. Dame Jeanne se moquait de lui et zi dit un jour :
-  « I sui sûre et certaine que si toutes lées barriques de cougna étaient mises les zunes sur lés zautes, ça joinderait le ciel ».
Dès le lendemain, le bruit courait dans le pays que noute sacristain velai essayer de monter au ciel et que les cognaçais l’étiant tous d’accord de préter leurs barriques, ils commencaient à les zapiller les zunes sur les zautres. Noute sacristain l’était grimpé dessus. D’en bas dame Jeanne demandait :
-  « l’en faut i encore une ? »
Et l’aute, juché su quelle pile de barriques répondait :
-  « L’en faut encore une dizaine »
Et tous les cognaçais allaient chercher d’nouvelles barriques. Et l’sacristain, plus il montait, plus o l’était fou de jouai. I l’entendait chanter les zanges qui disait. S’en fallait d’un reun qui l’arrivisse à passer sa tête peure le creu de la bonde du ciel pour vouere le paradis.
I mettit ses deux mains autour de sa goule peure s’en faire in porte-vouai et y criait :
-  « O n’en faut plus qu’une »
Et dame Jeanne répondait :
-  « O y en a pu, o y en a pu »
-  « Avé-vous regardé chez la Victorine, chez le Mathurin » qui répondait le sacristain
-  « Oué , avons regardé peurtout. O y en a pu, o yen a pu »
Tout d’un coup, o veni ine idée de génie dans la tête de quio sacristain :
-  « eh bin, o ne sera pas dit qu’ine barrique m’empêchera d’monter dans le Paradis, peurnait la dessous. »
Quié les couyons l’écoutiant, i tiriant pour enlever la barrique du dessous et la monter au sacristain. Vous pouvez croire quo s’en venit tout en bas le sacristain et lée barriques avec.
Il l’arrivit au sol s’écrabouiller queume in crépe qu’aurait passé sous ine roue de charrette.
Bin sûr qu’un si bon sacristain fut toute suite reçu au paradis mé i na jamais retourné dire si o y était benaize.
C’est depuis cette histoire que les bonbonnes sont appelées « dames jeannes » et sont stockées dans un chai obscur appelé « paradis ».

Jean Paul Tourvieille

http://www.tourvieilleauteur.fr/

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Dans l'Eglise

Nouvelles du Vatican

Ecouter RCF Charente

KTO

Eglise catholique en France

Logo MessesInfo

Les doyennés et paroisses


Agenda


-