Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie de la messe finale au pélé de Conques

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L’homélie du P. Benoît Lecomte à l’occasion de la messe finale du pélé des jeunes à Conques


Il y a quelque chose qui est terriblement bon : c’est d’être heureux ! Je ne parle pas du bonheur d’avoir le dernier portable ou d’avoir envoyé un record de SMS dans la journée. Je ne parle même pas du bonheur d’avoir augmenté sa moyenne en maths ou en Français. Je parle d’un bonheur plus profond, plus grand, plus beau... Ce bonheur qu’on éprouve parfois quand on est amoureux. Un bonheur qui déploie le cœur, l’esprit, le regard, qui oxygène la vie.

Ce bonheur n’est pas d’abord lié à ce qu’on possède. Dans l’évangile, Jésus a multiplié les pains sur la montagne et a nourri une foule : c’est pour ça que la foule le cherche encore. Elle court après lui parce qu’elle croit avoir trouvé là quelqu’un avec qui plus personne ne manquera de rien (en tout cas de pain). Imagine : pass illimité dans le resto de ton choix, ou accès illimité à n’importe quel magasin de ton choix, à vie ! Ça fait rêver... mais ce n’est pas ce bonheur que propose Jésus. Car même en illimité, ce bonheur se périme. On peut se lasser de posséder, d’avoir, de dépenser pour acheter... Pire même, ce bonheur gave. « Vous avez été rassasiés », dit Jésus à la foule dans l’Evangile. Autrement dit :« Vous cherchez à être gavés. Mais ce que je vous propose est tout autre. »
- Ce que Jésus propose, c’est un bonheur qui ne se périme pas et qui ne gave pas, mais qui se garde pour la vie éternelle, qui devient une vrai nourriture dans la profondeur de ta vie.
Ce bonheur, cette nourriture, nous avons essayé de le vivre ensemble pendant ces trois jours. Et je crois que nous l’avons touché du doigt. Plus encore, nous y sommes entrés. Plus encore, nous l’avons accueillis en nous.
Remémore-toi, comme tu l’as fait ce matin avec ton groupe, tous les moments de ce pélé. Depuis le départ de chez toi, samedi matin, jusqu’à Decazeville, puis Saint Cyprien et Conques, les veillées, les nuits, la messe, la marche, les rencontres, les paysages, les chants, les discussions, les prières, les célébrations, l’inconfort, les repas, le soleil... Ce temps de pélé a été un temps de bonheur (malgré la fatigue, et même jusque dans la fatigue). Et sais-tu pourquoi ? Pour deux raisons.

- D’abord parce qu’on s’est retrouvé à plusieurs. Nombreux. Et qu’il est bon d’être ensemble, et de ne pas se sentir seul. Comme dans la vie : il n’y a peut-être rien de pire que l’isolement. Souvient toi de Madame de la Coquillette, lors de la première veillée ! Il y a tant de gens qui se sentent seuls ou qui sont seuls ! Et qui construisent de grands murs autour de leur maison, ou qui n’ont jamais de visite ni de coup de téléphone, qui ne mangent jamais avec quelqu’un à qui parler... Peut-être toi aussi, parfois, éprouves-tu un sentiment d’isolement, de solitude. C’est un sentiment que l’on a toute sa vie, parce qu’on est responsable de sa vie. Mais en même temps, on a besoin des autres. De ceux qu’on aime, et aussi de ceux qu’on aime moins. Et si la vie est une grande et longue marche, avec ses sentiers, ses passages tortueux, et ses beaux paysages, alors va ! Marche ! Marche avec ton frère, et tous tes frères ! Ne marche pas seul ! Il y a tant de compagnons de par le monde qui sont prêts à marcher avec toi... et qui ont besoin de toi pour marcher avec eux  ! Comme autant d’amis, de frères et de sœurs qui veulent vivre ensemble la grande aventure de la vie ! Refuse toujours toute exclusion de l’autre ! Évidemment, marcher avec d’autres, ce n’est pas toujours facile : on n’a pas le même rythme, on ne veut pas voir les mêmes choses, on n’est pas fatigué au même moment, il faut s’attendre... parfois se pardonner parce qu’on s’est embrouillés... (Rappelle-toi ce que tu as vécu hier !) N’est-ce pas ce que nous avons vécu pendant ce pélé ? Et oui, ça rend vraiment heureux !

- La deuxième raison, c’est que nous n’avons pas marché ensemble sans but. Sur notre route, nous avons rencontré cette adolescente d’il y a presque 1000 ans, Foy. Et son nom et sa vie nous ont lié à quelqu’un d’autre, qui marche avec nous aussi... celui que la foule de l’Évangile cherche, celui après qui elle court, celui que sainte Foy aimait : Jésus. Pas le petit Jésus qu’on décrit comme tout mignon et dont on fait de belles histoires. Jésus le Christ ! Le Ressuscité ! Celui que nous avons fêté il y a 15 jours à Pâque, et qui a traversé la mort ! (comme le rappelait notre évêque dimanche matin) Celui qui est toujours avec nous. Celui qui nous aime infiniment. Celui qui veut que nous vivions vraiment à fond, et pas petitement en regardant nos pieds. Celui qui te dit que tu es capable : capable de croire, capable de grandir, capable d’aimer, capable de construire, capable de pardonner, capable de joie, capable de paix, capable de porter l’espérance à ceux qui n’en ont plus, capable de salut, capable de vivre avec lui ! Tu peux ! Et c’est cela, « travailler aux œuvres de Dieu », comme on dit dans l’Evangile. Tu travailles aux œuvres de Dieu quand tu mets ta confiance en ce Jésus Christ comme en un ami qui ne te trahira jamais et qui cherchera toujours avec toi ton bonheur. Comme sainte Foy, et comme tant d’autres. Mais ça n’est pas réservé aux autres : c’est pour chacun de nous. Pour toi, et pour moi.

- Et pour tous ceux qui nous entourent, disait saint Paul dans la lecture ! Si tu as trouvé là un trésor pour ta vie, si tu as trouvé là une clef de bonheur, alors ne la garde pas pour toi ! « Annoncer l’Evangile, disait saint Paul, c’est une nécessité qui s’impose à moi : malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile ! » Autrement dit : tu perds tout si tu gardes ce trésor pour toi. Encore tout l’inverse de la possession. Et c’est finalement ce que nous sommes maintenant invités à vivre, en retournant en Charente. Nous allons nous disperser, retrouver ceux que nous avons quittés... Nous allons regretter de perdre cette ambiance, ces chants, ces paysages, cette douceur qui nous unie. Mais je vous propose de vivre un défi ensemble, là où nous serons en Charente : faire découvrir ce trésor à ceux qui nous entourent et qui en ont besoin. En famille, au collège, en aumônerie, aux scouts, en paroisse, au sport, à la musique et partout où nous irons. Et nous allons faire découvrir ce trésor en devenant des frères et des sœurs, des compagnons pour ceux que nous allons retrouver. De vrais compagnons, de ceux sur qui on peut compter. Comme Paul, qui s’est fait « juif avec les juifs, sans-loi avec les sans-lois, faible avec les faibles »... nous n’allons pas arriver en imposant notre joie ou en faisant claquer notre bonheur devant ceux qui sont plus tristes. Nous allons nous faire compagnons de tous et de chacun, sûrs que Jésus Christ a déjà pris la route avec nous et avec eux.

- Alors ce n’est plus la fin du pélé... mais ce pélé devient l’illustration de ce que doit être toute ta vie : un pèlerinage. Fais, faisons de toute notre vie un long pèlerinage... marchant avec tous nos frères sur les chemins qui nous rendent libres et heureux, sur les chemins de paix et de joie profonde, sur les chemins de foi, de la foi en Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous tous. Marche avec tes frères, sur les chemins de foi !
Amen, Alléluia !

P. Benoît Lecomte

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,22-29.
Jésus avait traversé le lac en marchant sur les eaux. Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive du lac se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui.
Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce.
La foule s’était aperçue que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit :
« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

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Lecture de la Première lettre de Saint Paul apôtre, aux Corinthiens
Annoncer l’Évangile, ce n’est pas là mon motif d’orgueil, c’est une nécessité qui s’impose à moi ; malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !
Certes, si je le faisais de moi-même, je recevrais une récompense du Seigneur. Mais je ne le fais pas de moi-même, je m’acquitte de la charge que Dieu m’a confiée.
Alors, pourquoi recevrai-je une récompense ? Parce que j’annonce l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, ni faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile.
Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait le serviteur de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible.
Et avec les Juifs, j’ai été comme un Juif, pour gagner les Juifs. Avec ceux qui sont sujets de la Loi, j’ai été comme un sujet de la Loi, moi qui ne le suis pas, pour gagner les sujets de la Loi.
Avec les sans-loi, j’ai été comme un sans-loi, moi qui ne suis pas sans loi de Dieu, mais sous la loi du Christ, pour gagner les sans-loi.
Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour bénéficier, moi aussi, du salut.

- Retour sur le pélé, en images !

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