Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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      Homélie de la messe pour Georges Chavanes

Homélie de la messe pour Georges Chavanes

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Retrouvez l’homélie du Père Benoît Lecomte à l’occasion de la messe pour Georges Chavanes, en la cathédrale d’Angoulême le 14 octobre 2019.


MONSIEUR Chavanes. Georges. Tu me permettras de t’appeler ainsi et de te tutoyer, comme je l’ai toujours fait, en m’adressant à toi, alors que ton corps a rejoint la terre de Lalouvesc, cette terre ardéchoise que tu aimais tant, et où tu reposes désormais aux côtés d’Annie, ton épouse. Ton corps est là-bas, mais nous savons, et nous sentons, que ta présence est toujours là, avec nous, auprès de nous, et qu’elle est bien réelle.
Ces derniers jours, les hommages ont été innombrables. Ils disent, à leur façon, nos remerciements pour ce que nous te devons, personnellement et collectivement. Ils sont l’expression de notre action de grâce pour ce que nous avons reçu de toi, de ton engagement, de ton implication dans la vie économique, municipale, Charentaise, régionale et nationale. Mais ils sont aussi la manifestation de l’attachement que nous avons eu pour toi, tout autant homme de pouvoir et d’autorité que portant le souci des pauvres et à l’écoute des petits. A toi, le grand patron, le député, le maire ou le ministre, qui était d’abord un mari, un père, un homme, l’un d’entre nous, voulant te faire proche de chacun. Toi, dont les rencontres les plus marquantes auront été des personnalités aussi différentes que le Général de Gaulle, notamment parce qu’il te donne l’occasion de mettre en place pour la première fois en France l’intéressement des salariés à l’entreprise et plus tard la participation aux bénéfices, et l’Abbé Pierre, le Père Joseph Wresinsky, Jean Girette qui après avoir dirigé le réseau Sud-ouest de la SNCF décide de devenir prêtre ouvrier, Xavier Emmanuelli, le fondateur du Samu Social, Paul Barry, ton compagnon d’entreprise (avec lui, Eliane et Annie vous deviendrez presque une même famille !), ou François, ton frère, dominicain pendant 50 ans en Algérie, celui-là même que tu appelais affectueusement et avec admiration « le saint ». La diversité de ces rencontres qui t’ont façonné, donne à comprendre la richesse de ta personnalité. Et tous ceux qui t’ont connu sont unanimes pour affirmer que tes moteurs auront été ton amour des hommes et le désir de justice. Qui ne se souvient de ces samedis matins de permanence « sans rendez-vous » à Leroy-Somer ou à la mairie, porte ouverte pour te rendre plus facilement accessible au plus grand nombre ? De ton incompréhension devant de trop grands écarts de salaires au sein d’une même entreprise ? Ou de ton obsession à créer « des usines à la campagne », pour faire vivre le monde rural ?
Mais il y a un autre moteur encore, qui a guidé ta vie et ton engagement. Le moteur qui nous donne de nous réunir ce matin dans cette cathédrale : la foi. Celle qui a grandit en toi dès tes jeunes années de scoutisme, celle que tu as approfondi et cherché à mettre en œuvre en lisant et relisant les encycliques sociales des papes successifs (‘« Mater et Magistra » était mon livre de chevet’, disais-tu), celle qui a fait de ta vie une vie de service. « Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même, lançait Saint Paul. Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. » Vivre pour, pour les autres, voilà le secret d’une vie pleine et réussie. Voilà le secret d’une vie heureuse et épanouie. Voilà le secret d’une vie responsable. Une vie donnée, portée par l’amour. « Heureux les affamés et assoiffés de justice, heureux les artisans de paix, heureux les miséricordieux, heureux ceux qui savent se mettre à la place de l’autre, et l’écouter, et le comprendre, et l’aimer, et entrer en communion avec lui », enseigne Jésus dans ce discours qui dresse d’abord son propre portrait, qui dessine son propre visage, nous invitant à lui ressembler autant que possible, en devenant nous aussi des doux, des miséricordieux, des artisans de paix, des cœurs purs, et à entrer dans sa joie.
C’est cette foi au Christ Jésus, à cet homme nous révélant la figure du Père à travers son amour des hommes et sa force de vie, qui a été ton principal moteur et qui a fait la douceur de ta force. La richesse de ton carnet d’adresses n’était qu’un moyen pour mettre en lien des gens et trouver des solutions à ceux qui en avaient besoin. Mais « l’essentiel est invisible pour les yeux », rappelle ce poème du Petit Prince que tu lisais déjà lors de ton premier conseil municipal, et qui t’a accompagné jusqu’à tes derniers jours à l’hôpital. L’essentiel, la confiance en ce Jésus, devenu pour toi un ami. L’essentiel était cette foi qui t’a poussé à agir toute ta vie, et qui t’a donné d’entrer dans la sereine confiance de Le rencontrer un jour et d’entrer dans Sa Lumière.
Ce jour est venu, et il est là. Jour de tristesse pour nous. Jour de souvenirs de ces moments marquants vécus avec toi ou grâce à toi. Mais la route continue. La tienne, et la notre. Et notre vie partagée avec toi ne s’arrêtent pas aux souvenirs, qui s’effaceront avec le temps et les générations, où à la somme des restes des gestes que l’on a posé ici-bas. Notre espérance nous dit que la vie est plus forte que cette disparition du regard, et cette présence nouvelle nous fait entrer autrement en communion les uns avec les autres. « On ne voit bien qu’avec le cœur », et le cœur voit l’essentiel. Georges, te voilà entré pleinement dans la Vie éternelle, cette Vie dont tu avais déjà fait l’expérience et dont nous faisons déjà tous maintenant l’expérience quand nous nous aimons et sommes attentifs à chacun, quand nous faisons de notre vie une vie responsable et donnée par amour. Une Vie que nous ne connaissons pas encore en plénitude. Elle est Vie de résurrection, Vie de ressuscités. Vie qui traverse les barrières de la mort pour nous donner de vivre ensemble, ici et là-bas, déjà dans l’Amour de Dieu.
Georges, ta poignée de main ferme et chaleureuse, ton regard tendre, souriant et perçant, ton caractère de cochon et ton large sourire vont nous manquer et nous manquent déjà. Mais nous savons, nous croyons, nous espérons que tu continues d’être présent, veillant sur chacun de nous, sur nos entreprises collectives, sur notre désir de vivre ensemble et de bâtir une société toujours plus juste et respectueuse de chacun. Tu étais né un 6 janvier, jour de l’Epiphanie, quand l’étoile indique aux mages le lieu où l’Enfant-Dieu est né. Tu es désormais dans la Lumière, tu as rejoint cet Enfant-Dieu, Jésus. De là où tu es, indique-nous à ton tour, telle l’étoile, les chemins qui nous mènent à la rencontre de l’Amour. Les chemins des béatitudes, ces chemins de bonheur et de vie à hauteur d’humanité, parce qu’à hauteur d’Evangile.
Amen.

P. Benoît Lecomte
Curé des paroisses de Ma Campagne – Puymoyen et Saint Jean-Baptiste,
paroisses de Georges Chavanes.

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Homélie de la messe pour Georges Chavanes le 14 octobre 2019

1 réaction


16 octobre 10:14, par chambon

Merci d’avoir souligné dans cette homélie le mot "moteur !"

Georges a été "moteur" pour faire avancer l’entreprise dans sa dimension humaine.

Sa foi a été "moteur" et à la base de sa vie d’homme.

Que Georges intercède et fasse grandir en humanité tous ceux et celles qui ont des responsabilités dans notre monde d’aujourd’hui !

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