Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 06/03/2019
Messe des Cendres

Évangile selon St Matthieu (Mt 6, 1-18)
Messe des Cendres


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Tous les ans l’Église nous donne quarante jours pour nous ressaisir, pour que nous puissions reprendre en main notre vie spirituelle. Le temps du carême ne vise pas la privation pour elle-même. Il ne s’agit pas de nous faire mal pour le plaisir ! La vie s’en charge bien assez. II n’est donc pas besoin d’en rajouter. Par contre, le temps du carême invite chacun à se reposer les questions essentielles et à prendre les décisions qui s’imposent : Finalement, qu’est ce qui me fait vivre ? ou mieux, qui me fait vivre ? de quoi suis-je encombré ? qu’ est ce qui m’empêche d’être heureux ?

Pour répondre à ces questions, l’évangile d’aujourd’hui nous renvoie aux trois dimensions qui caractérisent l’être humain :

  • La première dimension est la relation aux autres par « l’aumône ». Faire l’aumône, ce n’est pas entretenir la mendicité, mais c’est être attentif et sensible à toutes les formes de pauvreté souvent cachées, dans nos familles, dans notre voisinage, dans notre milieu professionnel etc ... pauvretés que nous refusons de voir et que peut-être nous engendrons nous-mêmes. Actuellement la vague des migrants qui fuient la guerre et la haine préoccupe chacun d’entre nous.
  • La deuxième dimension est la relation à Dieu : Elle est constitutive de notre être. Cette relation qui met l’homme « en prière » est notre respiration profonde. Sans elle, nous ne sommes que des êtres psychiques et physiques. Soigner la vie spirituelle, c’est ne pas perdre le sens, le sens de la marche, c’est ne pas perdre le goût de vivre, et plus encore c’est cultiver l’esprit de contemplation dans les choses simples de la vie de chaque jour, c’est avoir toujours envie de rendre grâce plutôt que de « ronchonner » dans son coin.
  • La" troisième dimension est la relation à soi-même. C’est peut-être bien la plus difficile. S’accepter soi-même tel que l’on est. Se re-choisir toujours au fur et à mesure des événements qui nous façonnent, nous ébranlent et parfois nous déstabilisent. Re-choisir ma vie dans l’épreuve du temps qui use mon corps, le défigure parfois, le vieillit irrémédiablement. S’aimer soi-même, ce n’est pas s’admirer, c’est « jeûner », c’est-à-dire rester sur sa faim au sens où je renonce à faire porter aux autres les conséquences de mon mal être. C’est finalement accepter d’être toujours manquant, inachevé, relatif, faillible et mortel.

A ces trois niveaux d’existence, l’évangile nous assure de l’attention bienveillante du « Père ; qui voit ce que tu fais en secret. » Cette parole est libératrice. Contrairement à ce qui fut dit souvent ; Dieu n’est pas le voyeur de nos vies, guettant le moindre faux pas pour nous le faire payer cher un jour. Bien au contraire, c’est un véritable réconfort que de savoir que le Père porte sur moi son regard de tendresse et de miséricorde ; me savoir ainsi regardé avec tant de bonté m’aide à renoncer à n’avoir sur ma vie qu’un seul regard : le mien ! L’enfer, ce n’est pas les autres mais plutôt moi-même quand j’estime être le seul juge de moi-même, quand je veux posséder ma vie au lieu de la donner. « Celui qui veut garder sa vie la perdra. »

Bon carême 2016
Père François Raballand

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