Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 10 décembre 2017

Comment te prépares-tu aux rencontres que tu as à vivre ?


Nous avons choisi de vivre notre temps de l’Avent et de Noël sous le thème de la rencontre. La Parole de Dieu nous prend au mot et nous invite à réfléchir à l’avant de la rencontre, à la manière avec laquelle nous nous y préparons. A la façon avec laquelle nous préparons chacune de nos rencontres. Les enchaînes-tu comme des rendez-vous successifs sans affect particulier, en regardant passer les notes de l’agenda ? Prépares-tu longuement chaque rencontre en pensant à la personne qui sera en face de toi ? Passes-tu à l’improviste chez les gens, faisant la surprise de la rencontre, ou appelles-tu un peu avant pour que déjà la personne puisse savourer le moment qui vient, ranger sa maison et préparer le café ? Comment te prépares-tu à la rencontre inouïe de Noël ? Dans la précipitation du dernier moment ou dans la lente maturation d’un événement à vivre, telle la naissance d’un enfant préparée dans le cœur et dans la maison pendant 9 mois ?
Quand on tape dans un moteur de recherche « Comment se préparer à une rencontre », on trouve mille considérations sur la façon de se préparer à une rencontre amoureuse : et après tout, ne s’agit-il pas de cela à Noël, comme à chaque fête, comme à chaque eucharistie ? Cette rencontre incroyable où Dieu se fait l’un de nous, pour être avec nous, au milieu de nous, l’Emmanuel.

L’Avent nous prépare à la rencontre. Mais si nous comptons les dimanches, les semaines et les bougies de la couronne, il n’est en fait pas question de temps qui passe. « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour », rappelle l’apôtre Pierre citant le psaume. La rencontre avec l’Eternel ne se prépare pas le nez sur la montre ou sur le calendrier : ils n’indiquent rien de très fiable ni de très utile. Il ne s’agit pas de nous poser la question « C’est pour quand ? », tel les enfants qui demandent sitôt parti si on est bientôt arrivés. La préparation n’est pas question de durée ou de temps, mais d’intériorité et de profondeur, de justice aussi, et d’ouverture. De « sainteté et de piété », annonce Saint Pierre. En un mot, il est question de conversion.
De conversion du cœur, comme y sont invitées les foules par Jean Baptiste dans le désert. Ces foules à qui le prophète demande un changement de vie en reconnaissant leurs péchés et en accueillant le pardon de Dieu. La rencontre avec Dieu, comme la rencontre avec les autres, nous demande de changer intérieurement notre façon de vivre. Pour que la rencontre soit vraie, il faut qu’elle soit vécue en profondeur, et la profondeur, pour Dieu, c’est notre cœur. Ce cœur qu’il veut rejoindre miséricordieusement, tendrement, amoureusement. Ce cœur parfois cabossé, où ont pris place des montagnes et des ravins qui ralentissent la Rencontre… Les montagnes de ce que nous mettons en priorité alors que ce n’est pas l’essentiel, qui prennent toute la place et bouchent l’horizon à force d’en avoir le nez dessus alors qu’elles ne sont ni nourrissantes ni ressourçantes… Et les ravins qui empêchent d’avancer, de ces peurs qui nous paralysent, nous empêchent de faire un pas supplémentaire, de nous engager, comme une confiance perdue… « Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! », criait Isaïe. Ouvrez les chemins de votre cœur ! « Préparez les chemins du Seigneur ! » Et si nous acceptions, au cours de cet Avent, de laisser le Seigneur venir nous visiter jusque dans nos paysages intérieurs pour les redessiner selon son cœur, et qu’il puisse y apporter sa lumière et sa joie, sa légèreté et sa tendresse ?
Mais si cette conversion est bien personnelle et touche à l’intime de chacun, voilà que l’attente de Dieu s’explique par le fait que tel un berger, il ne veut perdre aucune de ses brebis. « Son bras rassemble les agneaux », disait Isaïe. « Il ne veut pas en laisser quelques-un se perdre », renchérit Pierre, l’évangéliste Marc indiquant que « toute la Judée et tous les habitants de Jérusalem » se rendaient auprès de Jean. Notre seul cœur ne lui suffit pas. Dieu aime chacun d’un amour infini et ne peut se résoudre à ce qu’un seul se perde. Alors il y faut toute l’humanité, tous les hommes de toute l’histoire, de tous les lieux et de tous les temps, nous invitant à une communion universelle, « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. » Exigence suprême de la fraternité, de l’attention et de l’accompagnement mutuels. Il ne suffit pas que notre cœur personnel soit prêt, il faut encore que « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent » (Ps 84). L’attente de l’Avent devient exigence d’initiatives, de prière et de luttes, d’un travail intérieur et d’actions fraternelles. Pour grandir « en sainteté et en piété » et « hâter l’avènement du jour de Dieu. » C’est le temps de l’avent, c’est le temps du kairos, ce moment favorable pour rencontrer Dieu de tout son cœur et de toute son existence : c’est aujourd’hui et maintenant, dans le silence de la prière et l’ouverture du cœur à toute humanité.
Que le Seigneur lui-même nous prépare à sa venue, que son Esprit éclaire notre marche.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Deuxième dimanche de l’Avent

Livre d’Isaïe 40,1-5.9-11.
Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu –
parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes.
Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu.
Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée !
Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. »
Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! »
Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage.
Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent.

Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14.
J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 3,8-14.
Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour.
Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion.
Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper.
Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété,
vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion.
Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice.
C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,1-8.
Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.
Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

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