Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 10 février 2019

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10 personnes recevaient le sacrement des malades pendant l’eucharistie ce dimanche 10 février, et Quentin et Laura célébraient leurs fiançailles.


Ce qui cours à travers ces textes de la Parole de Dieu, c’est un surcroît d’Amour et de Confiance de Dieu pour nous. Incroyable confiance que Dieu nous fait, alors même que nous n’avons pas confiance en nous, que nous connaissons nos petitesses, nos manquements, notre péché.
C’est l’expérience d’Isaïe. Il se sait un homme aux lèvres impures, il se sait indigne du Seigneur, mais voilà que le Seigneur, par ses anges, lui touche les lèvres, qu’il est pardonné et qu’Isaïe se sent prêt à répondre à l’appel de Dieu pour devenir son prophète, pour porter sa Parole.
C’est l’expérience de Paul. Lui, le persécuteur des chrétiens, lui l’indigne « avorton » comme il se désigne lui-même, c’est lui que Dieu choisi pour annoncer l’Evangile aux nations. Par sa grâce, par ce surcroît d’Amour qui, reçu, change une vie.
C’est l’expérience de Simon, qui peine toute la nuit sans prendre de poisson mais laisse sa barque à Jésus puis, sans raison « sensée », accepte de faire confiance à sa parole. Le pécheur à la pèche stérile devient « pêcheur d’hommes », premier des apôtres, qui deviendra Pierre.
Isaïe, Paul et Simon ne sont pas différents de nous, et nous ne sommes pas différents d’eux.
Nous connaissons nos qualités et nos points forts, mais nous savons aussi, ô combien, nos petitesses et notre péché. Et nous nous y complaisons parfois. Non seulement en nous regardant, mais en regardant notre monde, nos sociétés, notre Église, nos communautés chrétiennes. Combien de discours fatalistes, désespérés, désenchantés ? Combien de fois avons-nous perdu confiance, et courage, et ardeur ? J’entendais ce samedi matin lors d’une rencontre diocésaine ces personnes responsables se lamenter sur la baisse du nombre de chrétiens et de personnes engagées. Nous ne nous croyons plus capable, fatigués. Nous voulons travailler et pensons que notre travail est stérile, infécond. La morosité peut avoir gagné nos cœurs et nos pastorales. Quel avenir pour nos sociétés et notre Eglise ? Nous cherchons des solutions sans arriver à en dégager de claires.
C’est vrai aussi lorsque nous nous sentons diminués par la maladie, par la faiblesse. Vous qui demandez ce matin à recevoir l’onction des malades, vous avez le courage de vous montrer non pas fort, comme on aime se montrer, mais fragiles. Et cs fragilités peuvent aussi désarçonner, décourager.
Mais la Parole de Dieu ne trompe pas et ne se trompe pas. Elle dit ce qui est, elle est révélatrice de Dieu, elle ne maquille pas la vérité. Et ce qu’elle dit est clair, beau, Bonne Nouvelle : Dieu t’aime, Dieu t’appelle, Dieu te fait confiance, tel que tu es. Il te rejoint. Son amour peut transformer ta vie. Il est un risque à prendre, parce que tout peut en être transformé. Mais transformé en plus beau, en plus grand… en plus « toi ». Encouragement. Révélation de ce que tu es, de qui tu es, de qui nous sommes. Voilà le fruit de la confiance de Dieu pour nous, et de sa grâce, de la gratuité de sa présence en nous et à nos côtés. Nous pouvons désespérer, Dieu ne désespère pas de nous. Nous pouvons nous lamenter, Dieu garde toute sa vitalité et son élan. L’Amour ne s’affadit pas, ne se dégonfle pas ! Plus beau encore : aurions-nous été les pires des voyous, aurions-nous eu la plus mauvaise des vies, Dieu non seulement continue de croire en nous, mais il nous appelle encore davantage à le suivre ! Expérience de Paul, saisissante… et tellement réconfortante ! Lui le persécuteur… comment a-t-il pu être choisi par Dieu ? Aucune logique humaine ne préside à ce choix. Mais c’est lui que Dieu a voulu. Sommes-nous prêts à vivre cette même expérience, du cœur même de nos peurs ou de nos lâchetés, de nos découragements et de nos infidélités ?
C’est la logique de l’onction que vous allez recevoir. Par cette onction, par la prière de l’Église, dans votre faiblesse et votre fragilité, Dieu vous donne sa force et vous rend fort de sa présence et de sa tendresse. Afin que ce ne soit plus votre faiblesse qui vous mène, mais sa tendresse qui se donne à vous dans votre faiblesse. Et vous devenez, pour nous tous, témoins de l’action de Dieu en chacun de nous – car nous avons tous des faiblesses et des fragilités que nous n’osons pas montrer devant tout le monde.
La logique de Dieu est logique d’ouverture et d’avenir. Elle est Lumière, disons-nous parfois. Il faut prendre ce terme au sérieux, dans ce qu’il a de plus simple et de plus concret : la Parole de Dieu et sa présence nous éclairent, le don de lui-même dans les sacrements nous nourrit, son interpellation par les frères et sœurs que nous croisons nous dérange et nous désinstalle ! 
« Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. » Changement de vie, de fonctionnement, fin des habitudes, horizons différents, perspectives nouvelles… plus rien ne sera comme avant. Les disciples ne reviendront à leurs barques et à leur pêche qu’au lendemain de la mort de Jésus, retournés dans leurs découragements et leur désillusion. Et c’est là, à nouveau, que Jésus ressuscité les rejoindra pour les ré-affermir et les renvoyer à nouveau dans le monde, à sa suite, témoin de sa Nouveauté et de sa Bonne Nouvelle !
Rien de concret pour nous dire comment faire les choses, dans la Parole de Dieu. Elle ne donne pas de solution toute faite, toute cuite, encore moins facile à réaliser. Mais elle réveille le cœur à l’essentiel, pour que notre vie soit une vie vivante : elle nous rappelle à la confiance en Dieu. A ne pas avoir peur (on compte 365 fois l’expression « ne craint pas, sois sans crainte » dans la Bible, comme dans l’évangile de ce jour, comme si chaque jour Dieu nous redisait cette parole essentielle). « Avance au large, et jetez vos filets », invite Jésus. Entendons cette parole pour nos propres vies, pour nos vies de communautés d’Eglise, pour notre sociétés… Et à vous, Quentin et Laura, qui vous fiancez aujourd’hui, cette parole vous est adressée tout particulièrement. Le chemin qui s’ouvre devant vous est chemin de liberté. Il ouvre l’avenir, et vous ouvrez cet avenir avec le soutien de la prière de l’Église, de nous tous ici rassemblés, dans la confiance en Dieu. Vous êtes comme Isaïe, ou Paul, ou Simon, vous vous lancez dans une aventure, sans savoir où elle vous mènera, mais dans la confiance que vous mettez en Dieu et que Dieu met en vous.
« Avance au large, et jetez vos filets ». Entendons cette parole et faisons-la nôtre pour renouveler nos façons de vivre, et que nous soyons davantage dans la confiance, dans la joie, dans l’espérance, dans l’assurance que Dieu est avec nous, qu’il nous précède par les chemins où nous passons, que non seulement il ne nous abandonne pas, mais qu’il nous libère, nous appelle sans cesse, nous élève à sa hauteur, et qu’il travaille avec nous ! Et avec le psalmiste, de nous écrier : « Ta droite me rend vainqueur, Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains. »
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe

Lecture du livre du prophète Isaïe

L’année de la mort du roi Ozias,
je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ;
les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui.
Ils se criaient l’un à l’autre :
« Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers !
Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler
à la voix de celui qui criait,
et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors :
« Malheur à moi ! je suis perdu,
car je suis un homme aux lèvres impures,
j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures :
et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! »
L’un des séraphins vola vers moi,
tenant un charbon brûlant
qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel.
Il l’approcha de ma bouche et dit :
« Ceci a touché tes lèvres,
et maintenant ta faute est enlevée,
ton péché est pardonné. »
J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait :
« Qui enverrai-je ?
qui sera notre messager ? »
Et j’ai répondu :
« Me voici :
envoie-moi ! »

Psaume

R/ Je te chante, Seigneur, en présence des anges. (cf. Ps 137, 1c)

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu’elle est grande, la gloire du Seigneur ! »

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères,
je vous rappelle la Bonne Nouvelle
que je vous ai annoncée ;
cet Évangile, vous l’avez reçu ;
c’est en lui que vous tenez bon,
c’est par lui que vous serez sauvés
si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ;
autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.

Avant tout, je vous ai transmis ceci,
que j’ai moi-même reçu :
le Christ est mort pour nos péchés
conformément aux Écritures,
et il fut mis au tombeau ;
il est ressuscité le troisième jour
conformément aux Écritures,
il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois
– la plupart sont encore vivants,
et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.

Car moi, je suis le plus petit des Apôtres,
je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre,
puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu.
Mais ce que je suis,
je le suis par la grâce de Dieu,
et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile.
Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ;
à vrai dire, ce n’est pas moi,
c’est la grâce de Dieu avec moi.

Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres,
voilà ce que nous proclamons,
voilà ce que vous croyez.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
la foule se pressait autour de Jésus
pour écouter la parole de Dieu,
tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ;
les pêcheurs en étaient descendus
et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon,
et lui demanda de s’écarter un peu du rivage.
Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler,
il dit à Simon :
« Avance au large,
et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit :
« Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ;
mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait,
ils capturèrent une telle quantité de poissons
que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque
de venir les aider.
Ceux-ci vinrent,
et ils remplirent les deux barques,
à tel point qu’elles enfonçaient.
à cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus,
en disant :
« Éloigne-toi de moi, Seigneur,
car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi,
lui et tous ceux qui étaient avec lui,
devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée,
les associés de Simon.
Jésus dit à Simon :
« Sois sans crainte,
désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage
et, laissant tout, ils le suivirent.

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