Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 14/04/2019
Fête des Rameaux

Évangile selon St Jean (Jn 13, 21-33.36-38)
Fête des Rameaux


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Fête des Rameaux

La semaine sainte commence avec la fête des Rameaux. Nous portons dans nos mains le signe que la Vie est plus forte que la mort. Même dans le désert la vie surgit. Même dans nos déserts personnels, la force de la vie se fraie un passage.

Dans cette fête il y a un paradoxe : nous fêtons une victoire qui se termine par un échec. Après l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, ce sera quelques jours plus tard, sa défaite et sa fin. Que s’est-il donc passé pour que tout se termine aussi mal ? Il s’est passé ce qui se produit souvent dans nos vies. Il y a la volonté de l’homme, ses désirs, ses projets. Il y a aussi la volonté de Dieu, son désir et son projet. Ces deux volontés ne sont pas toujours en harmonie. Notre désir humain ne correspond pas toujours au désir de Dieu.

Qu’est ce qui se passe dans cette scène ?
Jésus réalise la volonté de Dieu, la volonté du Père. Mais les hommes de son temps veulent faire de lui un leader politique. Ils veulent utiliser ses compétences : il parle bien, il mobilise les foules, il opère des guérisons…bref il a le profil idéal pour une bonne carrière politique surtout à une époque où l’occupant romain fait lourdement peser son joug. Ce qu’on attend de Jésus c’est qu’il réponde à cette demande immédiate : accepter de mener la révolte pour que la nation juive retrouve son indépendance… Mais Jésus voit plus loin, et pour cela rien ne l’arrête. La révolution qu’il envisage est à plus long terme et plus profonde. Il est d’accord, il veut bien un changement pour l’homme, mais un changement radical, définitif, un avenir assuré. Il ne veut pas seulement régler un conflit local, circonstancié et lié à une époque, car il sait bien que si ce conflit-là se règle, un autre conflit surgira encore. Plus qu’une révolution superficielle, Jésus veut la conversion en profondeur de chaque homme de tous les temps pour qu’on en finisse avec la violence dans les rapports humains et que s’ouvrent enfin la voie du dialogue et le chemin de la paix.

La vie en société ne repose pas simplement sur des aménagements économiques, politiques et sociaux…elle repose sur la qualité de l’humanité de chacun de nous, et cette décision est entre nos mains, elle ne dépend pas d’une autorité suprême qui nous l’imposerait. Elle relève de l’exercice de notre liberté personnelle. Voilà ce que Dieu veut, voilà ce que Dieu fait en nous donnant son fils comme modèle d’humanité pour chacun et de chacune d’entre nous. Mais le projet à long terme que poursuit Jésus déçoit l’attente immédiate du peuple opprimé par les romains. On se détourne donc de lui et il se retrouve seul, abandonné de tous. Le voilà dépouillé de tout, de ses vêtements, de sa liberté. Alors Jésus se tait. La parole fait place au silence, un silence plus insoutenable, plus violent que la violence, un silence qui désarme au point que la force brutale en vient à douter d’elle-même. Le silence de Jésus, c’est la victoire de la non-violence. Face à la foule, à ses juges et à ses bourreaux, c’est désormais son comportement pendant la passion qui sera parlant.

Père François Raballand

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