Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 16 décembre 2018

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"Il les exhortait à annoncer à tous la Bonne Nouvelle"


Depuis le début de l’Avent nous prenons le temps, chaque semaine, de méditer sur la dernière phrase que nous propose l’évangile. Nous avons ainsi été invités à « veiller et prier pour tenir debout devant le fils de l’homme » et que « tout être vivant voit le salut de Dieu ». Nous comprenions que tout être vivant était invité à « voir Jésus dans sa tendresse et son amour au milieu de notre monde parfois sombre et triste. »
L’évangile d’aujourd’hui nous appelle à « annoncer à tous la Bonne Nouvelle ». Voilà que notre démarche d’Avent, notre marche vers la fête de Noël, ne se réduit pas à un « en soi » spirituel et intime, ni même à un « entre-nous » de chrétiens qui partageons la même foi et les mêmes pratiques.
Les foules viennent voir Jean le Baptiste pour se faire baptiser par lui. Elles sont en attentes. Elles cherchent. Elles se posent des questions. Un manque les assaille. Un désir les taraude. Une soif les pousse jusqu’au Jourdain. Et Jean ne fait pas que les baptiser. Il ne se contente pas d’un rite d’eau qui d’ailleurs, seul, ne les satisferait pas. Il y faut la parole. Une parole. Une annonce. Une Bonne Nouvelle.
Voilà ce que les foules attendent. Chacun dans sa propre condition (publicain, soldat, anonyme…). Une nouvelle qui soit bonne, pas seulement pour la tête et le moral, mais aussi pour le cœur. Une nouvelle qui ne soit pas uniquement comme un baume de bien-être pour quelques temps ou comme un massage éphémère, mais une nouvelle d’espérance qui ouvre à une promesse, apaise en profondeur, offre une joie vraie pleine de chaleur et d’amour.
Comment ne pas voir là l’image de notre monde et des foules qui s’y croisent ? De ces foulent qui manifestent, croisant celles qui font leurs achats de Noël, croisant celles des forces de l’ordre et celles des politiques de tous poils ? De toutes ces foules qui cherchent, attendent, voudraient espérer ? De toutes ces foulent qui se posent des questions sur le présent et sur leur avenir ? « Que devons-nous faire ? » entendons-nous partout, sur les rond-points et dans les médias, aux caisses des commerces et dans les rues ? Et à longueur de plateaux télé et radio, à grand renforts de spécialistes en tous genres, d’experts, de penseurs ou de pseudo penseurs, de chroniqueurs et pourquoi pas d’humoristes, chacun y va de son idée et de son analyse, qui ne tient pas forcément davantage la route que celle exprimée juste avant ou que celle qui suivra.
Et la Bonne nouvelles reste attendue. Et nous, tendus vers elle.
La Bonne Nouvelle qu’annonce Jean le Baptiste passe par la justice et le respect de la dignité de chacun. « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé », « ne faites violence à personne, n’accusez personne à tord », « partagez entre vous ce que vous avez ». « Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, fait à autrui ce que tu aimerais qu’on fasse pour toi », pourrait-on résumer, et chacun le déclinera dans sa propre vie et sa propre condition. Le chemin de cette Bonne Nouvelle est chemin de justice et de respect. Elle est chemin vers l’autre et vers tous les autres. Elle est chemin social pour inaugurer un monde nouveau où tous peuvent vivre en paix et en harmonie. Elle est chemin de civilisation encore à inventer et à construire, par nos forces et notre intelligence, non pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres et les uns pour les autres. Changement de paradigme social ! Ce chemin serait déjà, en soi, une bien bonne nouvelle à vivre et à annoncer, à mettre en pratique et à proclamer !
Mais le Baptiste ne s’arrête pas là. Il annonce, comme Bonne Nouvelle, le Christ. Le Messie. Le Sauveur. Celui qui délivre. Qui délivre, précisément, de l’angoisse des questions, de la soif et de la faim de justice, des peurs qui nous assaillent, du mal qui nous taraude, des envies de supériorité, des culpabilités destructrices. Le Christ qui nous délivre de tout ce qui nous empêche de vivre, et de vivre vraiment. Celui que nous avons reconnu comme « le salut de Dieu » la semaine dernière.
Sa venue est source de joie. Joie pas seulement intime et personnelle, mais ovation de joie. « Pousse des cris de joie ! Éclate en ovation ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie ! », clamait Sophonie. « Le Seigneur est en toi, tu n’as plus à craindre le malheur… Le Seigneur ton Dieu est en toi. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera de son amour », continuait le prophète. « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie », renchérissait Saint Paul. « Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez tout en rendant grâce. »
Cette joie du Christ, promise et offerte, est joie d’espérance pour toute l’humanité parce qu’elle est joie du compagnonnage et de l’amitié. Elle est joie parce qu’avec Dieu-avec-nous, nous comprenons que nous ne sommes jamais, absolument jamais seuls. Nous comprenons de l’intérieur de nous-mêmes que cette présence d’amour, en la personne de Jésus avec nous, nous accompagne sur tous nos chemins, dans toutes nos questions, au creux de toutes nos attentes, à la source et au but de tous nos désirs. Présence qui n’abolit pas les épreuves et les luttes, mais qui nous empêche de sombrer dans la tristesse, la désespérance et la solitude.
Voilà la Bonne Nouvelle que nous pouvons annoncer à toutes les foules et tous les peuples de la terre. Voilà la Bonne Nouvelle du Salut de Dieu que nous pouvons voir face à face. Voilà la Bonne Nouvelle du Dieu qui vient à nous pour que tout homme tienne debout et que tout être vivant voit le salut de Dieu. Voilà la Bonne Nouvelle : en lui, Jésus, est la joie et la vie !
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe
Première lecture

Lecture du livre du prophète Sophonie

Pousse des cris de joie, fille de Sion !
Éclate en ovations, Israël !
Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie,
fille de Jérusalem !
Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi,
il a écarté tes ennemis.
Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi.
Tu n’as plus à craindre le malheur.

Ce jour-là, on dira à Jérusalem :
« Ne crains pas, Sion !
Ne laisse pas tes mains défaillir !
Le Seigneur ton Dieu est en toi,
c’est lui, le héros qui apporte le salut.
Il aura en toi sa joie et son allégresse,
il te renouvellera par son amour ;
il exultera pour toi et se réjouira,
comme aux jours de fête. »

Cantique
(Is 12, 2-3, 4bcde, 5-6)

R/ Jubile, crie de joie,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël. (cf. Is 12, 6)

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.
Exultant de joie, vous puiserez les eaux
aux sources du salut.

« Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! »
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens

Frères,
soyez toujours dans la joie du Seigneur ;
je le redis : soyez dans la joie.
Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes.
Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien,
mais, en toute circonstance,
priez et suppliez, tout en rendant grâce,
pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu,
qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir,
gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les foules qui venaient se faire baptiser par Jean
lui demandaient :
« Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait :
« Celui qui a deux vêtements,
qu’il partage avec celui qui n’en a pas ;
et celui qui a de quoi manger,
qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)
vinrent aussi pour être baptisés ;
ils lui dirent :
« Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour :
« Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit :
« Ne faites violence à personne,
n’accusez personne à tort ;
et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente,
et tous se demandaient en eux-mêmes
si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus fort que moi.
Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner
pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore,
il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

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