Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
https://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-18-04-2019Meditation-du-jour-de-Paques
          Homélie du 21/04/2019 Méditation du jour de Pâques

Homélie du 21/04/2019
Méditation du jour de Pâques

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir
  • 0 vote

Évangile selon St Jean (Jn 20, 1-9)
« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »


Pour relire l’Évangile de ce jour, cliquez ici.

Méditation du jour de Pâques

Tout donne à penser qu’il va se passer quelque chose de radicalement nouveau. C’est une nouvelle semaine qui commence, c’est le premier jour. C’est à l’aube, l’aube d’un nouveau jour. La Femme aussi est là de bon matin, comme Eve « la Vivante » au début de la Création, dans le livre de la Genèse. Mais cette femme, ce n’est pas n’importe qui, c’est Marie Madeleine à qui Jésus avait redonné sa dignité et libérée de la mort spirituelle. D’une certaine façon, elle a déjà l’expérience du tombeau, mais elle a surtout l’expérience du relèvement dont Jésus fut pour elle l’acteur généreux. Elle lui doit beaucoup et elle tient à garder secret le sentiment de reconnaissance qu’elle lui porte depuis qu’elle revit. L’amour demande l’intimité et la discrétion. Ce qui est secret est sacré. Elle va au tombeau de Jésus « de grand matin » comme nous le faisons lors du deuil d’un proche. Comme elle nous ressemble Marie Madeleine avec sa blessure cicatrisée, son péché pardonné, son amour retrouvé et puis maintenant son immense peine, ce sentiment d’impuissance devant un tel déferlement de haine qui mène à la mort certaine !

Tout donne à penser qu’il se passe quelque chose de radicalement nouveau puisque la lourde pierre qui fermait le tombeau a été « enlevée », que quelqu’un a dû pénétrer dans le tombeau et « enlevé » le corps de Jésus. Une très grave transgression sociale aurait donc été commise. On ne touche pas aux morts, c’est interdit ; ils ne nous appartiennent plus. Alors, non seulement on l’a tué mais on a fait disparaître son corps. Il n’y a donc rien, plus rien ! Il n’y a même pas de cadavre permettant de faire le deuil. Pour Marie Madeleine, c’est le vide en elle et autour d’elle, le vide « absolu ». Cette détresse est partagée par tous ceux et celles dont les proches ont totalement disparu lors d’une catastrophe. Comme elle nous ressemble Marie Madeleine, elle, si familière de nos angoisses parfois ! Mais elle n’est pas femme à se laisser abattre. Aussitôt elle donne l’alerte au lieu de fuir.

Tout donne à penser qu’il se passe quelque chose de radicalement nouveau ce matin-là. Pierre et Jean sont les premiers avertis et courent au tombeau. Jean, plus jeune, arrive le premier mais il n’entre pas, laissant à Pierre le rôle qui lui revient. Jean, c’est celui qui sera le dernier à écrire et le premier à comprendre. Le tombeau est effectivement vide. Il ne reste que des linges et spécialement celui qui recouvrait la tête de Jésus, soigneusement plié. Il est étonnant que dans le cas d’un enlèvement précipité, ont ait pris tant de soin à plier le linge comme quand on part en voyage et qu’on range la maison pour la retrouver propre au retour ! Pierre fait le constat mais n’en tire aucune conclusion. Quand, à son tour, Jean pénètre dans le tombeau, l’évangile dit : « Il vit et il crut ». Pourtant il n’y a rien de plus à voir que ce que Pierre lui aussi a vu ! Jean ne bénéficie pas d’une « Vision »  ; il n’est pas victime d’une hallucination. Alors, qu’a-t-il vu Jean ?

Jean a vu ce qui est incroyable et qui dépasse l’entendement. Il comprend que pour la première fois dans l’histoire du vivant, la mort n’a pas pu faire son œuvre de désintégration. Un bouleversement radical vient de se produire dans l’ordre de la Création dont Dieu est l’auteur, et qui se manifeste avec le Christ, au matin de Pâques. Rien ne sera plus comme avant. Le processus naturel de la désintégration qui met fin à la vie est bouleversé en profondeur au point que, désormais, en Jésus, sa mort est révélatrice de sa vie. Lui qui a toujours tout donné, en lui et par lui « tout est remis entre les mains du Père ». Il n’y aura pas de cadavre, il n’y a pas de « reste », tout est intégré. La chair morte de Jésus n’est pas désintégrée et ne le sera pas. St Paul dit : « Il n’a pas connu la corruption ». Autrement dit, sa présence est réelle, elle est pleinement réalisée ; « Tout est accompli » dira Jésus avant de rendre l’Esprit. Il est désormais absolument vivant au milieu de nous et avec nous, pleinement là, totalement donné, disponible pour tous les hommes de tous les temps. Mais dans ce nouveau statut d’existence, lui qui est absolument Vivant est totalement invisible à nos yeux d’hommes inachevés. C’est pour cela qu’il nous demande à nous qui ne sommes pas finis, de le rendre « visible » à ce monde en gestation, de le rendre présent, de le représenter, d’être son Corps de chair ; C’est cela l’Église. Faire Église c’est rendre le Ressuscité visible au monde. C’est pour cela que nous écoutons sa parole et que nous communions à sa table. C’est sa façon à lui de me rejoindre à l’intérieur, c’est ma façon à moi de le manifester à l’extérieur.

Père François Raballand

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

adresse Centre Paroissial
05 45 69 29 19
24 rue du Souvenir
16340 L’Isle d’Espagnac

ou

adresse Maison paroissiale
05 45 65 40 53
19 place de l’église
16600 Ruelle sur Touvre

paroissenotredamedessources
@orange.fr


-