Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 1er octobre 2017

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On connaît le mot de Péguy qui disait : « Le contraire de la grâce, ce n’est pas le péché, c’est le cul-de-plomb ». Dis non au cul-de-plomb qui t’empêche de te lever et de te mettre en mouvement.


On connaît le mot de Péguy qui disait : « Le contraire de la grâce, ce n’est pas le péché, c’est le cul-de-plomb ».
Et bien le Seigneur nous invite aujourd’hui à vivre de la grâce, et à quitter nos pesanteurs, nos lourdeurs, nos lenteurs.
« Prends-la route », nous dit-il. « Lève-toi, mets-toi en marche, en mouvement. Tu vaux de l’or, tu es capable du meilleur, alors ne te laisse pas alourdir par des petitesses et des médiocrités. »
Oh ! Il nous connaît ! Il sait que nous sommes bien incapables, toi comme moi, de vivre une vie dans l’amour parfait, « selon les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » et que nous rappelle Saint Paul. Il connaît nos compromis avec la joie, avec la vérité, avec l’orgueil, avec le péché… Mais il y croit, notre Dieu ! Il croit en toi, en moi, en nous ! Il ne se laisse pas atteindre par la désespérance ou le désespoir. Il te dit : « Va ! Viens ! Sors ! Vis ! Aime ! »
Dis oui, ou dis non, mais va, avance !
Dis oui à la vie, à l’amour, à la tendresse, à la confiance, à l’unité.
Dis oui à la rencontre vécue dans le souffle de l’unique Esprit.
Dis oui à Dieu qui vient à toi. Même si ce qu’il te demande te coûte, dis oui !
Et dis non au péché, à la mort, à l’orgueil, au désamour.
Dis non à ce qui entrave ta liberté d’être toi et de grandir en humanité.
Dis non à l’injustice, à l’irrespect, au rejet, à la dignité bafouée.
Dis non au cul-de-plomb qui t’empêche de te lever et de te mettre en mouvement.

Les grands-prêtres et les anciens à qui Jésus parle dans l’Evangile risquent d’être des gens arrêtés. Ils savent qu’ils savent. Ils pratiquent assidûment leur religion. Ils sont conscients d’être justes et bons… ils croient être arrivés. Le risque qu’ils courent ? Croire qu’ils n’ont plus besoin ni des autres, ni de Dieu, que la petite régularité de leur vie de foi leur suffit à vivre du Royaume de Dieu. Se penser suffisants.
Il en est tout autrement pour les publicains et les prostituées, ces rejetées de la société. Eux attendent une parole de salut. Eux ont soif d’une parole de relèvement, de pardon, de respect, d’amour. Pas d’amour tarifé, mais d’amour profond, de ces paroles qui touchent le cœur, encouragent, redonnent force, grandeur, beauté et dignité. Ils savent, les publicains et les prostituées, qu’il leur faut être en mouvement. Qu’il leur faut dire des non et des oui, et s’y tenir, pour avancer sur un chemin de paix, de sérénité et de vérité. Heureux sont-ils !

Vaut-il mieux être embourbé dans ses certitudes et fermé à toute main tendue, ou englué dans le péché mais ouvert et accueillant à l’amour et à la vie qui te rejoint, disponible à la grâce ? Jésus a tranché cette question, lui qui s’est « anéanti en prenant la condition de serviteur », en se faisant homme jusqu’à donner sa vie sur une croix, jusqu’à connaître tout du péché des hommes – « il s’est fait péché lui-même, dira Saint Paul - pour retirer l’homme de l’emprise de la mort, lui offrir la vraie liberté, le mener à la vie.
Joie de la grâce, qui fait vivre autrement dans l’encouragement mutuel, dans la communion de l’Esprit, dans la tendresse et la compassion, dans l’humilité et le souci de l’autre.
« Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route », montre-moi ton chemin ! Mais surtout, et avant tout, fais que je ne reste pas avachi, inerte dans mon pseudo confort religieux. La vie est ailleurs. Ta vie, ma vie, notre vie d’Eglise et d’humanité sont ailleurs. Elle est dans la rencontre vraie et profonde avec ce Dieu qui t’appelle et nous appelle à aller « travailler à la vigne », à prendre notre place dans ce monde pour être paroles vivantes échos de La Parole unique de Dieu. La Parole qu’est Jésus Christ, Seigneur à la gloire du Père.
Le baptême que nous avons reçu nous a fait plonger, non pas pour rester au fond de la piscine, mais pour renaître de la vie divine, cette vie qui n’est que circulation d’amour, circulation et donc mouvement, et mouvement, et encore mouvement.
Manon et Eliott, c’est au souffle de la grâce, que votre baptême vous invite à vivre. Dans une existence toute entière déployée par l’Esprit de Dieu, grande ouverte à la vie du monde et de vos contemporains. Par ce baptême, vous devenez des fils et des filles que le Père appelle à travailler à sa vigne, notre humanité, pour y recueillir tout ce qui est beau et bon, pour encourager tout ce qui a besoin de l’être, pour dénoncer le mal, pour témoigner de l’amour, et pour aimer. Rien de moins que cela ! Faites confiance à la présence de ce Père à vos côtés, tous les jours de votre vie. Tournez-vous vers lui aussi souvent que possible, puisez à sa Parole et à ses sacrements, remettez entre ses mains les joies et les peines, soyez des disciples à l’école de Jésus, son Fils et notre frère.
Et nous, avec vous, vivons de notre baptême, pleinement. Ne laissons pas le cul-de-plomb nous gagner. La grâce est là, elle est belle, elle est promesse et elle est joie. Entrons, de toute notre vie, dans la dynamique de Dieu !
Amen !
P. Benoît Lecomte

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Vingt-sixième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Ézéchiel 18,25-28.
Ainsi parle le Seigneur :
« Vous dites : “La conduite du Seigneur n’est pas la bonne”. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ?
Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra.
Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie.
Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas. »

Psaume 25(24),4-5ab.6-7.8-9.
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m’oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,1-11.
Frères, s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la compassion,
alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité.
Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.
Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres.
Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus,
ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,
il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,
afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32.
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.”
Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.
Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

1 réaction


4 octobre 2017 21:18, par chambon

Une homélie que nous invite à marcher , à avancer , à rencontrer...comme tant d’autres.

Homélies qui nourrissent la communauté comme en témoignent les relectures de chaque groupe de la paroisse affichées dans l’église.

La vie est là et elle circule , dynamise...et chante la gloire de Dieu.

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