Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 20/01/2019

Évangile selon Saint Jean (Jn 2, 1-12)
Les noces de Cana


Jean 2.1-12

Cana

A chaque Eucharistie, au début de l’offertoire, le prêtre verse une goutte d’eau dans le vin du calice en disant : « comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. » L’eau et le vin sont mélangés, comme l’homme et Dieu sont unis depuis l’incarnation. Dans ce geste rituel et symbolique, c’est le projet de l’Alliance qui est exprimé en même temps que sa réalisation à Noël, et à ce moment de la Messe, il nous avertit de l’importance de ce qui va se passer dans la prière eucharistique qui va suivre, à savoir la « divinisation » de l’homme. Mais revenons à la scène de Cana où Jésus est invité à un mariage ainsi que sa mère et ses disciples. C’est à cette occasion en effet que Jésus inaugure sa mission par ce signe étonnant où l’eau a le goût du vin. Il est significatif que Jésus, dont la mission est d’instaurer l’Alliance entre Dieu et les hommes, pose ce signe dans le cadre d’un mariage, à un de ces moments de la vie où hommes et femmes édifient leur bonheur. On peut déjà en déduire que l’Alliance est en vue du bonheur. Il est également significatif que Marie, sa mère, contribue au fait que son fils « se jette à l’eau ».

Ce que Marie dit et fait ce jour-là à Cana est très important pour nous. Il se trouve que lors de ce mariage, le vin vient à manquer et la fête risque de tomber à l’eau. Mauvaise organisation, estimation trop approximative du nombre des convives, consommation excessive ? On ne le sait pas vraiment. Marie intervient auprès de son fils pour tenter de donner à la fête une issue heureuse. Malgré la réaction agacée de Jésus, elle insiste auprès des serviteurs en leur recommandant : « Quoiqu’il vous dise, faites-le ! ». On connaît bien la suite. Il nous faut traduire cette scène en passant du récit raconté au sens caché. Ce dont il est question ici, c’est du bonheur humain, et le vin est là pour en souligner la réalité. On ne fait pas la fête avec de l’eau ! Quant au bonheur, ses ressources naturelles sont toujours limitées ; cette limite humaine bien normale est exprimée de façon imagée par le vin qui vient à manquer. Or ce que Dieu veut pour nous tous, c’est un bonheur durable et il fait tout ce qu’il peut pour cela. Alors, quand Dieu se mêle à la fête humaine, quand il plonge tout entier son propre fils dans l’eau de la vie de l’homme, tout prend un autre goût ; La vie humaine trouve une saveur nouvelle ; l’eau a le goût du vin, c’est-à-dire : l’homme a la saveur de Dieu. Cependant en apparence, rien ne change :

  • au baptême, l’eau reste de l’eau et pourtant l’homme qui y est plongé est déjà ressuscité !
  • à l’eucharistie, le pain reste toujours du pain, et pourtant l’homme qui le mange devient membre du Corps du Christ.

Invités eux aussi à ce mariage dont on ne parle pas de la mariée, les disciples deviennent les témoins de ce premier signe que fait Jésus. Ce signe déclenche en eux la foi en Lui : « il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui ». C’est à ce moment-là que s’instaure entre eux et lui ce lien, cette alliance que, dans l’Église ensuite, le sacrement de mariage rappellera toujours. C’est la foi au Christ qui tisse entre nous des liens solides et durables ; c’est précisément la foi au Christ qui manque aujourd’hui dans la plupart des mariages célébrés qui, bien que licites, ne sont en fait pas valides.

Père François Raballand

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