Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 23 décembre 2018

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"Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur"


En ce 4ème dimanche de l’Avent, à quelques heures de Noël, nous continuons ce matin notre méditation à partir des dernières phrases de l’Evangile. La dynamique se révèle à nous, progressivement, pour nous aider à accueillir la Bonne Nouvelle de la naissance du Christ au milieu de nous. La Parole de Dieu nous invitait à « veiller et prier pour tenir debout devant le Fils de l’Homme », pour être des vivants de la vraie vie et que « tout être vivant voit le salut de Dieu ». La semaine dernière Jean-Baptiste nous exhortait à « annoncer à tous cette Bonne Nouvelle » aux foules en attente, cette Bonne Nouvelle qui ouvre à l’espérance et à la paix, cette Bonne Nouvelle qui annonce que nous pouvons voir le salut de Dieu en nous tenant debout devant le Fils de l’homme. Et la parole d’Elisabeth vient déployer cette exhortation : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Heureuses et heureux ceux qui croient à l’accomplissement de cette Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer. Cette nouvelle apporte un bonheur réel. C’est-à-dire un bonheur du cœur, en profondeur, un bonheur durable, fondamental, un bonheur qui résiste aux épreuves et aux contrariétés, un bonheur plus solide que tous les malheurs subis.
La nouvelle de Noël, que nous sommes maintenant prêts à célébrer, n’est pas une nouvelle comme les autres. Elle n’est pas comme les autres annonces, même les plus attendues. Parce qu’elle est une annonce qu’aucun homme ne pourrait imaginer. Elle ne peut venir de l’invention des hommes, ni de leurs spéculations, ni de leur réflexion, de leur recherche, ni d’une quelconque argumentation ou observation. Cette nouvelle est nouvelle et elle est bonne parce qu’elle vient de Dieu lui-même, qu’elle est Parole de Dieu et qu’elle s’adresse à l’Homme. A l’Homme dans son entièreté. Pas simplement une nouvelle pour son intelligence, sa compréhension, sa raison. Pas non plus seulement pour ses émotions. Mais une nouvelle qui s’adresse au tout de l’Homme. A tout ce qui fait l’Homme. Ses beautés et ses élans, ses lourdeurs et son péché, ses lumières et ses obscurités, ses vérités et ses mensonges, ses fidélités et ses infidélités, ses violences et son désir de paix… La Bonne Nouvelle s’adresse à tout, saisi tout, emporte tout. Elle irrigue tout de l’homme en venant habiter son cœur… elle lui ouvre l’espérance et la paix, et par là, le Bonheur.
« Heureux es-tu ! » si tu crois qui s’accomplit réellement, c’est-à-dire se réalise cette Parole qui t’a été dite et qui t’est redonnée inlassablement. Heureux es-tu ! si tu ne fais pas qu’entendre cette nouvelle comme toutes les autres que tu reçois dans les conversations et dans les médias, mais qu’elle te permet de découvrir l’inattendu de ta vie au-delà de ce que tu en imaginais.
Rappelons-nous ce qu’est cette nouvelle : Dieu vient. Et il ne vient pas comme un étranger, ni comme un Tout-Autre, ni comme un voleur, ni comme extérieur à toi. Dieu vient, et il vient en toi. N’est-ce pas l’expérience de Marie, cette expérience qui la fait s’empresser de partir dans les régions montagneuses de Judée retrouver sa cousine Elisabeth qui, elle aussi, fait cette expérience d’avoir été rejointe par Dieu au dedans d’elle-même, au cœur de ses entrailles ?
Or ce qui est donné de vivre à Elisabeth et à Marie ne leur est pas réservé. Inouï de la Bonne Nouvelle de Noël, si nous voulons l’accueillir pour ce qu’elle est : la Parole de Dieu qui se réalise. Cette Nouvelle est pour Elisabeth, pour Marie et pour chacun de nous, et pour tout homme, et pour tout les hommes, et pour tout l’homme, comme nous le disions. Elle n’est pas simplement annonce de la fête de Noël, ni même de l’événement de Noël, elle est le don de la Présence et de la Naissance de Dieu en ton humanité, en notre humanité, en toute humanité. Elle est accomplissement de l’incarnation, de la venue de la Parole en la chair humaine, en notre chair. Elle est naissance de la Parole en autre chose qu’un verbe : naissance en l’homme. » La lettre aux Hébreux le disait à sa façon : « En entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande,
mais tu m’as formé un corps. »
Or « Dieu est amour ». N’oublions jamais cette clef de compréhension des Ecritures lorsque nous parlons de Dieu. Annoncer que Dieu vient naître en nous, c’est annoncer que l’Amour se fait homme, se fait humain. En toi, en moi, en chacun des êtres humains. C’est annoncer que l’homme et Dieu ne font plus qu’un, que l’homme est amour. Non pas qu’il le soit déjà totalement, et parfaitement, nous ne le savons que trop, mais qu’il est dans un processus que rien ne peut arrêter, puisque l’amour est son origine et sa fin, sa raison d’être et sa vocation, son identité la plus fondamentale.
« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur », heureuse celle qui a cru à cette parole qui annonce ce qu’elle réalise déjà et qui permet de se tenir debout, en êtres pleinement vivants, joyeux, aimants. Heureux ceux qui croient à l’accomplissement de la parole qui annonce que Dieu vient rejoindre l’homme en toute humanité pour que toute l’humanité atteigne par l’Esprit la plénitude de la stature du Christ. Heureux ceux qui croient que Christ vient réaliser cette Bonne Nouvelle, heureux ceux qui croient que En Lui est la Vie ! »
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe

Lecture du livre du prophète Michée

Ainsi parle le Seigneur :
Toi, Bethléem Éphrata,
le plus petit des clans de Juda,
c’est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israël.
Ses origines remontent aux temps anciens,
aux jours d’autrefois.
Mais Dieu livrera son peuple
jusqu’au jour où enfantera...
celle qui doit enfanter,
et ceux de ses frères qui resteront
rejoindront les fils d’Israël.
Il se dressera et il sera leur berger
par la puissance du Seigneur,
par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu.
Ils habiteront en sécurité,
car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre,
et lui-même, il sera la paix !

Psaume
(Ps 79 (80), 2a.c.3bc, 15-16a, 18-19)

R/ Dieu, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire,
et nous serons sauvés ! (Ps 79, 4)

Berger d’Israël, écoute,
resplendis au-dessus des Kéroubim !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
en entrant dans le monde,
le Christ dit :
Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande,
mais tu m’as formé un corps.
Tu n’as pas agréé les holocaustes
ni les sacrifices pour le péché ;
alors, j’ai dit :
Me voici,
je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté,
ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre.
Le Christ commence donc par dire :
Tu n’as pas voulu ni agréé
les sacrifices et les offrandes,
les holocaustes et les sacrifices pour le péché,
ceux que la Loi prescrit d’offrir.
Puis il déclare :
Me voici, je suis venu pour faire ta volonté.
Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second.
Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés,
par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps,
une fois pour toutes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

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