Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 23 septembre 2017

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" Dieu aime chacun de la même façon, et à tous ceux qui prennent leur part à tous ceux qui répondent, Dieu donne tout son amour. "


Les ouvriers qui ont travaillé une seule heure reçoivent le même salaire que ceux qui ont enduré le poids du jour. Je ne suis pas sûr que cette façon d’envisager les relations patron – employés entre bien dans le cadre des nouvelles ordonnances sur la loi travail signées ce vendredi et controversées dans le pays. Pour autant, elles provoquent aussi, et on le comprend, la grogne des travailleurs.
Cette page d’Evangile me rappelle l’histoire vraie qui m’est arrivée. J’étais étudiant en BTS, et nous étions 5 à avoir été embaucher sur un concert. 3 d’entre nous devaient travailler 2 jours, et nous étions 2 à n’avoir un contrat que pour la 2ème journée. A la fin du concert, après avoir tout démonté et rechargé les camions, vers 3 ou 4 heures du matin, nous sommes allés tous les 5 voir le producteur pour toucher notre cachet. Et là, dans sa fatigue, il a donné la même somme à chacun, celle prévue pour les deux jours de travail ! J’ai trouvé ce moment particulièrement évangélique… les copains qui avaient travaillé 2 jours pour le même salaire que moi ont moins apprécié et faisaient la même tête que les ouvriers de la première heure dans l’évangile.
Cette façon de faire échappe à toute logique managériale. Il est fort probable que les ouvriers de la première heure se feront embaucher les derniers le lendemain ! Et si le bruit court, le maître du domaine ne trouvera plus personne pour aller travailler à la vigne dès le matin. On est loin de la prime à l’efficacité ou à la motivation.
C’est dire que l’évangile ne donne pas une leçon de morale sociale ou de management. Il s’agit d’autre chose. « Mes pensées ne sont pas vos pensées », rappelait le Seigneur par la bouche d’Isaïe. Et le psaume rappelle que le Seigneur n’est pas un patron d’entreprise, mais qu’il est « tendresse, pitié et plein d’amour. » Mais alors, quel « salaire » Dieu peut-il donner ? Certainement pas des pièces d’argent. « Dieu ne peut que donner son amour », chante un chant de Taizé. Le seul salaire que Dieu est capable d’offrir, c’est Lui-même. Son amour. Sa Parole. Sa Présence. Or comment diviser cet amour ? Comment diviser cette présence ? Croirais-tu, lorsque tu reçois le Corps du Christ dans l’hostie consacrée, que tu ne reçois qu’un petit bout, infime, de la présence de Dieu en toi ? Non ! Tu le reçois tout entier, il se donne tout entier à toi ! Il est Un, simple, plein, plénitude, et ne peut se découper en morceaux. Il est. Et il est là. Donné, tout entier, à celui qui entend sa parole, y répond, cherche à la recevoir. Il ne compte pas ce que tu as donné en retour, il ne regarde pas au nombre d’engagements humains, au nombre de messes célébrées, ou je ne sais quoi d’autre, il se donne à toi, inconditionnellement, par amour. C’est ainsi qu’il est « juste en toutes ses voies », même si cette justice peut nous surprendre. Comme une mère aime autant chacun de se enfants, qu’il soit le premier ou le dernier de la fratrie, l’amour de Dieu ne se mesure pas, il est.
Ainsi, Dieu appelle. Comme le maître du domaine, il appelle chacun à prendre sa place dans la société, dans le monde, dans l’Église… A chacun de répondre quand il peut et comme il peut. En étant sûr d’une chose : Dieu aime chacun de la même façon, et à tous ceux qui prennent leur part à tous ceux qui répondent, Dieu donne tout son amour.
Cette page d’évangile vient questionner nos relations humaines, lues à la lumière de cette bonté divine. Car si nous comprenons que nous sommes tous aimés du même amour, alors il ne peut plus y avoir entre nous de jalousie, de concurrence, de comparaison, de comptabilité du temps passé ou pas passé… Il n’y a plus que la joie de former une communauté humaine – et chrétienne – où circule l’amour divin, où chacun est reconnu comme un être follement aimé de Dieu, ou où tous collaborent, chacun à sa façon et selon ses propres forces, à l’avènement du Royaume. Les valeurs sont sans dessus-dessous, les premiers sont derniers et les derniers sont premiers, plus encore il n’y a plus de premiers et de derniers ! Il n’y a plus que des hommes et des femmes enfants d’un même Père, répondant au même appel, à la même invitation, et vivant du même salaire : l’amour de Dieu, la Parole créatrice, la joie de vivre ensemble.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Isaïe 55,6-9.
Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Psaume 145(144),2-3.8-9.17-18.
Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,20c-24.27a.
Frères, soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps.
En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage.
Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir.
Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ;
mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire.
Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

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